Des milliers de soldats de la Garde nationale, l'armée de réserve, ont déjà été déployés, et ils seront jusqu'à 25.000, mercredi dans la capitale, pour protéger une large "zone rouge" allant du Capitole, où Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment mercredi, à la Maison Blanche.

L'immense esplanade du "National Mall", où des milliers d'Américains se pressent tous les quatre ans pour assister à la cérémonie, est elle aussi cadenassée.

Les rues étaient pratiquement vides lundi, en ce jour férié à la mémoire de l'icône des droits civiques Martin Luther King.

Des milliers de soldats de la Garde nationale, l'armée de réserve, ont déjà été déployés., Belga
Des milliers de soldats de la Garde nationale, l'armée de réserve, ont déjà été déployés. © Belga

Le "MLK Day" est traditionnellement un jour dédié au bénévolat pour les Américains.

Ce bénévolat "est une façon adéquate de guérir, unifier et reconstruire ce pays que nous aimons", a affirmé dans un message sur Twitter M. Biden, qui souhaite réconcilier des Américains profondément divisés après le mandat de Donald Trump.

Il a participé dans la matinée à une distribution de nourriture pour le compte d'une organisation caritative à Philadelphie, en Pennsylvanie. Kamala Harris et son époux ont fait de même dans un quartier pauvre de Washington.

Dans la capitale, des militaires en armes et des policiers stationnés devant des véhicules blindés ont remplacé les badauds et la circulation dans des rues bloquées par des blocs de béton.

Au moins deux civils armés ont été arrêtés ces derniers jours aux abords de la "zone rouge".

Fausse alerte

La ville reste traumatisée par l'assaut meurtrier sur le Capitole, le 6 janvier, quand des centaines de partisans de Donald Trump avaient envahi le siège du Congrès pour tenter d'invalider la victoire de l'ancien vice-président de Barack Obama.

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. © Belga

Le président sortant, qui avait appelé ses supporteurs à marcher sur le Capitole, a été mis en accusation pour "incitation à l'insurrection" et son procès en destitution pourrait s'ouvrir au Sénat peu après l'investiture de son successeur.

Depuis le 6 janvier, près de 70 manifestants ont été inculpés pour avoir participé aux violences et des centaines de personnes font l'objet d'une enquête. Parmi eux, des élus et des membres anciens ou actifs des forces de l'ordre.

Afin de s'assurer que les Gardes nationaux ne présentent aucun risque pour la sécurité, le FBI a annoncé contrôler les antécédents des réservistes qui seront déployés mercredi.

"Nous voulons nous assurer que nous avons les bonnes personnes au sein de la bulle" qui protègera le président et la vice-présidente, a expliqué lundi sur Fox News le général William Walker, chef de la Garde nationale de Washington.

Le ministre de la Défense par intérim, Christopher Miller, a toutefois souligné qu'il n'existait jusqu'ici "aucune information sur une menace de l'intérieur".

Signe de la tension qui règne, une répétition de la cérémonie a été brièvement interrompue lundi matin en raison d'une "menace extérieure", selon la police, qui s'est révélée être une fausse alerte.

Cérémonie exceptionnelle

Cette cérémonie d'investiture sera exceptionnelle à plus d'un titre: n'y assistera qu'un parterre limité d'invités et pas de public, en raison de la pandémie de coronavirus. Un champ de plus de 190.000 drapeaux a été planté sur le Mall pour représenter ce public absent.

Donald Trump aura, lui, aura déjà quitté la Maison Blanche pour sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Il deviendra ainsi le premier président à refuser d'assister à la prestation de serment de son successeur depuis Andrew Johnson en 1869.

Il quitte ses fonctions sur un ultime sondage défavorable, avec seulement 34% de bonnes opinions sur son action, un plus bas historique en quatre ans selon l'institut Gallup.

Avant son départ, le milliardaire républicain devrait gracier ou commuer les peines de prison d'une centaine de personnes, selon plusieurs médias.

L'immense esplanade du "National Mall"., Belga
L'immense esplanade du "National Mall". © Belga

Ces derniers mois, Donald Trump a exonéré des collaborateurs et des proches condamnés dans le cadre de l'enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016.

Ces grâces, qui pourraient être annoncées mardi, pourraient concerner Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, le rappeur Lil Wayne, qui risque jusqu'à 10 ans de prison pour possession d'une arme à feu, ou un célèbre médecin de Floride condamné pour fraude.

M. Trump pourrait aussi se gracier lui-même, ou certains de ses partisans poursuivis pour l'assaut contre le Capitole.

"Et s'il graciait ces personnes qui sont des terroristes du Capitole?", s'est alarmée dimanche la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi.

Cette perspective inquiète même au sein du camp républicain. "Demander une grâce pour ces personnes serait une mauvaise chose", a prévenu dimanche sur Fox New le sénateur Lindsey Graham, un proche de M. Trump.

Investiture américaine: rites et ratés

Donald Trump n'assistera pas à l'investiture de son successeur Joe Biden. Il faut remonter à 1869 pour trouver un autre président ayant refusé de se plier à cette tradition américaine toujours pleine de surprises.

Lincoln et son futur assassin

Le 4 mars 1865, Lincoln qui se rend à Washington pour son investiture, échappe à un attentat.

Quelques heures plus tard, alors qu'il prête serment pour son second mandat, il ignore que John Wilkes Booth, l'homme qui l'assassinera 41 jours plus tard, se trouve tout près de lui, sur les marches du Capitole. Booth confiera après son arrestation avoir regretté de ne pas avoir de pistolet ce jour-là: "J'aurais eu une excellente occasion de tuer le président si je l'avais voulu".

