" LE MR, UNE COALITION EN SOI "

> Paul Furlan, député PS au Parlement wallon : Oui. Le MR ratisse large avec pour seul objectif d'être le premier parti en Wallonie. Il est devenu une coalition en soi, cherchant à rassembler des libéraux purs et durs, des ultralibéraux, des libéraux sociaux adeptes de Louis Michel, des membres du MCC, connotés " cathos " alors que le mouvement libéral est d'inspiration laïque, et des régionalistes bruxellois convaincus. Qu'auraient eu en commun Rudy Aernoudt et Louis Michel ? Rien. Sauf leur volonté de battre le PS.
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> Paul Furlan, député PS au Parlement wallon : Oui. Le MR ratisse large avec pour seul objectif d'être le premier parti en Wallonie. Il est devenu une coalition en soi, cherchant à rassembler des libéraux purs et durs, des ultralibéraux, des libéraux sociaux adeptes de Louis Michel, des membres du MCC, connotés " cathos " alors que le mouvement libéral est d'inspiration laïque, et des régionalistes bruxellois convaincus. Qu'auraient eu en commun Rudy Aernoudt et Louis Michel ? Rien. Sauf leur volonté de battre le PS. > Je ne conteste pas l'objectif - battre les autres est le but de tout parti politique -, mais la manière. Le MR joue l'homme. A titre personnel, il me serait particulièrement difficile et même franchement impossible d'occuper la même table que ces gens dont la principale ambition est de nous mettre dehors... > Qu'adviendrait-il de... Didier Reynders, plutôt ? Les partisans de Louis Michel reviendraient au grand galop. n> André Antoine, ministre CDH, n°2 du gouvernement wallon : C'est terriblement réducteur. La politique est ainsi ramenée à un combat de boxe, où tous les coups semblent permis. On oublie qu'il y a en Wallonie des ouvriers du pouvoir, comme moi-même et les ministres CDH, qui font bien leur travail. > Il s'agit d'une belle supercherie : Aernoudt est le chantre de la lutte des places. On ne sait toujours pas ce qu'il représente, ni qui il a derrière lui. Son cas est très révélateur. Le MR reste un attelage d'opportunisme, une machine à conquérir le pouvoir et, en fin de compte, une auberge espagnole. Otons le bikini FDF et MCC, il ne restera qu'un parti de droite... > Non. Mais c'est un homme pragmatique, excellent communicateur, à nouveau très ambitieux sur la scène belge. Il fallait sauver les meubles de l'édifice MR en train de se fissurer. Louis Michel n'a aucun intérêt, à ce stade, à se brouiller en public avec Didier Reynders, qui, pourtant, n'a pas le moindre respect pour ses propres alliés. > Qu'y-a-t-il derrière les mots ? Rien. Et puis, avec qui Didier Reynders compte-t-il s'entendre ? > Peut-être... Ce qui intéresse le MR, c'est avant tout le pouvoir. Et, au PS, je me méfie de certains nostalgiques d'une autre époque. n > Zoé Genot, députée écologiste au Parlement fédéral : Didier Reynders est fortement affaibli. Il donne l'impression d'avoir été un mauvais chef d'entreprise : quand on agrandit une usine, on vérifie si le coût marginal n'est pas exagéré. Ici, pour gagner 2 ou 3 % d'audience, en absorbant LiDé et Aernoudt, Reynders a saboté sa propre entreprise. Ça pose problème : les libéraux sont quand même censés manier des chiffres... > Non. Nous sommes enchantés. Qu'ils continuent comme ça et nous n'aurons plus besoin de faire campagne (elle sourit). Plus sérieusement, ce combat des " affaires " - Fortis et consorts, d'un côté, Charleroi ou Huy, de l'autre - annonce, hélas, une campagne électorale peu reluisante. Pas facile pour l'électeur d'y voir clair, de comprendre les vrais enjeux (les urgences sociales et environnementales). Je crains que nous devions consacrer beaucoup d'énergie à rassurer des gens dégoûtés. > C'est tout à fait possible. Ils ont besoin du pouvoir pour le pouvoir. Souvenez-vous des élections fédérales de 2003 : PS et MR se présentaient comme les pires ennemis ; mais, les urnes à peine vidées, ils avaient signé ensemble. Entretien : Ph.E.