Créer en laboratoire une lamelle de boeuf qui a l'odeur, le persillé, la texture et les mêmes apports nutritionnels que la viande traditionnelle, le tout sans antibiotiques, sans hormones, ni OGM; la start-up israélienne Aleph Farms avait déjà placé la barre très haut. Encore plus haut, encore plus fort, cette jeune pousse pionnière dans le secteur émergent de la viande cultivée en incubateur annonce avoir franchi un nouveau "grand pas pour l'humanité" : la production d'un morceau de ce type viande... l'espace, à 339 kilomètres au-dessus de tout pâturage.
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Créer en laboratoire une lamelle de boeuf qui a l'odeur, le persillé, la texture et les mêmes apports nutritionnels que la viande traditionnelle, le tout sans antibiotiques, sans hormones, ni OGM; la start-up israélienne Aleph Farms avait déjà placé la barre très haut. Encore plus haut, encore plus fort, cette jeune pousse pionnière dans le secteur émergent de la viande cultivée en incubateur annonce avoir franchi un nouveau "grand pas pour l'humanité" : la production d'un morceau de ce type viande... l'espace, à 339 kilomètres au-dessus de tout pâturage.Que les défenseurs de la cause animale se rassurent, aucune vache n'a dû subir le même sort funeste que la chienne Laïka, le premier être vivant lancé en orbite autour de la Terre en 1957. Pour réaliser cet exploit en apesanteur, Aleph Farms s'est appuyée sur un procédé naturel de régénération des tissus musculaires. Des cellules souches prélevées sur un bovin évoluant sur la terre ferme ont été envoyées dans la Station spatiale internationale. Elles y ont été cultivées pour constituer du tissu musculaire à petite échelle grâce à une imprimante biologique 3D, en collaboration avec la société russe 3D Bioprinting. Ce procédé complexe reproduit à l'identique " l'intérieur d'une vache ", explique Didier Toubia, CEO de la société, " le tout, dans des conditions de microgravité contrôlées ". Les expérimentations spatiales d'Aleph Farms ne sont pas destinées en premier lieu à nourrir les astronautes, le prototype extraterrestre n'est d'ailleurs pas encore propre à la consommation, mais plutôt à démontrer son expertise dans des conditions hostiles sans aucune ressource naturelle. Ni eau - alors qu'il faut jusqu'à 15 000 litres pour produire 1 kilo de boeuf traditionnel - ni terre agricole et sans polluer. " Nous avons la preuve que la viande cultivée peut être produite n'importe quand, n'importe où et dans n'importe quelles conditions ", se targue Didier Toubia. Aleph Farms nourrit de grandes ambitions pour l'avenir de la planète : fournir aux humains de plus en plus nombreux une sécurité alimentaire dans une logique durable. Des études scientifiques récentes ont montré que d'importantes réductions de la consommation de viande sont essentielles pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Cette viande "propre" ("clean meat" en anglais, car produite dans un univers totalement stérile sans pathogènes), réduit massivement l'élevage intensif et ne nécessite aucun abattage. Elle est de ce fait, en toute logique, vantée par les défenseurs de la cause animale. Une trentaine de start-up de par le monde planchent sur le développement de ce type de denrée révolutionnaire en vue d'une future commercialisation. D'ici à 2040, la viande cultivée dans des " bio fermes " pourrait détenir 35 % de parts de marché contre 40 % pour la viande animale, le reste allant aux alternatives végétales, selon le cabinet ATKearney. Un défi de taille subsiste : son coût. Produire 30 grammes de ce steak revient à 50 euros. Reste à voir si le consommateur acceptera cette viande considérée encore avec méfiance comme de la " frankenfood ".