La députée bruxelloise Viviane Teitelbaum (MR) est présidente bruxelloise du Conseil d'administration de Brutélé, l'intercommunale wallonne et bruxelloise de télédistribution. Elle s'inquiète des conditions dans lesquelles se déroule le processus de fusion avec le groupe liégeois Tecteo. Elle répond au Vif/L'Express. Sans langue de bois.
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La députée bruxelloise Viviane Teitelbaum (MR) est présidente bruxelloise du Conseil d'administration de Brutélé, l'intercommunale wallonne et bruxelloise de télédistribution. Elle s'inquiète des conditions dans lesquelles se déroule le processus de fusion avec le groupe liégeois Tecteo. Elle répond au Vif/L'Express. Sans langue de bois. Viviane Teitelbaum : Je suis présidente du CA bruxellois et fédéral de Brutélé depuis juillet 2007. Le projet de fusion par absorption du télédistributeur Brutélé dans le groupe liégeois Tecteo est en route depuis 2005 : j'ai donc hérité d'une situation qu'il fallait décrypter et d'un processus de négociations à poursuivre. Je m'y suis engagée dans un esprit positif, parce que ce projet économique est très important. Essentiel pour l'utilisateur, c'est-à-dire vous et moi, qui a droit à un produit de qualité (téléphonie, Internet, télévision numérique) à un prix intéressant. Important pour l'actionnaire (les communes), qui doit pouvoir maintenir ses dividendes, et donc ses rentrées financières, surtout en cette période de crise économique. Et évidemment important, aussi, pour les travailleurs de l'intercommunale qui doivent être rassurés dans leur emploi. Or la façon dont se déroulent les négociations hypothèque un peu, me semble-t-il, la réussite de ce triple défi. Il y en a beaucoup, c'est pour cela que Fabrizio Bucella (PS) et moi-même ( NDLR : en tant que vice-président et présidente du CA bruxellois de Brutélé), en accord avec les bourgmestres bruxellois et la Ville de Charleroi, avons commandé une nouvelle étude sur le processus en cours. Ses résultats définitifs seront présentés le 16 décembre devant le Conseil d'administration fédéral, c'est-à-dire devant les administrateurs bruxellois et wallons. Suite à cela, j'espère que nous aurons enfin connaissance de tous les éléments nous permettant de juger de l'opportunité ou des conditions de la poursuite du processus. Non ! Mais je veux avoir une idée précise des conséquences, notamment pour les communes : pourquoi devraient-elles être privées des 9 millions d'euros de dividendes annuels que leur rapporte Brutélé ? Ne peut-on éviter cela ? Cette opération se réalise-t-elle de manière optimale sur le plan industriel et économique ? La négociation est en cours, mais certaines personnes qui sont à l'origine du projet pensent qu'elles peuvent gérer tout cela " entre amis ", sans en référer à personne. Notamment à Jean-Claude Van Cauwenberghe. Il était, dans le passé, vice-président du CA de Brutélé. Puis il est devenu vice-président du Groupe d'intérêts économiques (GIE), le lieu où se retrouvent Brutélé et Tecteo pour négocier la fusion ( NDLR : on chercherait vainement, au Moniteur, les comptes du GIE pour 2006 et 2007à). Ce n'est pas normal qu'il le soit encore, puisqu'il n'a plus de mandat électif. Et, en janvier 2007, on l'a nommé " expert " au GIE ( NDLR : 2 600 euros mensuels). Quant aux activités précises de Van Cau, je vous mets au défi d'obtenir un compte rendu convaincant de ses activités. Mais, quand je m'inquiète de cette situation, on me regarde comme si j'étais une folle ! Notamment le président de Tecteo ( NDLR : André Gilles, proche de Van Cau), ainsi que le directeur général ( NDLR : Stéphane Moreau, proche de Michel Daerden). Tecteo supporte difficilement qu'on se mêle de ses affaires. Chaque fois que l'on demande des éclaircissements, on se fait mal voir. En septembre dernier, les administrateurs de Brutélé ont reçu un courrier très désagréable de la part de la direction de Tecteo. Rien de moins qu'une tentative d'intimidation. Ce n'est pas un environnement serein. On ne négocie pas de cette façon. Pour employer l'euphémisme utilisé par ceux qui défendent les méthodes de Van Cau (" Il ne t'a pas menacée, puisqu'il n'a pas dit précisément ce qu'il allait te faire ! "), je dirais que j'ai subi des intimidations, ouià Je ne fais pas de la politique comme ça. Le 16 décembre, les administrateurs de Brutélé auront en main toutes les informations juridiques et financières sur le processus de fusion. Ils pourront en peser toutes les conséquences. Il faudra tout mettre à plat, et ensuite tout digérer. Et puis, je suppose qu'au début de l'année prochaine, l'Assemblée générale votera sur la poursuite ou non du processus, en toute connaissance de cause. Entretien : Isabelle Philippon