"Je désire vraiment que mes mots constituent une invitation à l'unité, à la collaboration et au rassemblement." Quelques jours après avoir été choisie par Jill Biden, l'épouse du président américain, pour officier en qualité de poétesse à la cérémonie d'inauguration présidentielle, Amanda Gorman, jeune écrivaine noire américaine, exprimait son désir de voir la cohésion de son pays rétablie, alors que celui-ci traverse ses jours les plus sombres depuis un demi-siècle au moins. Particulièrement ébranlée par les événements du 6 janvier dans la capitale fédérale, lorsque des partisans en furie de Donald Trump ont violé l'intégrité du Capitole, Amanda Gorman a décidé de modifier son texte pour y inclure une invitation au rassemblement, qui est aussi une mise en garde: "Dans mon poème, je ne vais en aucune façon faire l'impasse sur ce qui s'est passé dura...

"Je désire vraiment que mes mots constituent une invitation à l'unité, à la collaboration et au rassemblement." Quelques jours après avoir été choisie par Jill Biden, l'épouse du président américain, pour officier en qualité de poétesse à la cérémonie d'inauguration présidentielle, Amanda Gorman, jeune écrivaine noire américaine, exprimait son désir de voir la cohésion de son pays rétablie, alors que celui-ci traverse ses jours les plus sombres depuis un demi-siècle au moins. Particulièrement ébranlée par les événements du 6 janvier dans la capitale fédérale, lorsque des partisans en furie de Donald Trump ont violé l'intégrité du Capitole, Amanda Gorman a décidé de modifier son texte pour y inclure une invitation au rassemblement, qui est aussi une mise en garde: "Dans mon poème, je ne vais en aucune façon faire l'impasse sur ce qui s'est passé durant ces quelques dernières semaines, ou, devrais-je dire, ces quelques dernières années", avait-elle déclaré au New York Times. "Mais ce qui m'anime vraiment est que cet texte permette, au travers de mes mots, d'envisager une manière pour notre pays de s'unir et de panser ses plaies." Amanda Gorman, diplômée en sociologie à Harvard, est née à Los Angeles en 1998. Elevée par une mère célibataire, professeure, elle goûte tôt dans son éducation aux plaisirs de la lecture et de l'écriture, bien aidée en cela par une quasi-absence de télévision. Toute jeune, elle se voit diagnostiquer un handicap d'élocution, couplé à des troubles d'intériorisation des sons. "Cela a fait de moi l'interprète que je suis et la conteuse que je m'efforce d'être", analyse-t-elle aujourd'hui. Sa carrière de poétesse et d'écrivaine prend son essor en 2014, lorsque, âgée de 16 ans, elle devient lauréate du prix jeune poète de Los Angeles. Un an plus tard, elle publie un recueil de poésie intitulé Celui pour qui la nourriture ne suffit pas. Les années passant, son art s'affine et se concentre sur ses thèmes de prédilection: formes modernes d'oppression, questions de couleur de peau, condition historique de la diaspora africaine. Férue d'histoire américaine, elle a intégré dans son poème La Colline que nous gravissons deux références à la comédie musicale Hamilton, grand succès à Broadway, qui relate la vie d'Alexandre Hamilton, un des pères de la nation américaine et auteur du recueil de textes dits des "Fédéralistes", qui continue de faire autorité sur les intentions des fondateurs de la nation quant à l'interprétation de la Constitution américaine. Le mercredi 20 janvier, elle a, tout en retenue et en dignité, mais avec une force de persuasion et d'imagination bien réelle, volé la vedette à Jennifer Lopez et à Lady Gaga, les deux célébrités présentes à Washington qui ont privilégié le show à l'américaine pour faire étalage de leur talent vocal. Catholique, tout comme le président Biden, Amanda Gorman a conclu sa poésie par une invitation à ce que chacun se mue, à sa propre échelle, en vecteur de changement. "Car la Lumière est toujours là, mais seulement si nous sommes assez courageux pour la voir. Seulement si nous sommes assez courageux pour l'incarner."