Les autorités ont annoncé que le vaccin contre la Covid-19 sera gratuit pour tous les Belges, mais pas obligatoire. Selon le vaccinologue Pierre Van Damme, chaque Belge pourrait être vacciné d'ici la fin de l'année 2021, peut-on lire dans les colonnes du Het Laatste Nieuws. Encore faut-il que la population en ait envie, puisqu'un Belge sur cinq affirme ne pas vouloir se faire vacciner, selon les sondages. Or, pour être efficace, le vaccin doit être administré à 70 % de la population, soit 8 millions de personnes en Belgique.
...

Les autorités ont annoncé que le vaccin contre la Covid-19 sera gratuit pour tous les Belges, mais pas obligatoire. Selon le vaccinologue Pierre Van Damme, chaque Belge pourrait être vacciné d'ici la fin de l'année 2021, peut-on lire dans les colonnes du Het Laatste Nieuws. Encore faut-il que la population en ait envie, puisqu'un Belge sur cinq affirme ne pas vouloir se faire vacciner, selon les sondages. Or, pour être efficace, le vaccin doit être administré à 70 % de la population, soit 8 millions de personnes en Belgique. Quoi qu'il en soit, dans un premier temps, le vaccin ne sera pas disponible pour tout le monde en même temps. Il faudra donc choisir des groupes prioritaires.Les autorités réfléchissent ainsi à la mise en place de stratégies de vaccination selon l'âge (vacciner les plus âgés), la profession (vacciner les professionnels de santé) et l'état de santé (vacciner les malades chroniques). Certains scientifiques suggèrent aussi qu'il faudrait donner la priorité à ceux qui sont les plus à risques de propager le virus, de façon à diminuer la transmission au sein de la population ce qui, indirectement, protègerait les groupes les plus vulnérables. D'autres suggèrent au contraire que chacun devrait avoir la même chance d'être vacciné et que le vaccin pourrait être distribué de manière aléatoire. Enfin, il y a ceux qui prônent la priorité aux personnes actives afin de ne pas causer plus de dégâts à une économie déjà en crise. L'UCLouvain, la KU Leuven et l'Université de Maastricht ont mené une étude conjointe, basée sur un échantillon représentatif de 2000 Belges âgés de 18 à 80 ans, afin de déterminer les préférences de la population sur qui devrait être vacciné en premier. Les scientifiques ont sondé les intentions des Belges selon deux approches distinctes : Résultat ? Lorsqu'il s'agit de prioriser des stratégies du meilleur au pire, trois publics prioritaires se démarquent : "Les autres stratégies comme le fait de donner le vaccin de manière aléatoire, un système du "premier-arrivé premier-servi" ou un accès selon la capacité à payer n'ont clairement pas été retenues par les personnes interrogées", explique Sandy Tubeuf, économiste de la santé à l'UCLouvain. Cependant, quand les chercheurs fournissent des chiffres précis sur ce qu'être un fort propagateur du virus voudrait dire concrètement, les préférences de la population se divisent en deux groupes. Alors que la vaccination des professions essentielles fait l'unanimité à la 2e position, les avis divergent quant au 1er public prioritaire : les uns vaccineraient en premier ceux qui diffusent le virus alors que les autres mettent en premier les personnes avec une comorbidité. Dans le groupe qui donnerait la priorité aux malades, on retrouve plutôt des personnes qui vivent au nord du pays. Et, fait étonnant, dans l'expérimentation des choix, vacciner ceux qui ont plus de 60 ans ou ceux qui couteraient le plus à la société n'est plus prioritaire, en comparaison avec les autres sous-groupes. Autre élément intéressant, il apparaît que les choix de la population ne sont pas liés à leurs propres intérêts. Enfin, 78 % des enquêtés pensent que la décision ultime du choix du public prioritaire pour recevoir le vaccin contre le COVID-19 devrait être prise par les expert.es scientifiques et non par le gouvernement (10%) ou la population (12%). Quelle que soit la stratégie finalement choisie, il est nécessaire que la population y adhère pour que la politique de vaccination fonctionne : "la campagne de vaccination contre le COVID-19 aura plus de chances d'être couronnée de succès si la population est en accord avec les choix qui sont faits" confirme Sandy Tubeuf, UCLouvain.