"Le oronavirus attaque le cerveau! ", " Les masques buccaux en tissu ne servent à rien! ", " Les personnes de groupe sanguin A courent plus de risques de contracter le coronavirus! "... Des dizaines de messages semblables ont circulé ces derniers mois sur presque toutes les plateformes internet. Facebook, Twitter, YouTube et Instagram, les réseaux sociaux en ligne parmi les plus populaires, contribuent malheureusement à la dissémination de nombreuses infox ou infos non démontrées, souvent sources d'angoisse et d'inquiétude généralisée.
...

"Le oronavirus attaque le cerveau! ", " Les masques buccaux en tissu ne servent à rien! ", " Les personnes de groupe sanguin A courent plus de risques de contracter le coronavirus! "... Des dizaines de messages semblables ont circulé ces derniers mois sur presque toutes les plateformes internet. Facebook, Twitter, YouTube et Instagram, les réseaux sociaux en ligne parmi les plus populaires, contribuent malheureusement à la dissémination de nombreuses infox ou infos non démontrées, souvent sources d'angoisse et d'inquiétude généralisée.Quiconque suit les nouvelles liées au Covid-19 via les médias sociaux doit se rendre compte que ces canaux déforment la réalité. Les messages que vous recevez sur les réseaux sociaux sont en effet personnalisés. Des algorithmes informatiques repèrent sur base de ce que vous cherchez, regardez, partagez ou likez, les contenus qui vous conviennent le mieux afin de vous mener à "liker" ce contenu et à rester sur la plateforme internet en question. Or, les visiteurs qui restent sur les réseaux intéressent les annonceurs, qui paient pour insérer des spots publicitaires. La boucle est bouclée: l'offre personnalisée augmente l'attractivité de la plateforme, booste le nombre d'usagers et accroit l'intérêt des annonceurs pour les médias sociaux qui se sont attribué la plus grande part du marché publicitaire. Si la méthode utilisée a été intelligemment réfléchie, elle présente toutefois des effets indésirables. L'usager des médias sociaux qui reçoit surtout des informations correspondant à son profil aura l'impression que la plupart des gens pensent comme lui. Les algorithmes font qu'il sera moins confronté à d'autres visions et opinions. Ainsi, si vous recevez continuellement des informations concernant des remèdes naturels, vous deviendrez plus rapidement convaincu de leurs bienfaits. Si votre couleur politique est connue sur les médias sociaux, vous recevrez essentiellement des messages allant dans votre sens. Même si vous ne mentionnez pas explicitement votre couleur politique, les algorithmes reconnaissent vos idées en se basant sur ce que vous partagez ou likez, souvent avec un succès étonnant. Et les données obtenues sur les usagers de médias sociaux n'intéressent pas seulement les annonceurs, mais aussi toutes sortes d'organisations, dont les partis politiques. Inutile pour eux d'inonder des personnes de gauche avec des idées d'extrême-droite: il est plus lucratif de cibler les gens qui doutent et à l'occasion, approuvent un message cadrant dans une mentalité de droite. C'est une excellente manière de gagner des électeurs pour tel ou tel courant. Les partis politiques investissent dès lors énormément dans des campagnes sur les médias sociaux. Les profils des usagers valent en outre beaucoup d'argent. Souvenons-nous du scandale de l'affaire Cambridge Analytica, une société américaine impliquée dans la manipulation de données personnelles de millions d'utilisateurs Facebook au profit de la campagne électorale de Trump en 2016. D'importantes sommes sont engagées dans des études consacrées à des méthodes pour influencer au mieux les usagers des médias sociaux. Ainsi, les entreprises savent aujourd'hui que ceux ou celles qui comptent beaucoup d'"amis" constituent des canaux idéaux pour promouvoir leurs produits. Songez par exemple aux influenceurs/ses qui inondent leurs abonnés de messages, dans le but d'influencer leur comportement d'achat ou autre. Et cela marche! Voir votre idole consommer un soda ou un yaourt de telle ou telle marque augmente les chances que vous adoptiez vous aussi rapidement ces produits. Et pour les influenceurs eux-mêmes, c'est souvent un revenu d'appoint non négligeable. Savez-vous que des milliers de gens boivent un jus de céleri le matin parce que Robert De Niro le fait pour sa santé?