C'est la critique la plus fondée contre le pass sanitaire. En Israël, où un pass sanitaire comparable est en vigueur depuis janvier dernier, le dispositif n'a pas empêché l'épidémie de reprendre et même de battre des records en matière de contamination. Comment est-ce possible ? La réponse tient au variant Delta. Il est à la fois plus...

C'est la critique la plus fondée contre le pass sanitaire. En Israël, où un pass sanitaire comparable est en vigueur depuis janvier dernier, le dispositif n'a pas empêché l'épidémie de reprendre et même de battre des records en matière de contamination. Comment est-ce possible ? La réponse tient au variant Delta. Il est à la fois plus contagieux et plus résistant aux vaccins. La vaccination, même massive, ne permet pas de réduire à zéro la circulation du virus. Ainsi, selon Sciensano, une vaccination complète avec un vaccin à ARN réduit de 74 % à 85 % le risque d'infection. Pas un risque nul, donc, mais contrebalancé par un taux de protection qui reste sept à huit fois plus élevé que le seul système immunitaire des non-vaccinés.Autre explication : plusieurs études concordantes montrent que l'efficacité des vaccins s'amenuise au bout de quelques mois, notamment chez les plus de 60 ans. Selon le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le taux de protection des vaccins à ARN passerait de 85 % quatre mois après la vaccination à 73 % au bout de cinq mois. Leur efficacité est encore plus limitée chez les personnes immunodéprimées - qui viennent de recevoir leur convocation pour une troisième dose, comme les plus de 65 ans. En somme, le vaccin, principal levier du pass sanitaire, n'est pas le sésame définitif pour une tranquil lité retrouvée. Cela ne signifie pas que le dispositif soit inutile, mais qu'il est perfectible. Et améliorable : bientôt, une personne vac cinée mais testée positive verra son pass sanitaire suspendu durant onze jours.