Réalisée en 2019, l'enquête d'Eurostat révèle que 20,4% des Belges de plus de 15 ans boivent au moins un soda sucré par jour. Dans le classement, les Belges devancent nettement les Maltais, les Allemands, les Hongrois, les Polonais et les Bulgares qui sont tous environ 12% à boire quotidiennement des sodas. En Finlande, en Lituanie et en Estonie, seuls 3% des habitants boivent un soda par jour. La moyenne européenne est de 9,1%.
...

Réalisée en 2019, l'enquête d'Eurostat révèle que 20,4% des Belges de plus de 15 ans boivent au moins un soda sucré par jour. Dans le classement, les Belges devancent nettement les Maltais, les Allemands, les Hongrois, les Polonais et les Bulgares qui sont tous environ 12% à boire quotidiennement des sodas. En Finlande, en Lituanie et en Estonie, seuls 3% des habitants boivent un soda par jour. La moyenne européenne est de 9,1%.L'enquête révèle que les hommes sont plus nombreux à consommer des boissons sucrées que les femmes (12% des hommes contre 7% des femmes). Sans réelle surprise, ce sont les jeunes qui plébiscitent les boissons sucrées : en Europe, les jeunes âgés de 15 à 24 ans (14%) affichent la consommation la plus fréquente de sodas, tandis que les personnes âgées de 65 à 74 ans et de plus de 75 ans sont les moins friandes de ces boissons.Une taxe sur les boissons sucrées En 2015, Maggie De Block, alors ministre de la Santé (Open VLD), avait pourtant instauré une taxe sur les sodas. Accusée d'être une mesure fiscale et non une mesure destinée à améliorer la santé publique d'autant plus qu'elle taxait également les boissons "light" et "zéro", la mesure avait été très critiquée. "Une taxe qui vise spécifiquement un ingrédient, le sucre, et qui de surcroît se limite à une catégorie spécifique de produits, à savoir les boissons, peut difficilement être considérée comme une mesure visant la santé", avait ainsi déclaré David Marquenie, secrétaire général de la Fédération belge des producteurs d'eau et de boissons rafraîchissantes (FIEB).Pour la Fédération de l'industrie alimentaire belge Fevia, de telles taxes sont contreproductives. Non seulement, elles touchent surtout les revenus les plus faibles, mais elles risquent de booster les achats transfrontaliers et donc de nuire à l'emploi et à l'économie belges. De plus, on constate qu'à l'étranger les consommateurs recourent à des variantes moins chères des mêmes produits, indique la fédération. Les chiffres d'Eurostat semblent confirmer l'absence d'effet dissuasif auprès des consommateurs.En 2015, la taxe était de 3 centimes d'euro par bouteille d'un litre, début 2018 elle est passée à 11,92 centimes d'euro par litre. Dans le cas d'une bouteille de Coca de 1,5 litre (prix de détail 2,16 euros), la taxe s'élève donc à 18 centimes d'euro, soit environ 8 % du prix total. L'Organisme mondial de la Santé estime qu'il faut augmenter le prix de 20% des boissons sucrées par des taxes pourrait réduire d'autant la consommation de ces produits. Des calories vides "Ces sucres liquides sont une source facile et superflue de calories. Ce sont, en quelque sorte, des calories vides, car elles n'apportent aucun nutriment utile et ne rassasient pas. Ainsi, elles contribuent rapidement à la prise de poids. Une canette de soda contient environ 200 calories. C'est une quantité considérable si l'on sait que nous en avons besoin d'environ 2 000 à 2 500 par jour. Plus de la moitié des Belges sont actuellement en surpoids", explique Loes Neven, rattachée à l'Institut flamand pour la promotion de la santé et la prévention des maladies (VIGEZ) à la VRT.Fréquence n'est pas quantité Dans un communiqué, David Marquenie nuance les chiffres. "Les chiffres d'Eurostat concernent les années 2018-2019. Si l'on regarde le volume de boissons gazeuses pour 2019, on constate que dans un certain nombre de pays, la population peut avoir une fréquence de consommation plus faible qu'en Belgique, mais que la quantité consommée est plus élevée que chez nous". Ainsi, les Allemands consomment en moyenne 141 litres de boissons rafraichissantes sucrées par an, les Hongrois 138, les Danois 134, et les Tchèques 132, ce qui les placent devant les Belges qui boivent 123 litres par an.Marquenie souligne les efforts du secteur à diminuer la teneur en sucre dans les boissons rafraichissantes. Ainsi, l'UNESDA, l'association européenne qui chapeaute les fabricants de boissons rafraichissantes, s'est engagée à diminuer la teneur en sucre des boissons rafraîchissante de 10 % en moyenne au cours de la période 2019-2025. En Belgique, les membres de la FIEB réaliseront une réduction supplémentaire de 7% de la teneur en sucre sur la période 2021-2025, en plus de la réduction de 20% réalisée pour la période 2012-2020.