J'ai été ravi de lire l'article " Mieux payer l'éboueur qu'un trader, chiche... " ( Le Vif/L'Express du 2 avril), qui rencontre les réflexions personnelles que je me fais depuis de nombreuses années, bien avant ce révélateur que constitue la pandémie actuelle. Je pousserais cependant la réflexion plus avant : au-delà de l'opposition entre les métiers de proximité (soignants, policiers, éboueu...

J'ai été ravi de lire l'article " Mieux payer l'éboueur qu'un trader, chiche... " ( Le Vif/L'Express du 2 avril), qui rencontre les réflexions personnelles que je me fais depuis de nombreuses années, bien avant ce révélateur que constitue la pandémie actuelle. Je pousserais cependant la réflexion plus avant : au-delà de l'opposition entre les métiers de proximité (soignants, policiers, éboueurs, caissiers, etc.) et les métiers superflus et parfois destructeurs, il me semble qu'on pourrait plus généralement distinguer les métiers qui apportent des valeurs tangibles (agriculteurs, constructeurs, mécaniciens, enseignants, artistes, etc.) de tous ceux qui ne déplacent que du papier et de l'argent. On pense à ces (trop) nombreux intermédiaires qui allongent et complexifient inutilement les circuits en prélevant leur part, à ces législateurs de tout poil qui produisent des cadres réglementaires impraticables et contre-productifs, sans parler des politiciens qui s'ingénient à créer des montages institutionnels au sein desquels ils pourront proliférer tout à leur aise. Ce qui est plus grave encore, c'est que ces métiers sans lesquels " le monde ne deviendrait ni plus pauvre, ni plus laid, ni pire en aucune manière " sont nuisibles à notre environnement et à notre santé, en ce qu'ils consomment inutilement de l'énergie, des matières premières et qu'ils produisent des déchets et des nuisances (ondes, pollution, etc.). Et votre journaliste cite avec raison, parmi ces métiers inutiles (et nuisibles), celui de publicitaire : la publicité est en effet écologiquement néfaste, puisque son objectif fondamental est de nous faire consommer davantage, en achetant des produits dont nous n'avons foncièrement nul besoin. Alors qu'on déplore d'un côté le chômage et de l'autre le burnout, on se dit que, dans une société idéale, il devrait être possible de répartir le travail essentiel (et les revenus qui y sont associés) d'une manière plus équilibrée et plus juste.