Aujourd'hui j'ai 20 ans. Je n'ai jamais pu avoir de bal de rhéto, de voyage de fin d'année, de cérémonie de remise des diplômes. Je ne pourrai jamais avoir, sur l'entièreté de mon bachelier, plus d'une année complète en auditoire à mon université [...] J'ai 20 ans et j'ai le coeur brisé face aux événements récents du bois de la Cambre, face aux images hallucinantes de violences. Une pens...

Aujourd'hui j'ai 20 ans. Je n'ai jamais pu avoir de bal de rhéto, de voyage de fin d'année, de cérémonie de remise des diplômes. Je ne pourrai jamais avoir, sur l'entièreté de mon bachelier, plus d'une année complète en auditoire à mon université [...] J'ai 20 ans et j'ai le coeur brisé face aux événements récents du bois de la Cambre, face aux images hallucinantes de violences. Une pensée aux blessés qui, le matin, se sont réveillés pensant qu'ils allaient pouvoir profiter du beau temps auprès de leurs amis ou collègues. Une pensée aux innocents qui se sont trouvés piégés au milieu de ces violences. Du haut de mes 20 ans, aujourd'hui, je tombe des nues quand j'apprends que c'était près de 5 000 personnes qui étaient rassemblées, que la cavalerie a été déployée, les gaz utilisés, des bouteilles jetées et les canons à eau employés. On croirait entendre les violences de masse si courantes au pays de l'excès, des hommes politiques orange et des fake news. Pourtant, il ne s'agit pas d'une fake news, ni d'un poisson d'avril d'ailleurs, et c'était bien chez nous. [...] Toute histoire a deux versions, dit-on. La première, nous la connaissons tous, les règles spéciales Covid, mesures sanitaires, confinements, bulles. La deuxième, par contre, crie à la liberté, la démocratie et l'écoute, elle appelle et parle aux jeunes. Comment contredire ces valeurs? Impossible, inconstitutionnel. Mais comment continuer à protéger ses bien-aimés? Plus les jours passent, plus fusent de nouvelles informations: [...] le pourcentage de décès proportionnellement aux contaminés n'est pas pertinent ; le vaccin n'empêche pas d'être porteur sain ; le masque est en réalité un moyen d'oppresser le peuple. Aujourd'hui, mes parents ont 60 ans et je préfère courir le risque d'être victime de naïveté [...] que risquer leur santé. Je préfère patienter. Aujourd'hui j'ai 20 ans et mes cours en auditoire, festivals et voyages manqués ne sont plus une priorité.