En Belgique, ainsi que dans beaucoup d'autres pays occidentaux, la progression du variant Delta se fait virulente. Déjà dominant depuis plusieurs semaines, il représente désormais près de 95% des nouvelles contaminations chez nous, d'après les analyses du laboratoire de référence de l'UZ Leuven et de la KU Leuven.
...

En Belgique, ainsi que dans beaucoup d'autres pays occidentaux, la progression du variant Delta se fait virulente. Déjà dominant depuis plusieurs semaines, il représente désormais près de 95% des nouvelles contaminations chez nous, d'après les analyses du laboratoire de référence de l'UZ Leuven et de la KU Leuven.Sensiblement plus contagieuse que le variant Alpha, lui-même plus contagieux que la souche d'origine, cette nouvelle mutation du covid est en effet responsable de la recrudescence de l'épidémie dans la plupart des endroits du globe où elle se propage. Dans notre pays, on est ainsi passé de 582 nouveaux cas quotidiens fin juin à 1757 contaminations début août. Pour autant, cette progression galopante du virus ne semble pas avoir d'effet sur le taux de mortalité, qui reste stable.Stable? Oui, mais pas partout. Les chiffres le prouvent une fois de plus: les États ne sont pas tous égaux face au covid. En Occident, la courbe de mortalité ne suit plus la même trajectoire que la courbe de contaminations. Sur la période du 28 juillet au 3 août, on comptabilisait en Belgique 1672 nouveaux cas confirmés de covid pour 3,9 décès. On est donc bien loin des tendances des vagues précédentes : pic de 1435 morts pour 54 005 nouvelles contaminations recensées en octobre/novembre 2020 (2e vague). Même constatation chez nos voisins: aux Pays-Bas, on comptait 8898 nouveaux cas pour 198 décès lors du pic d'avril, mais 11134 nouveaux cas pour 8 décès en juillet. Au Royaume-Uni, c'est pas moins de 68053 nouveaux cas qui ont été recensés lors du pic de janvier, pour 1820 décès, alors qu'en juillet, on a une moyenne de 46125 nouveaux cas pour 96 décès.En revanche, parmi les pays en développement, le constat est bien différent: l'accélération de l'épidémie se traduit par une hausse vertigineuse des cas, mais aussi du taux de mortalité. Ainsi, en Afrique du Sud, où le Delta représentait 95% des infections à la mi-juillet, la courbe de mortalité s'approche du pic de la deuxième vague (en janvier 2021-), avec des centaines de morts quotidiennes. Par exemple, le 13 juillet dernier, le pays a enregistré 12535 nouvelles contaminations pour 633 décès.S'il y a un tel contraste entre diverses régions du monde, c'est certainement à cause de leur campagne de vaccination plus efficace. Dans les pays occidentaux - qui ont, au mieux, la moitié de leurs habitants vaccinés -, le nombre de cas graves, et donc les décès, est particulièrement bas ces dernières semaines, en particulier au sein des populations les plus vulnérables.En Belgique, 62,3% de la population est aujourd'hui entièrement vacciné, au Royaume-Uni, ce taux monte à 58,8% de la population, et aux Pays-Bas, 55,7% de la population ont désormais reçu les deux doses de vaccins.Les pays en développement n'ont, quant à eux, qu'un accès limité aux vaccins, ce qui expliquerait donc leur vulnérabilité face aux variants. L'Afrique du Sud a, par exemple, une couverture vaccinale d'à peine 5,7% de la population. Cette observation empirique confirme l'effet protecteur des vaccins, y compris contre le variant Delta. Une étude publiée le 21 juillet 2021 par le New England journal of Medicineconfirme en effet l'efficacité tant du vaccin Pfizer que de l'AstraZeneca contre les formes graves du covid. Deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech assurent une protection de 88% quand il s'agit du variant Delta, contre 93,7% face au variant Alpha. Le vaccin AstraZeneca assure, quant à lui, une protection de 67% pour le Delta, et 74,5 % pour le Alpha. Dans les deux cas, le vaccin permet de limiter les hospitalisations, et a fortiori, les décès.D'où l'importance de réduire les inégalités en encourageant la distribution des vaccins dans les pays en développement. Car si la pandémie creuse encore les écarts économiques, cela a conséquences négatives pour tous. Mais cela ne doit pas être une fatalité.