Le Vif/L'Express : Le choix du ministre wallon de l'Economie et de l'Emploi pour emmener la liste socialiste à l'Europe en a déconcerté plus d'un. Vous y compris.

> Jean-Claude Marcourt : Je comprends que cela étonne, puisque j'avais annoncé que je voulais être tête de liste pour les régionales à Liège. Je n'avais même jamais imaginé qu'on me demande de me présenter à l'Europe, et ce n'était vraiment pas mon casting. Mais l'honneur qui m'est fait, c...

> Jean-Claude Marcourt : Je comprends que cela étonne, puisque j'avais annoncé que je voulais être tête de liste pour les régionales à Liège. Je n'avais même jamais imaginé qu'on me demande de me présenter à l'Europe, et ce n'était vraiment pas mon casting. Mais l'honneur qui m'est fait, c'est de pouvoir expliquer que ce n'est pas uniquement à Liège que se décide le développement de la Wallonie et de Bruxelles, et même de tout l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde puisqu'on peut y voter pour un francophone. Dans la situation économique et sociale que nous connaissons actuellement, l'Europe se signale par son absence de dynamisme. Il faut qu'elle sorte du système ultralibéral anglo-saxon dans lequel elle s'est laissé coincer. > Je n'abandonne pas la Wallonie, au contraire. Mais on ne peut modifier l'économie wallonne que si on est attentif aux enjeux européens. C'est vrai que c'est un virage, un cadeau immense qui m'est fait, mais c'est aussi une montagne à grimper. > Je ne suis ni député ni bourgmestre, et n'aurai donc aucun obstacle à prêter serment le 8 juin. Mais si mon parti gagne les élections, je serai à sa disposition. Je n'ai jamais eu de plan de carrière, mais je ne renonce à aucune ambition pour demain. Et si je suis ministre, au fédéral, à la Région ou à la Communauté, je participerai de toute façon aux conseils européens. > Je ne peux pas être tête de liste partout, et Elio Di Rupo a estimé que j'étais en état de conduire les européennes. J'ai fait un choix, pas facile, et les militants trancheront dimanche. Entretien : Michel Delwiche; M.D.