Tous les jours, les porte-paroles interfédéraux présentent un bilan sur la situation de l'épidémie du coronavirus en Belgique. Y sont relatés les chiffres d'infections, d'hospitalisations, des tests et des personnes décédées. La méthode de la Belgique est de comptabiliser le plus largement possible les personnes décédées, suspectées d'être infectées au coronavirus, mais qui n'ont pas forcément été certifiées par un test de laboratoire.
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Tous les jours, les porte-paroles interfédéraux présentent un bilan sur la situation de l'épidémie du coronavirus en Belgique. Y sont relatés les chiffres d'infections, d'hospitalisations, des tests et des personnes décédées. La méthode de la Belgique est de comptabiliser le plus largement possible les personnes décédées, suspectées d'être infectées au coronavirus, mais qui n'ont pas forcément été certifiées par un test de laboratoire.D'après Maggie de Block, à la sortie du Conseil national de Sécurité, "dans les hôpitaux, les personnes sont testées, mais les maisons de repos, quant à elle, ont peut-être exagéré le nombre de cas suspects". Propos confirmés dans le rapport du jour du centre interfédéral de lutte contre le coronavirus qui précise que "les décès à l'hôpital sont tous des cas confirmés."Au cours des dernières 24 heures, 417 décès ont été enregistrés dont 127 à l'hôpital et 289 dans les maisons de repos. Le rapport quotidien précise que seuls 31% des personnes suspectées d'être décédées des suites du Covid-19 en maisons de soins ont reçu une validation par un test de laboratoire. Plus concrètement, parmi les 289 personnes décédées ce mercredi dans les institutions de soins, seulement 89 personnes ont été testées positives tandis que 200 personnes sont suspectées d'un décès lié au coronavirus, mais n'ont pas été testées.Lors de la conférence de presse du centre interfédéral de la lutte contre le coronavirus, Emmanuel André est revenu sur la question du surcomptage en Belgique. Selon le virologue, "il existe plusieurs systèmes de comptage. La comptabilisation des cas suspects est nécessaire, surtout quand il est difficile de confirmer les cas par des tests de laboratoire. On est dans une évolution de la capacité à réaliser des tests. La proportion des cas confirmés par test va donc aussi évoluer." Une bonne pratique ? C'est, du moins, ce qu'affirme Emmanuel André, "c'est la bonne pratique de prendre aussi en considération les cas suspects. C'est nécessaire et nous l'avons fait en toute transparence", ajoute-t-il.Plusieurs comparaisons ont été réalisées entre les pays européens afin d'évaluer chaque situation. Emmanuel André a rappelé ce week-end qu'il était "hasardeux de faire une règle de trois" afin de comparer les pays entre eux. Cependant, quand on regarde le nombre de cas, voire de décès, que la Belgique compte en comparaison de son nombre d'habitants, le pays figurerait comme le deuxième pays le plus touché après l'Espagne. Selon la ministre de la Santé, "il est difficile de comparer, car chaque pays a sa propre façon de comptabiliser les décès dus au coronavirus, a-t-elle répondu à Martin Buxant sur LN24. En Europe, aucun pays ne compte de la même manière. Chez nous, on utilise la manière la plus détaillée, on compte les décès pas seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans les maisons de repos, même s'il n'y a pas de test, mais une suspicion."Cette manière de compter entraîne une surévaluation. Maggie de Block en est consciente et souhaite opter pour un changement de système de comptage : "On en a parlé au sein de la conférence interministérielle. Hier, on a décidé, avec les neuf ministres, de demander un nouveau système. Le SPF Santé a proposé un enregistrement conforme en Belgique pour éviter que les chiffres soient si hauts. Sciensano travaille sur un système grâce auquel on peut se comparer aux pays autour de nous."