" Empowerment ", ce mot anglais que l'on traduit souvent par " autonomisation " connaît une fortune croissante dans les débats philosophiques. A juste titre car il désigne une transmission de pouvoir nécessaire qui, selon la formule consacrée, " encourage des individus ou des groupes à agir sur les conditions sociale...

" Empowerment ", ce mot anglais que l'on traduit souvent par " autonomisation " connaît une fortune croissante dans les débats philosophiques. A juste titre car il désigne une transmission de pouvoir nécessaire qui, selon la formule consacrée, " encourage des individus ou des groupes à agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés ". En ce sens, l'" empowerment " est l'exact contraire d'une autorité verticale, repliée sur elle-même et conservée jalousement par l'individu qui la détient, s'exerçant sur des personnes jugées subalternes ou indignes d'accéder à l'indépendance. Maîtres du monde trop longtemps, les hommes se seraient-ils spécialisés dans ce type de domination à sens unique ? S'il existe des exceptions, les statistiques ne nous ont guère épargné les exemples prouvant les dérives du système patriarcal, qu'il s'agisse de violences conjugales ou de sanguinaires autocrates tyrannisant des peuples comme d'autres tétanisent des familles. Raison pour laquelle, à l'heure où l'on s'accorde à dire que le monde va mal, il est plus que temps d'écouter la parole émancipatrice des femmes. Avec à-propos, les éditions Assouline font paraître un beau livre dédié à toutes celles qui font entendre un discours différent. L'ouvrage présente 100 portraits, signés par Gayle Kabaker - illustratrice de talent oeuvrant entre autres pour le New Yorker - et accompagnés de textes écrits à la première personne qui éclairent sous un jour bienvenu le parcours pas banal des intéressées.