La démarche n'est pas banale. Transformer trois appartements en une seule et unique habitation, c'est prendre le chemin inverse de nombreux projets de rénovation citadins. Il faut dire que l'emplacement est unique. La maison ne l'est pas moins. Orienté plein sud, le jardin en escalier semble se perdre dans la forêt de Soignes toute proche. Un rapide coup d'£il à l'habitation uccloise permet de la classer dans l'école moderniste.
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La démarche n'est pas banale. Transformer trois appartements en une seule et unique habitation, c'est prendre le chemin inverse de nombreux projets de rénovation citadins. Il faut dire que l'emplacement est unique. La maison ne l'est pas moins. Orienté plein sud, le jardin en escalier semble se perdre dans la forêt de Soignes toute proche. Un rapide coup d'£il à l'habitation uccloise permet de la classer dans l'école moderniste. Lovée le long de la chaussée de La Hulpe, dans le quartier de l'hippodrome, cette demeure dessinée par l'architecte Lapeyre dans les années 1970 s'étale désormais sur pas moins de 400 mètres carrés habitables. Le coût de la rénovation, pilotée par le bureau d'architectes Orts et Balleriaux, qui a notamment planché sur les nouveaux bureaux de Philippe Geluck, flirte avec les 1 500 euros le mètre carré (TVA et frais d'architecte compris). Vu la superficie, l'addition finale est salée. " Ce type d'architecture revient dans les tendances actuelles, relève Raphaël Orts. Les espaces ouverts, décloisonnés, que l'on dessinait alors sont à nouveau à la mode. " Le défi posé à l'architecte n'est cependant pas mince : créer une ambiance de style " loft ", mais tout en conservant des espaces de vie dédicacés et chaleureux. A chaque étage, des compromis ont été trouvés pour combiner ces exigences posées par le maître de l'ouvrage. L'espace de vie, totalement ouvert sur le jardin, est aéré mais divisé en plusieurs zones d'ambiance différente. Juchée sur un podium surplombant légèrement le salon, la salle à manger est habillée de bois. Tout comme le milieu du salon, tapissé de plancher cosy, entouré de larges dalles sombres qui se prolongent jusque sur la terrasse. De quoi donner la sensation d'avoir encore plus d'espace. Les murs sont garnis de placards entrecoupés de niches décoratives rouge vif, tranchant avec le blanc immaculé des murs. De subtils rangements permettent d'y glisser ordinateur portable et chaîne hi-fi. Dans ces lieux, la musique s'écoute dans des conditions idéales : un acousticien a d'ailleurs été consulté pour isoler le mieux possible l'habitation des bruits extérieurs. Mais si l'on désire profiter de son disque préféré dans le... jardin, c'est possible aussi : tous les câblages ont été prévus. La visite continue en empruntant l'escalier en spirale. Au premier étage, l'espace " enfant " se déploie à partir d'une pièce de jeu commune. Trois sas intégrés dans les placards muraux donnent accès aux chambres, qui bénéficient chacune d'un petit balcon. Dans les sanitaires, petite particularité : douches et tablettes d'éviers sont garnies d'une couche de " micro-béton ", un matériau innovant donnant l'aspect du béton, mais beaucoup plus chaleureux au toucher. Au dernier étage, la chambre des parents s'apparente à un véritable appartement. S'étalant sur toute la largeur de la bâtisse, bénéficiant d'un feu ouvert et d'une vaste terrasse donnant sur le jardin, elle en impose. Comme l'ensemble de la nouvelle demeure, qui cherche aujourd'hui acquéreur. Gilles Quoistiaux