Une dose supplémentaire pour les soignants ?

La Conférence interministérielle (CIM) a demandé au CSS un avis sur la nécessité d'une dose supplémentaire pour le personnel soignant, les personnes de moins de 65 ans présentant des comorbidités et celles vaccinées à l'AstraZeneca ou au Johnson & Johnson. L'avis sur les deux premiers pointssera rendu public le 3 novembre. S'il est favorable à une dose supplémentaire pour les soignants, la campagne doit commencer "immédiatement", estime le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit), afin d'apporter au personnel soignant une "protection optimale".
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La Conférence interministérielle (CIM) a demandé au CSS un avis sur la nécessité d'une dose supplémentaire pour le personnel soignant, les personnes de moins de 65 ans présentant des comorbidités et celles vaccinées à l'AstraZeneca ou au Johnson & Johnson. L'avis sur les deux premiers pointssera rendu public le 3 novembre. S'il est favorable à une dose supplémentaire pour les soignants, la campagne doit commencer "immédiatement", estime le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit), afin d'apporter au personnel soignant une "protection optimale"."Les différents ministres sauront mercredi ce que contient l'avis. L'avis lui-même sera prêt dans quelques jours et sera présenté à la Taskforce vaccination jeudi", a expliqué Van Laethem.À l'origine, l'avis aux ministres du Conseil supérieur de la Santé était attendu début novembre. Mais à la suite de l'annonce vendredi du gouvernement flamand d'une volonté d'administrer une troisième dose de vaccin anti-covid à l'ensemble de sa population, une accélération du processus a été jugée nécessaire.Vendredi dernier, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) a en effet indiqué "vouloir étendre la possibilité de recevoir une troisième dose de vaccin contre le coronavirus à une plus large population". Concrètement, la Flandre souhaite administrer une troisième dose à tous les résidents âgés de plus de 12 ans, via les centres de vaccination.Jambon a été rapidement rappelé à l'ordre par Vandenbroucke. "C'est une décision qui est prise en concertation entre les différents gouvernements au sein de la conférence interministérielle Santé sur la base d'une analyse scientifique", a fait remarquer le ministre de la Santé en commission de la Chambre.Samedi, Dirk Ramaekers, le chef de la Taskforce vaccination, a souligné qu'"à ce stade, il n'y a aucune preuve scientifique que l'immunité diminue dans la population jeune et en bonne santé. "La priorité absolue est maintenant de donner des vaccins aux pays où les opérations de vaccination sont moins avancées. Nous avons déjà donné environ trois millions de doses à COVAX et il y en aura plus", déclare-t-il. Il ajoute que l'administration d'une troisième dose n'est pas une solution ad hoc pour arrêter la courbe ascendante de la pandémie en Flandre. "Pourquoi ne pas envisager des mesures simples qui ont déjà fait leurs preuves, comme le masque buccal et le Covid Safe Ticket ?", s'interroge-t-il.Interrogé par le quotidien De Morgen, l'épidémiologiste Pierre Van Damme, membre de la taskforce vaccination, estime également qu'il faut attendre l'avis du CSS. Il souligne que la Belgique ne peut pas simplement copier ce qui se fait dans d'autres pays. "Par exemple, l'Allemagne et les États-Unis ont décidé d'administrer un nouveau vaccin à ceux qui ont reçu le vaccin Janssen. Cela ne signifie pas que nous devrions faire de même en Belgique, car dans notre pays, le Janssen a été administré plus tard et beaucoup de jeunes l'ont reçu : ils ont de toute façon une meilleure immunité. Il faut donc vraiment tenir compte du contexte spécifique de chaque pays", déclare-t-il.Il ne cache pas son optimisme quant à l'efficacité d'une troisième dose. "Il est tout à fait possible que cette troisième dose n'assure pas une protection pendant des mois, mais pendant des années. Comparez cela au vaccin contre l'hépatite B : après les deux vaccins de base, il faut une troisième dose un peu plus tard pour compléter la protection."Cela signifie que cette troisième dose de vaccin n'est pas égale à la première et à la deuxième dose. "Dans des circonstances normales, on cherche à l'avance le calendrier de vaccination idéal pour assurer une protection optimale, mais avec la pandémie, cela n'a pas été possible. Nous avons simplement développé un vaccin protecteur et sûr aussi rapidement que possible, l'avons fait approuver et administrer. À l'époque, nous ne savions pas combien de temps il nous protégerait du coronavirus", explique-t-il.