Le Vif/L'Express : Votre mémo sonne comme un programme de salut national ?

Jean Hindriks : La campagne électorale a dégagé un parfum de décadence romaine. Les électeurs ayant voté, la surenchère électorale doit s'effacer au profit de la réalité des négociations.
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Jean Hindriks : La campagne électorale a dégagé un parfum de décadence romaine. Les électeurs ayant voté, la surenchère électorale doit s'effacer au profit de la réalité des négociations. Face à une inflation de promesses électorales impayables, nous avons voulu trouver le plus grand dénominateur commun, articulé autour de sept thèmes d'action essentiels mais souvent traités de manière méprisante par les partis. Responsabilité et solidarité vont de pair. Nous sommes confrontés à un fédéralisme d'opposition et de consommation qui pousse les Régions à dépenser de manière excessive en s'alimentant à un Etat fédéral déjà en faillite. La solidarité n'est plus gérée correctement. Le système doit fonctionner au bonus, à la récompense si les résultats sont effectivement atteints. Nous ne sommes pas demandeurs. On peut en discuter pour l'impôt des sociétés : mais alors en ajustant les dotations versées aux Régions, afin de dissuader toute concurrence fiscale. Ce mécanisme est tout aussi décevant et discriminatoire en Flandre, et nous ne le recommandons pas. L'enseignement flamand est plus performant mais tout aussi inégalitaire que le francophone. La variable majeure qui explique sa meilleure performance, c'est la plus grande autonomie accordée aux directeurs d'école, notamment en gestion des ressources humaines : pouvoir de recruter, nommer, licencier. Pas forcément. La fonction publique a besoin d'un plan sérieux de remise en forme. Qui suppose une hygiène politique : plus d'éthique, contrôle et transparence des marchés publics, une obligation de résultats. Du fitness, qui lui permette de retrouver un poids correspondant à sa taille : ne plus remplacer pour le plaisir de remplacer, mais en fonction des besoins. Tous niveaux de pouvoir confondus, 400 000 fonctionnaires partiront à la retraite d'ici à dix ans. Ce qui dégagera 10 milliards d'euros qui pourraient servir à revaloriser les barèmes de jeunes fonctionnaires moins chers à l'embauche. Enfin, un volet musculation, qui doit attirer des compétences au sein de la fonction publique. Ce qui passe par une meilleure rémunération. En ne préconisant pas de régionalisation de la politique de l'emploi ni d'autonomie fiscale accrue pour les Régions, nous allons faire dresser des cheveux sur des têtes, en Flandre... Les enjeux sont si terribles qu'on a besoin de toutes les forces pour les relever. Dans un tel contexte, déclarer un parti infréquentable est politiquement irresponsable. Mémorandum disponible sur le site www.itinerainstitute.orgENTRETIEN : PIERRE HAVAUX