Ce fact-check a été rédigé sur la base des informations disponibles à la date de publication. Découvrez ici plus de détails sur notre méthode de travail.

Dans un article publié dans le magazine flamand Goed Gevoel, le cancérologue et professeur à l'Université d'Anvers Filip Lardon avance de nombreux arguments contre le tabagisme. "Les enfants dont les parents fument ont jusqu'à trois fois plus de risques de devenir eux-mêmes fumeurs", explique-t-il. "Les enfants qui voient leurs 'modèles' fumer auront plus souvent tendance à devenir eux-mêmes fumeurs."

Lorsque nous contactons Lardon, il nous fait parvenir plusieurs études, dont une étude américaine de longue durée, publiée en 2013. Celle-ci conclut que "même les enfants de fumeurs 'légers', qui réduisent leur consommation de tabac avec l'âge ou même arrêtent de fumer, sont 3,5 fois plus susceptibles de fumer que les enfants de non-fumeurs."

Dans un communiqué de presse diffusé plus tôt cette année par la Fondation contre le cancer, on peut lire que les enfants de parents fumeurs ont jusqu'à trois fois plus de risques de devenir eux-mêmes fumeurs. Hedwig Verhaegen, directeur "connaissance et gestion" de l'organisation, se réfère à une publication de l'institut néerlandais Trimbos. On y trouve des extraits d'une méta-analyse de 2011 qui démontre "que lorsqu'au moins un parent fume, la probabilité que les enfants fument en grandissant est 1,72 fois plus élevée que chez les enfants de parents non-fumeurs. L'influence de la mère est en outre plus importante que celle du père. Lorsque les deux parents fument, le risque de devenir fumeur augmente d'un facteur de 2,73 fois par rapport aux enfants de parents non-fumeurs."

En ingérant la fumée rejetée par les parents fumeurs, les enfants deviennent (davantage) sensibles à la nicotine

Lode Godderis, professeur d'Environnement et de Santé à la KU Leuven, confirme tout en nuançant. "Il faut bien entendu faire la distinction entre les jeunes ayant fumé une fois au cours de l'année écoulée et ceux qui sont dépendants de la nicotine. Mais je ne peux que confirmer l'allégation selon laquelle les enfants de fumeurs ont jusque trois fois plus de risques de devenir fumeurs. Plusieurs explications sont possibles. Par exemple, le comportement des enfants est en grande partie déterminé par la norme ambiante, dans ce cas, le tabagisme. Une autre enquête démontre que les enfants de fumeurs considèrent les conséquences néfastes du tabagisme comme moins graves que les enfants de parents non-fumeurs."

L'institut Trimbos avance lui aussi plusieurs explications, dont chacune se réfère à une étude scientifique. "Les jeunes ont tendance à reprendre à leur compte les idées positives de leurs parents concernant le tabagisme. Tout comme leurs parents, ils pensent par exemple que la cigarette les aide à se détendre et à se concentrer. Par ailleurs, les jeunes apprennent à fumer de manière quasi automatique. Lorsque les parents fument après le repas du soir, les enfants établissent un lien automatique entre le repas du soir et le fait de fumer. Une troisième explication suggère que les jeunes reçoivent des cigarettes de leurs parents."

Enfin, il y a une explication biologique: "En ingérant la fumée rejetée par les parents, les enfants deviennent (davantage) sensibles à la nicotine."

Nous avons également découvert une étude fascinante décrite dans une autre publication de l'institut Trimbos. "Regarder quelqu'un fumer encourage-t-il à fumer ?" Lors de cette étude, les chercheurs ont demandé à des enfants âgés de quatre à huit ans de jouer le rôle d'adultes avec une dînette et de faire comme s'ils cuisinaient, mangeaient et buvaient du café ou du thé. Après le "repas", un tiers des enfants ont spontanément fait semblant de fumer une cigarette. Il s'agissait principalement d'enfants de parents fumeurs.

