Quand il entame, à Zurich, en 1857, la composition de Tristan und Isolde, Richard Wagner affirme vouloir " élever un monument au plus beau de tous les rêves " : l'amour partagé, comblé - qu'il a sans cesse poursuivi, sans jamais l'atteindre. Son génie mettra deux ans à accoucher de cet immense poème symphonique, cosmique, à la grâce surnaturelle. " C'est quelque chose de terrible ! " confie-t-il, au bout de sa peine, à Mathilde Wesendonck, l'une de ses maîtresses. Terrible par son pessimisme final (un coup de foudre contrarié trouve-t-il vraiment son accomplissement dans une mort romantique ? )... et terriblement difficile, aussi...