Le Vif/L'Express : Trois portefeuilles à la Communauté française, idem à la Région bruxelloise, sans compter la Cocof. Vous ne pensez pas que la charge est un peu lourde pour une seule ministre ?

> Evelyne Huytebroeck : Ne m'effrayez pas ! ( Sourire.) Cela paraît beaucoup, oui. Mais je suis très organisée, je sais déléguer, je travaille avec de très bons cabinets et en étroite collaboration avec les administrations. En Flandre, cela fait longtemps que les ministres s'occupent de matières à la fois régionales et communautaires. Cela ne surprend plus personne.
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> Evelyne Huytebroeck : Ne m'effrayez pas ! ( Sourire.) Cela paraît beaucoup, oui. Mais je suis très organisée, je sais déléguer, je travaille avec de très bons cabinets et en étroite collaboration avec les administrations. En Flandre, cela fait longtemps que les ministres s'occupent de matières à la fois régionales et communautaires. Cela ne surprend plus personne. > De l'Aide à la jeunesse mais aussi de la Jeunesse ! Je compte gérer ces matières comme un tout. Aujourd'hui, les jeunes sont face à des problèmes plus grands qu'il y a vingt ans, que ce soit au niveau de l'emploi, du logement, de l'environnement, de la mobilité. C'est la raison pour laquelle nous avons négocié un Plan jeunesse qui, à travers les entités fédérées et locales, permettra d'aider les jeunes dans toutes ces problématiques. Je veux aussi agir sur l'image des jeunes, pour qu'on arrête de les voir comme des délinquants potentiels. Enfin, il y a un enjeu particulier dans les grandes villes, où l'on trouve davantage de jeunes issus de l'immigration. > C'est vrai. C'est le problème de la mixité sociale, de la discrimination à l'embauche, du fossé entre quartiers nantis et moins nantis... Nous voulons notamment mener une politique d'information des jeunes pour qu'ils aient davantage accès à toutes les opportunités qui leurs sont offertes. > Ces chiffres ont fait l'objet d'un protocole entre les Communautés et le fédéral, mais ce ne sont, pour l'instant, que des projections. Cela dit, je ne vais pas m'amuser à détricoter tout ce qui a été décidé avant moi, même si certaines de ces décisions ont été combattues par mon groupe. Ce serait une perte de temps. > Ecoutez, il y a des jeunes pour lesquels c'est nécessaire. Je ne suis pas pour l'impunité. Mais l'enfermement n'est pas non plus mon credo. En outre, quand on enferme un jeune, il faut penser au moment où il va sortir. Pour moi, il faut mettre davantage de moyens sur l'accompagnement pendant son enfermement et à sa sortie. Je veux aussi développer les mesures alternatives, que ce soient les prestations éducatives, les travaux d'intérêt général, la médiation, la concertation restauratrice de groupe... > Ce n'est pas facile de résister à des émotions populaires, mais j'ai une certaine expérience, tout de même. Au cabinet, nous savons que nous risquons de vivre des situations de crise. Nous préparons déjà le terrain pour le jour où... Mais je ne vais pas me focaliser là-dessus. Je préfère, pour l'instant, me lancer dans des projets à long terme. > Aucun chiffre ne montre qu'il y a plus de délinquance aujourd'hui qu'hier. Maintenant, je ne peux pas nier le constat des magistrats, que je compte d'ailleurs rencontrer. Il faut s'interroger sur les raisons de cette violence. N'est-elle pas induite par notre société de consommation ? La violence dans les médias, dans les jeux vidéo, sur Internet, tout cela mérite une réflexion. Je suis de ceux qui prônent de développer davantage l'éducation aux médias. > Ma priorité est la prévention. Je vais donc me pencher sur le cas de tous les services d'aide. Pour commencer, je veux réaliser un état des lieux pour mieux adapter l'offre aux besoins. Cela me paraît primordial. Je veux aussi renforcer le dialogue entre l'Aide à la jeunesse et le milieu scolaire. Je pense, par exemple, qu'il faut développer les services d'accrochage scolaire. > Non. Je ne fais d'ailleurs pas de promesses en l'air. Mais, dans la déclaration gouvernementale, la jeunesse est tout de même une priorité. Des efforts budgétaires devront donc être consentis. > Ecolo n'a jamais soutenu cette mesure. Mais ce serait dommage de perdre ce subside fédéral qu'on pourrait utiliser autrement. D'autant que les associations chargées de mettre en pratique le stage parental semblent en avoir tiré le meilleur parti. Il y a peut-être moyen d'aider les parents autrement, sans les culpabiliser ni les prendre en pitié. ENTRETIEN : THIERRY DENOËL" Je ne suis pas pour l'impunité. Mais l'enfermement n'est pas non plus mon credo "