La scission de notre société entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas n'est pas nouveau, observe le psychiatre Dirk De Wachter dans De Zondag, mais le coronavirus va encore renforcer ce clivage. Plus de gens resteront sur la touche. "Après la crise virologique, il y aura une crise mentale. Il ne s'agira pas d'un tsunami visible, ni d'urgences surchargées, plutôt de quelque chose qui sommeille sous la ligne de flottaison, mais qui peut être très dangereux. Nous constatons déjà l'augmentation dans les chiffres."

Le psychiatre exprime son inquiétude par une belle métaphore : "Notre société est comme un bateau à moteur qui doit aller de plus en plus vite. Il n'y a pas d'alternative. Devant, il y a les boys branchés, les cheveux au vent. Ils débouchent le champagne. A l'arrière, les gens tombent du bateau. Personne ne les voit. Ce sont des personnes qui souffrent de problèmes psychiques. Dépression, burn-out, fatigue. Derrière la vedette, il y a un canot de sauvetage avec des thérapeutes. Nous sortons les gens de l'eau, on leur donne des vêtements chauds et de la bonne nourriture, mais après... Ces personnes doivent remonter dans le hors-bord et c'est terriblement difficile."

Le coronavirus ne changera pas la donne

Sa plus grande crainte est que la solidarité disparaisse. "Un jour, il faudra payer la facture du coronavirus. Si la sécurité sociale est à nouveau réduite, les plus vulnérables seront les premières victimes."

De Wachter donne deux conseils aux politiques : "Le premier est facile : assurez-vous qu'il y a une solide rambarde à l'arrière du hors-bord. En d'autres termes : une sécurité sociale forte. La seconde est plus difficile : il faut réduire la vitesse du bateau".

D'après De Wachter, l'idée que nous penserons différemment au bonheur après le coronavirus est une illusion. "À mon avis, le vrai bonheur consiste à prendre soin les uns des autres. Si le coronavirus a prouvé quelque chose, c'est que l'homme est un être social. J'aimerais garder ça, c'est pourquoi j'en parle, mais je ne me fais pas d'illusions : le coronavirus ne changera pas la donne. Le confinement est à peine terminé que déjà nous cherchons l'illusion du bonheur dans les fantaisies matérielles."

La scission de notre société entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas n'est pas nouveau, observe le psychiatre Dirk De Wachter dans De Zondag, mais le coronavirus va encore renforcer ce clivage. Plus de gens resteront sur la touche. "Après la crise virologique, il y aura une crise mentale. Il ne s'agira pas d'un tsunami visible, ni d'urgences surchargées, plutôt de quelque chose qui sommeille sous la ligne de flottaison, mais qui peut être très dangereux. Nous constatons déjà l'augmentation dans les chiffres."Le psychiatre exprime son inquiétude par une belle métaphore : "Notre société est comme un bateau à moteur qui doit aller de plus en plus vite. Il n'y a pas d'alternative. Devant, il y a les boys branchés, les cheveux au vent. Ils débouchent le champagne. A l'arrière, les gens tombent du bateau. Personne ne les voit. Ce sont des personnes qui souffrent de problèmes psychiques. Dépression, burn-out, fatigue. Derrière la vedette, il y a un canot de sauvetage avec des thérapeutes. Nous sortons les gens de l'eau, on leur donne des vêtements chauds et de la bonne nourriture, mais après... Ces personnes doivent remonter dans le hors-bord et c'est terriblement difficile."Le coronavirus ne changera pas la donneSa plus grande crainte est que la solidarité disparaisse. "Un jour, il faudra payer la facture du coronavirus. Si la sécurité sociale est à nouveau réduite, les plus vulnérables seront les premières victimes."De Wachter donne deux conseils aux politiques : "Le premier est facile : assurez-vous qu'il y a une solide rambarde à l'arrière du hors-bord. En d'autres termes : une sécurité sociale forte. La seconde est plus difficile : il faut réduire la vitesse du bateau".D'après De Wachter, l'idée que nous penserons différemment au bonheur après le coronavirus est une illusion. "À mon avis, le vrai bonheur consiste à prendre soin les uns des autres. Si le coronavirus a prouvé quelque chose, c'est que l'homme est un être social. J'aimerais garder ça, c'est pourquoi j'en parle, mais je ne me fais pas d'illusions : le coronavirus ne changera pas la donne. Le confinement est à peine terminé que déjà nous cherchons l'illusion du bonheur dans les fantaisies matérielles."