La tribune de Kennedy en feu

Un court-circuit d'un moteur électrique incendie la tribune où le président Kennedy prête serment le 20 janvier 1961. Croyant à un attentat, des agents de sécurité envahissent le podium tandis que JFK reste imperturbable.

Deux serments pour Obama

En 2009, Barack Obama se trompe dans le texte du serment devant une assistance de près de deux millions de personnes. La responsabilité incombe au président de la Cour Suprême qui prononce dans le désordre les mots du serment constitutionnel. Par précaution, le 44e président prête une nouvelle fois serment le lendemain à la Maison Blanche.

Le froid

A partir de 1937, l'"Inauguration day" est avancé au 20 janvier, en plein hiver.

En janvier 1961, l'armée fait fondre au lance-flammes une couche de 20 centimètres de neige fraîche sur l'artère du traditionnel défilé entre le Capitole et la Maison Blanche. Kennedy prononce son discours par -5°C. En 1985, Ronald Reagan, 73 ans, se réfugie à l'intérieur du Capitole pour prêter serment, laissant la foule et ses 140.000 invités patienter dehors où le thermomètre affiche -13°C.

Des milliers de soldats de la Garde nationale, l'armée de réserve, ont déjà été déployés, et ils seront jusqu'à 25.000, mercredi dans la capitale, pour protéger une large "zone rouge" allant du Capitole, où Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment mercredi, à la Maison Blanche. L'immense esplanade du "National Mall", où des milliers d'Américains se pressent tous les quatre ans pour assister à la cérémonie, est elle aussi cadenassée.Les rues étaient pratiquement vides lundi, en ce jour férié à la mémoire de l'icône des droits civiques Martin Luther King.Le "MLK Day" est traditionnellement un jour dédié au bénévolat pour les Américains.Ce bénévolat "est une façon adéquate de guérir, unifier et reconstruire ce pays que nous aimons", a affirmé dans un message sur Twitter M. Biden, qui souhaite réconcilier des Américains profondément divisés après le mandat de Donald Trump.Il a participé dans la matinée à une distribution de nourriture pour le compte d'une organisation caritative à Philadelphie, en Pennsylvanie. Kamala Harris et son époux ont fait de même dans un quartier pauvre de Washington. Dans la capitale, des militaires en armes et des policiers stationnés devant des véhicules blindés ont remplacé les badauds et la circulation dans des rues bloquées par des blocs de béton.Au moins deux civils armés ont été arrêtés ces derniers jours aux abords de la "zone rouge".La ville reste traumatisée par l'assaut meurtrier sur le Capitole, le 6 janvier, quand des centaines de partisans de Donald Trump avaient envahi le siège du Congrès pour tenter d'invalider la victoire de l'ancien vice-président de Barack Obama.Le président sortant, qui avait appelé ses supporteurs à marcher sur le Capitole, a été mis en accusation pour "incitation à l'insurrection" et son procès en destitution pourrait s'ouvrir au Sénat peu après l'investiture de son successeur.Depuis le 6 janvier, près de 70 manifestants ont été inculpés pour avoir participé aux violences et des centaines de personnes font l'objet d'une enquête. Parmi eux, des élus et des membres anciens ou actifs des forces de l'ordre.Afin de s'assurer que les Gardes nationaux ne présentent aucun risque pour la sécurité, le FBI a annoncé contrôler les antécédents des réservistes qui seront déployés mercredi."Nous voulons nous assurer que nous avons les bonnes personnes au sein de la bulle" qui protègera le président et la vice-présidente, a expliqué lundi sur Fox News le général William Walker, chef de la Garde nationale de Washington.Le ministre de la Défense par intérim, Christopher Miller, a toutefois souligné qu'il n'existait jusqu'ici "aucune information sur une menace de l'intérieur".Signe de la tension qui règne, une répétition de la cérémonie a été brièvement interrompue lundi matin en raison d'une "menace extérieure", selon la police, qui s'est révélée être une fausse alerte. Cette cérémonie d'investiture sera exceptionnelle à plus d'un titre: n'y assistera qu'un parterre limité d'invités et pas de public, en raison de la pandémie de coronavirus. Un champ de plus de 190.000 drapeaux a été planté sur le Mall pour représenter ce public absent.Donald Trump aura, lui, aura déjà quitté la Maison Blanche pour sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Il deviendra ainsi le premier président à refuser d'assister à la prestation de serment de son successeur depuis Andrew Johnson en 1869.Il quitte ses fonctions sur un ultime sondage défavorable, avec seulement 34% de bonnes opinions sur son action, un plus bas historique en quatre ans selon l'institut Gallup.Avant son départ, le milliardaire républicain devrait gracier ou commuer les peines de prison d'une centaine de personnes, selon plusieurs médias.Ces derniers mois, Donald Trump a exonéré des collaborateurs et des proches condamnés dans le cadre de l'enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016.Ces grâces, qui pourraient être annoncées mardi, pourraient concerner Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, le rappeur Lil Wayne, qui risque jusqu'à 10 ans de prison pour possession d'une arme à feu, ou un célèbre médecin de Floride condamné pour fraude.M. Trump pourrait aussi se gracier lui-même, ou certains de ses partisans poursuivis pour l'assaut contre le Capitole."Et s'il graciait ces personnes qui sont des terroristes du Capitole?", s'est alarmée dimanche la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi.Cette perspective inquiète même au sein du camp républicain. "Demander une grâce pour ces personnes serait une mauvaise chose", a prévenu dimanche sur Fox New le sénateur Lindsey Graham, un proche de M. Trump.