CONCLUSION

Plusieurs études révèlent que les enfants de fumeurs ont trois fois plus de risques de devenir eux-mêmes fumeurs en grandissant. Nous considérons donc cette affirmation comme vraie.

Ce fact-check a été rédigé sur la base des informations disponibles à la date de publication. Découvrez ici plus de détails sur notre méthode de travail.Dans un article publié dans le magazine flamand Goed Gevoel, le cancérologue et professeur à l'Université d'Anvers Filip Lardon avance de nombreux arguments contre le tabagisme. "Les enfants dont les parents fument ont jusqu'à trois fois plus de risques de devenir eux-mêmes fumeurs", explique-t-il. "Les enfants qui voient leurs 'modèles' fumer auront plus souvent tendance à devenir eux-mêmes fumeurs." Lorsque nous contactons Lardon, il nous fait parvenir plusieurs études, dont une étude américaine de longue durée, publiée en 2013. Celle-ci conclut que "même les enfants de fumeurs 'légers', qui réduisent leur consommation de tabac avec l'âge ou même arrêtent de fumer, sont 3,5 fois plus susceptibles de fumer que les enfants de non-fumeurs."Dans un communiqué de presse diffusé plus tôt cette année par la Fondation contre le cancer, on peut lire que les enfants de parents fumeurs ont jusqu'à trois fois plus de risques de devenir eux-mêmes fumeurs. Hedwig Verhaegen, directeur "connaissance et gestion" de l'organisation, se réfère à une publication de l'institut néerlandais Trimbos. On y trouve des extraits d'une méta-analyse de 2011 qui démontre "que lorsqu'au moins un parent fume, la probabilité que les enfants fument en grandissant est 1,72 fois plus élevée que chez les enfants de parents non-fumeurs. L'influence de la mère est en outre plus importante que celle du père. Lorsque les deux parents fument, le risque de devenir fumeur augmente d'un facteur de 2,73 fois par rapport aux enfants de parents non-fumeurs."Lode Godderis, professeur d'Environnement et de Santé à la KU Leuven, confirme tout en nuançant. "Il faut bien entendu faire la distinction entre les jeunes ayant fumé une fois au cours de l'année écoulée et ceux qui sont dépendants de la nicotine. Mais je ne peux que confirmer l'allégation selon laquelle les enfants de fumeurs ont jusque trois fois plus de risques de devenir fumeurs. Plusieurs explications sont possibles. Par exemple, le comportement des enfants est en grande partie déterminé par la norme ambiante, dans ce cas, le tabagisme. Une autre enquête démontre que les enfants de fumeurs considèrent les conséquences néfastes du tabagisme comme moins graves que les enfants de parents non-fumeurs."L'institut Trimbos avance lui aussi plusieurs explications, dont chacune se réfère à une étude scientifique. "Les jeunes ont tendance à reprendre à leur compte les idées positives de leurs parents concernant le tabagisme. Tout comme leurs parents, ils pensent par exemple que la cigarette les aide à se détendre et à se concentrer. Par ailleurs, les jeunes apprennent à fumer de manière quasi automatique. Lorsque les parents fument après le repas du soir, les enfants établissent un lien automatique entre le repas du soir et le fait de fumer. Une troisième explication suggère que les jeunes reçoivent des cigarettes de leurs parents."Enfin, il y a une explication biologique: "En ingérant la fumée rejetée par les parents, les enfants deviennent (davantage) sensibles à la nicotine."Nous avons également découvert une étude fascinante décrite dans une autre publication de l'institut Trimbos. "Regarder quelqu'un fumer encourage-t-il à fumer ?" Lors de cette étude, les chercheurs ont demandé à des enfants âgés de quatre à huit ans de jouer le rôle d'adultes avec une dînette et de faire comme s'ils cuisinaient, mangeaient et buvaient du café ou du thé. Après le "repas", un tiers des enfants ont spontanément fait semblant de fumer une cigarette. Il s'agissait principalement d'enfants de parents fumeurs.