Il y a quelques mois, les pays européens ont été confrontés à une deuxième vague de coronavirus. Comme lors de la première vague, des mesures, différentes, ont été prises par les gouvernements, parfois plus localement, pour essayer d'endiguer la propagation du virus. Fermeture de l'horeca et des commerces, port du masque obligatoire, fermeture des écoles, couvre-feu... chaque pays a mis l'accent et défendu ses mesures phares. Mais ont-elles été efficaces ?
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Il y a quelques mois, les pays européens ont été confrontés à une deuxième vague de coronavirus. Comme lors de la première vague, des mesures, différentes, ont été prises par les gouvernements, parfois plus localement, pour essayer d'endiguer la propagation du virus. Fermeture de l'horeca et des commerces, port du masque obligatoire, fermeture des écoles, couvre-feu... chaque pays a mis l'accent et défendu ses mesures phares. Mais ont-elles été efficaces ? Une étude multidisciplinaire, qui n'a pas encore été revue par les pairs, tente de faire la lumière. L'équipe a récolté des données 114 régions, dans 7 pays (Autriche, République tchèque, Angleterre, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Suisse). Notons également que l'étude a exclus l'observation des régions où le variant devenait dominant. Les chercheurs ont donc analysé les différentes mesures dans chaque région et l'évolution de la courbe des infections qui s'en est suivie. Ils ont ensuite estimé quel impact ces dernières avaient sur le taux de reproduction du virus. Pour rappel, il s'agit du nombre moyen de nouveaux cas causés par une personne infectée dans une population sans immunité. Un taux supérieur à 1 signifie qu'une personne contaminée en infecte en moyenne plus d'une autre et donc que l'épidémie tend à s'accélérer. Il apparait ainsi que la mesure la plus efficace est la fermeture conjointe de tous les secteurs jugés non-essentiels (discothèques, culture, restauration, commerce et métiers de contacts). Parmi eux, ce sont les fermetures des commerces et métiers de contacts, mais aussi de l'horeca et des discothèques qui sont les plus efficaces individuellement, mais avec un impact bien moindre qu'une fermeture conjointe. On peut également souligner l'efficacité de la réduction des contacts, avec une efficacité similaire entre une interdiction totale des rassemblements, publics et privés, et une limitation de ceux-ci à deux personnes. Limiter les rassemblements plus importants, mais aussi le couvre-feu et une politique stricte en matière de port du masque ont moins d'impact. L'efficacité de la fermeture des écoles est moins forte que dans des études similaires sur la première vague. Pour l'équipe de recherche, cela pointe l'efficacité des mesures et de changement de comportement dans ce secteur, empêchant l'apparition de foyers de contaminations importants. Un fonctionnement "plus sûr des écoles" est donc possible avec "un ensemble de mesures de sécurité rigoureuses". Concernant les rassemblements, il semble que la limitation des réunions privées soit plus efficace que les rassemblements publics, avec un accent prononcé sur l'interdiction totale de rencontres entre foyers ou limité à 2 personnes. Cette étude est important, car elle est la première à véritablement se pencher sur la deuxième vague. D'autres études avaient eu lieu sur la première vague, mais la situation n'est que peu comparable. Lors de la première vague, toutes les mesures avaient été prises en même temps, difficile donc de déterminer quelle mesure était vraiment efficace dans la réduction du virus. De plus, on comparait les effets à la vie avant la pandémie, tandis qu'ici il est possible de comparer deux vagues provoquées par le même virus mais avec une connaissance différente de celui-ci.Une précédente étude du genre sur la première vague, publiée dans la revue Science, estimait alors que les mesures les plus efficaces étaient l'interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes et la fermeture des écoles et universités, juste devant la fermeture des commerces non-essentiels.