Christian Miroir, directeur général de BFM " Je demande la démission des membres du CSA "

Que reprochez-vous au CSA ?
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Que reprochez-vous au CSA ? > Tout ce qui a été décidé l'a été sur des bases politiques. Ciel Info a obtenu son réseau par la pression politique. C'est un équilibrage entre les deux radios " ados " - Fun et NRJ - pour le PS et Ciel Info pour le CDH. Bonjour la diversité culturelle, alors que Ciel n'occupe pas son réseau : ils n'en ont pas les moyens. Ils n'ont pas une seule ligne de crédit. Le CSA devait pourtant examiner la solidité financière des candidats ? > Sur ce point, je dénonce l'incompétence des membres du CSA. Ils n'ont pas analysé les dossiers déposés. Nous devions remettre les trois derniers bilans. Pour BFM, les trois derniers bilans étaient positifs, alors qu'en face, Ciel Info annonçait 700 000 euros de pertes. Le CSA est totalement dépendant du politique. Je demande la démission de ses membres. Après la découverte du fameux document, les réserves émises par le CSA étaient-elles fondées, selon vous ? > Le document n'était secret en aucune manière. C'était un accord commercial de cession et une garantie de paiement de notre côté. Le CSA a dénoncé le risque d'une hégémonie de RTL. C'est faux, puisque si M. Mahaux nous payait, nous ne serions jamais allés dans l'actionnariat et, à l'époque, nous n'avions plus rien à voir avec BFM. Que pensez-vous de l'éviction de Mint ? > Après un an et demi d'existence, 16 emplois, 130 000 auditeurs quotidiens et 2 millions d'euros d'investissement, Mint a été éjectée pour une radio qui s'appelle Ciel Info. A l'heure actuelle, Ciel n'a toujours pas d'existence, pas de projet, pas de plan. C'est un scandale à double titre : d'une part, qu'un opérateur laisse ainsi un réseau en jachère et, d'autre part, que le groupe RTL soit moins bien loti que la RTBF, qui dispose de cinq réseaux communautaires. Le respect du pluralisme est invoqué dans toutes vos décisions. Le pluralisme est-il vraiment réalisable ? > C'est une belle question politique. Les principes du pluralisme sont clairement édictés dans la loi. En 2003, le pouvoir politique, c'est-à-dire les trois partis de la majorité à l'époque, coulent dans le décret leur volonté d'assurer un pluralisme des acteurs et des idées sur la bande FM. Ces principes ont d'ailleurs été confirmés dans la dernière version du décret. Cela dit, mais on n'a pas eu ce débat-là, cette règle est-elle pertinente au vu de la taille de notre marché ? C'est aux politiques de répondre. Avez-vous subi des pressions politiques ? > Oui. Sans doute parce que les enjeux économiques et culturels étaient importants. Mais, d'où qu'elles soient venues, les pressions n'ont servi à rien. Pourquoi n'avez-vous pas été retenu pour le réseau communautaire auquel vous étiez candidat ? > Selon l'auditeur du Conseil d'Etat, nous aurions dû être choisis si le CSA avait utilisé les conclusions de sa propre grille d'analyse. La grande ambiguïté dans le schéma logique du CSA a été de réintroduire le critère de l'audience. Quand on évoque les principes de bonne administration, ça veut dire qu'on tient compte des opérateurs existants. Il ne faut pas faire un appel d'offres si quelqu'un qui est nouveau n'a aucune chance d'y accéder. Il est clair que le plan de fréquences a été construit pour que chaque réseau communautaire corresponde à un réseau existant. Le plan a été fait pour consolider les opérateurs en place, mais pas pour appliquer le décret. Quand Ciel Info va-t-elle démarrer ? > Dans la crise exceptionnelle que l'on traverse, ce n'est pas le moment de lancer une radio. Nous avons légalement dix-huit mois pour la lancer. Nous respecterons le délai.