Il y a une chanteuse, debout devant un rideau de velours rouge, qui mélange l'allemand et l'anglais et est simultanément (mal) traduite en français par une fille au téléphone revenant de ses courses. Les deux personnages sont joués par des comédiennes belges. Il y a une étudiante en histoire de l'art dont le père est portugais, incarnée par une Française d'origine argentine née en Catalogne. Il y a un Franco-Vénézuélien qui joue un magicien espagnol, une Italienne née à Istanbul incarnant une aristocrate qui a épousé un Français aux cheveux gominés vers l'arrière et à l'impeccable short blanc, il y a une Bruxelloise d'origine polonaise qui réclame ses chaussures en anglais... Fin de l'Europe (1), la toute dernière pièce de Rafael Spregelburd, en deux parties et huit volets, présentée début octobre en première mondiale à la Comédie de Caen (Centre dramatique national de Normadie), a définitivement des allures de tour de Babel. Bordélique, mais réjouissante.
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