Le fait que les armes belges récentes servent à protéger des hommes comme Abdelhakim Belhaj n'est que l'un des symptômes du manque de contrôle d'un pays exportateur sur les armes qu'il produit. En Libye, la profusion des fusils automatiques légers (FAL) fabriqués par la FN Herstal et vendus par milliers au colonel Kadhafi pendant la période de la guerre froide est un problème autrement plus grave. Avec la kalachnikov, le FN FAL constitue l'arme de prédilection des 200 000 comba...

Le fait que les armes belges récentes servent à protéger des hommes comme Abdelhakim Belhaj n'est que l'un des symptômes du manque de contrôle d'un pays exportateur sur les armes qu'il produit. En Libye, la profusion des fusils automatiques légers (FAL) fabriqués par la FN Herstal et vendus par milliers au colonel Kadhafi pendant la période de la guerre froide est un problème autrement plus grave. Avec la kalachnikov, le FN FAL constitue l'arme de prédilection des 200 000 combattants libyens aujourd'hui enregistrés par les autorités. Ces armes belges, vendues il y a plusieurs dizaines d'années, constituent un défi majeur pour la reconstruction de la Libye et une menace importante pour la stabilité de toute une région, déjà en équilibre précaire. Le gouvernement libyen de transition peine encore à mettre en place une véritable stratégie nationale pour désarmer les brigades qui se sont multipliées depuis la fin de la guerre. Pillées dans les stocks de Mouammar Kadhafi en 2011 à mesure que les forces rebelles avançaient, les armes circulent aujourd'hui librement. Un FN FAL pouvait par exemple s'acheter, en février 2012 à Tripoli, pour environ 600 euros. " Au début de la guerre, raconte Ali El Abbar, lorsque nous avons pris Al-Rajma, près de Benghazi, nous avons découvert des montagnes de FN FAL et de kalachnikovs. Beaucoup, vraiment beaucoup. Aujourd'hui, ces armes sont aussi abondantes que la poussière en Libye. " Un an après le début de la révolution libyenne, il y a dans le pays plus d'armes que d'habitants. Et, selon un rapport des Nations unies, des armes issues du conflit libyen sont peut-être déjà aux mains de la secte islamiste Boko Haram au Nigeria et d'Al- Qaeda, au Sahel. Le 13 février, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), a rencontré les membres du Conseil national de transition libyen. Il a affirmé la volonté de la Belgique de s'inscrire, avec plusieurs autres pays, dans un plan de désarmement en donnant la priorité aux systèmes lance-missiles antiaériens portatifs. La somme proposée par la Belgique - 300 000 euros - doit encore être avalisée par le Conseil des ministres. Pour ce qui est des milliers d'armes légères de la FN Herstal en circulation en Libye, " il n'est pas dans l'intention de la Belgique de contribuer à un projet de récupération des petites armes ", affirme Michel Malherbe, porte-parole des Affaires étrangères. D.S.