Le succès des manifestations contre le mariage pour tous et l'engouement initial pour la candidature présidentielle de François Fillon avaient été perçus, en France, comme les signes d'un " réveil des catholiques " (voir Le Vif du 3 mars 2017). Ancien journaliste en charge des questions religieuses au Monde, Henri Tincq a...

Le succès des manifestations contre le mariage pour tous et l'engouement initial pour la candidature présidentielle de François Fillon avaient été perçus, en France, comme les signes d'un " réveil des catholiques " (voir Le Vif du 3 mars 2017). Ancien journaliste en charge des questions religieuses au Monde, Henri Tincq affine ce constat dans La Grande Peur des catholiques de France (Grasset, 208 p.) et l'attribue à la puissance réaffirmée du fort courant catholique de droite identitaire et radical dans l'Hexagone. Un constat qui tranche avec le courant dominant de sa jeunesse. " Le danger pour la cohérence de la foi catholique [...] n'est plus dans ce mythe d'un christianisme " progressiste " ouvert à toutes les alliances, qui a connu des pages exaltantes mais a pu confondre esprit évangélique et libération matérialiste. Il est dans la tentation, observée dans une partie de la population, [...] d'un repli sur une identité catholique figée, sur une discipline et une liturgie traditionnelles ". Pour Henri Tincq, les " cathos de gauche " ont presque disparu ; les traditionalistes dominent les débats, forts de la crainte qu'inspire l'islamisme ; et la hiérarchie de l'Eglise se tait quand elle n'approuve pas. " La question se pose de savoir pourquoi un épiscopat qui était ferme autrefois dans la mise en garde et la dénonciation des liaisons dangereuses entre les catholiques et les communistes, reste aujourd'hui si peu réactif face à la complaisance affichée de certains courants catholiques [...], avec une extrême droite nationaliste aux accents xénophobes ", s'interroge à juste titre l'auteur.