"Dès la mi-août, le phénomène de la migration automnale a commencé pour certaines espèces insectivores: fauvettes aquatiques, petits échassiers du Grand Nord, etc. Il se termine vers la mi-novembre pour d'autres espèces comme les grues cendrées et les grives litornes", explique-t-on chez Natagora, asbl dédiée à la protection de la nature. Tout le monde s'est déjà dévissé le cou pour observer de volubiles grues cendrées évoluant en immenses V, composés parfois de plusieurs centaines d'individus.
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"Dès la mi-août, le phénomène de la migration automnale a commencé pour certaines espèces insectivores: fauvettes aquatiques, petits échassiers du Grand Nord, etc. Il se termine vers la mi-novembre pour d'autres espèces comme les grues cendrées et les grives litornes", explique-t-on chez Natagora, asbl dédiée à la protection de la nature. Tout le monde s'est déjà dévissé le cou pour observer de volubiles grues cendrées évoluant en immenses V, composés parfois de plusieurs centaines d'individus. L'apogée migratoire a lieu mi-octobre. "Par millions, les oiseaux quittent l'Europe du Nord et déferlent sur notre pays qui a la grande chance d'être situé sur plusieurs voies de migration aviaire. Rien que pour la journée du 13 octobre 2020, 500 000 migrateurs ont été comptés en Belgique, à partir de postes d'observation fixes, poursuivent les naturalistes. Ces chiffres impressionnants ne représentent pourtant qu'une fraction du flux d'oiseaux traversant la Belgique." C'est que la migration n'a pas lieu seulement le jour, elle se déroule aussi durant la nuit, et parfois à très haute altitude, ce qui la rend largement invisible pour l'oeil humain. Mais pas pour les radars météorologiques. Dans le cadre du projet Crow, l'Institut royal météorologique (IRM) et l'Institut de recherche sur la nature et les forêts du gouvernement flamand (INBO) ont lancé une application web (1) open source permettant de visualiser la migration aviaire en temps réel dans tout le Benelux. Et ce, grâce à dix radars météorologiques situés en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. En effet, si ces engins détectent les gouttelettes d'eau dans l'atmosphère, ils sont également sensibles au nombre d'oiseaux qui s'y déplacent. Ces données, habituellement éliminées à l'aide d'un filtre dans le cadre des activités de prévision du temps, sont précieuses aux yeux des ornithologues et naturalistes car elles permettent de mieux comprendre la dynamique et l'évolution de la migration des oiseaux à grande échelle. Lors du chargement du nouveau site Web, un premier graphique apparaît, révélant le nombre de spécimens qui passent dans la zone du radar à chaque moment de la journée, à travers un volume imaginaire d'un kilomètre de large et cinq de haut. En modifiant les paramètres, on peut également découvrir comment les volatiles sont répartis dans les couches verticales de l'atmosphère. De quoi ravir ceux qui s'intéressent au phénomène fascinant de la migration aviaire... Qui ne devront pas remiser leurs jumelles pour autant.