" P as de vagues... Un marché solide, résistant. En deux mots : tout roule. " Tranquille en somme, nous dit le notaire Etienne de Francquen, établi en plein c£ur de la cité mosane. Pour celui qui, chaque année, s'occupe du rapport notarial de la province, l'immobilier namurois se porterait plutôt bien. Sans grand pic. Ni forte chute. Avec des prix stables, voire plafonnés. Tout au plus Me de Francquen nous informe-t-il que les maisons d'habitation, stars habituelles du secteur résidentiel, s'en tirent avec les honneurs. La barre, il faut le dire, était fixée par le notariat local à 173 000 euros de moyenne, pour 2010, ce qui reste relativement raisonnable. Le prix moyen des quatre façades, pour sa part, ne dépassait pas les 240 000 euros.
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" P as de vagues... Un marché solide, résistant. En deux mots : tout roule. " Tranquille en somme, nous dit le notaire Etienne de Francquen, établi en plein c£ur de la cité mosane. Pour celui qui, chaque année, s'occupe du rapport notarial de la province, l'immobilier namurois se porterait plutôt bien. Sans grand pic. Ni forte chute. Avec des prix stables, voire plafonnés. Tout au plus Me de Francquen nous informe-t-il que les maisons d'habitation, stars habituelles du secteur résidentiel, s'en tirent avec les honneurs. La barre, il faut le dire, était fixée par le notariat local à 173 000 euros de moyenne, pour 2010, ce qui reste relativement raisonnable. Le prix moyen des quatre façades, pour sa part, ne dépassait pas les 240 000 euros. " Les maisons jointives reviennent à la mode. C'est le segment qui s'est le mieux tenu. Pour les biens à plus gros budget, par contre, c'est un peu plus compliqué. Dès qu'on arrive au-delà des 400 000 ou 500 000 euros, ça coince un peu. Cela dit, le marché namurois reste attrayant en termes de prix, si on le compare au Brabant wallon ", commente le notaire. De fait, la région namuroise, bien desservie par sa gare et par la E 411, sert parfois de plan B à ceux qui n'ont pas la bourse assez solide pour s'établir en Wallifornie. Avec de nouvelles perspectives : à en croire Etienne de Francquen, le quartier des Casernes, porté par le projet de palais de justice qui s'y implantera, serait à nouveau fort recherché. " Les professions juridiques s'y installent déjà, alors que ce quartier n'intéressait plus grand monde... "Avoir le nez fin, en matière immobilière, c'est aussi savoir s'informer sur les zones qui ont le vent en poupe. Mais c'est également pouvoir établir les forces et faiblesses de sa région, comme le fait volontiers Paul Houtart, qui gère les agences du groupe Les Viviers Properties. " Dans la cuvette namuroise, il y a trop de commerces et pas assez de logements. Cela commence à changer, mais pas suffisamment vite. La mobilité est devenue infernale, ce qui provoque l'explosion du prix des garages, tant il est devenu difficile de parquer son véhicule. A part cela, quand il y a une rare promotion immobilière, les appartements partent assez bien : normal, vu le manque de logements. " Les projets en cours du côté de la ville devraient quelque peu renforcer cette offre un peu timide. Les plus grands promoteurs du pays s'affairent dans le coin... " J'attends de voir les permis et les premières briques pour commencer à y croire ", ironise légèrement Etienne de Francquen. Quand on se plonge dans le rapport publié en début d'année par les notaires de la province, on se rend également compte que le marché des appartements neufs se porte particulièrement bien. Les notaires relevaient ainsi " un attrait pour les appartements neufs (surtout lors du quatrième trimestre) compte tenu de la suppression annoncée d'une mesure anticrise (réduction temporaire du taux de TVA à 6 % au lieu de 21 % sur la première tranche de construction de 50 000 euros) et de la condamnation de la Belgique par l'Europe (impliquant l'assujettissement à la TVA tant du terrain que des constructions). Dans le climat actuel, ces décisions ont jeté un froid... "L'offre et la demande, en matière de biens neufs, s'accorde plus ou moins, selon Me de Francquen. Lequel met également l'accent sur le prix des terrains : " Ils ont atteint un sommet, si l'on se réfère au pouvoir d'achat des Namurois. A Erpent, Bouge, Champion, on est à 100 euros le mètre carré. Ce qui donne, pour résultat, des ventes qui se font sur de plus petites parcelles de terrain, 6 à 8 ares par exemple. Les particuliers s'en accommodent... " Le rapport notarial avait noté, de son côté, que les terrains à bâtir de plus de 100 000 euros avaient du mal à s'écouler. En début d'année, la profession parlait également d'un marché qui, en 2010, avait fonctionné " par saccades ". Ce que confirme Paul Houtart : " Le marché fonctionne en dents de scie, les gens réagissent aux informations qu'ils dénichent. Il y a quelques mois, tout le monde disait qu'il fallait acheter rapidement parce que les taux d'intérêt allaient augmenter. A la fin 2010, j'ai réellement ressenti un ralentissement sur le marché namurois, qu'on peut étendre ici à l'ensemble de la province. C'est l'inverse qui se produit actuellement, j'ai l'impression qu'on termine 2011 sur les chapeaux de roue. Mais il faut bien rester lucide : on n'a pas encore récupérée entièrement les prix de la fin 2008 ", lance encore le courtier. Restons d'ailleurs quelque peu sur le territoire provincial. Au sud, les Ardennes namuroises se sont vu influencer par un nouveau phénomène : " On compte, de ce côté, beaucoup de secondes résidences. Ce qui, pour certains, est devenu, avec la crise, un investissement superflu. D'autre part, avec le changement de fiscalité qui est intervenu outre-Moerdijk, les Néerlandais sont passés du stade d'acheteurs de secondes résidences à celui de vendeurs. Les régionaux s'y intéressent pour y habiter, mais ils ne sont pas prêts à mettre les mêmes montants que ceux dépensés par les Bataves. A contrario, un effet bénéfique de la crise, pour l'immobilier, tient au fait que la brique est redevenue une valeur refuge : les immeubles de rapport se portent particulièrement bien en ce moment ", relate Paul Houtart. Depuis deux ans, plus ou moins, on entend le monde immobilier se plaindre de l'attitude des banques. Renflouées par le contribuable, elles ne joueraient plus leur rôle de robinet à crédit hypothécaire. C'est exactement... l'inverse de ce que pense Paul Houtart : " Nous vendons plus ou moins 200 biens par an. Et je remarque que nous n'avons quasi plus de refus de crédit. Peut-être parce que les banques sont plus prudentes en amont, c'est possible. Par contre, ce qui est vrai, c'est que la part de financement en fonds propres a augmenté : les prêts à 110 ou 120 %, ça n'existe plus. " l GUY VERSTRAETENLa région namuroise, bien desservie par sa gare et par la E 411, sert parfoit de plan B à ceux qui n'ont pas la bourse assez solide pour s'établir en Wallifornie