En 1983, il y a presque quarante ans, le duo Benoît Peeters, à l'écriture, et François Schuiten, au dessin, amis depuis le lycée Don Bosco, publiait Brüsel, cinquième album des Cités Obscures nées dans le magazine (À Suivre). Un cri de colère, certes onirique et plein de fantasy, sur le sort architectural que subissait alors Bruxelles, leur ville. Depuis, Schuiten n'a jamais arrêté de la ...

En 1983, il y a presque quarante ans, le duo Benoît Peeters, à l'écriture, et François Schuiten, au dessin, amis depuis le lycée Don Bosco, publiait Brüsel, cinquième album des Cités Obscures nées dans le magazine (À Suivre). Un cri de colère, certes onirique et plein de fantasy, sur le sort architectural que subissait alors Bruxelles, leur ville. Depuis, Schuiten n'a jamais arrêté de la dessiner, et même de s'y impliquer très concrètement (à la Maison Autrique, au Train World ou à la Fondation Poelaert), et Benoît Peeters d'accumuler de la documentation sur celle-ci, tout en se rapprochant tous les deux de Paris pour des raisons davantage professionnelles qu'émotives. "Puis le désir est revenu ; il faut toujours prendre un peu de distance pour se rendre compte de notre attachement à Bruxelles. Le désamour est devenu affection. Cette manière de mêler passion et fâcherie est inscrite dans son ADN." En résulte un beau livre (1), et non pas une bande dessinée, basé sur quatre décennies de dessins bruxellois et qui "propose une traversée tout à fait subjective de l'histoire de Bruxelles, une évocation libre de quelques moments et quelques lieux marquants, mais aussi des portraits de personnages singuliers, hantés par des rêves grandioses, comme Joseph Poelaert, Paul Otlet et Henry Van de Velde". Un livre mêlant utopies, réalités historiques et citations, qui donne envie d'aimer un peu plus la capitale, et surtout une invitation aux artistes à se plonger dans son imaginaire : "Bruxelles, on n'en parle pas assez, on ne l'écrit pas assez, et on ne la rêve pas beaucoup, constate avec tristesse François Schuiten. Or, une ville est faite des imaginaires des artistes qui y vivent ou y passent. Je leur dis donc: venez rêver Bruxelles!"