Les autorités chinoises ont fait état d'un besoin urgent de masques de protection et de matériel médical pour faire face à l'épidémie dont le nombre de morts se situe désormais largement au delà de celui du Sras qui avait tué 349 personnes en 2002-2003.

Le nombre de personnes contaminées a dépassé 20.400 dans le pays, après l'apparition de 3.235 nouveaux cas confirmés, a précisé mardi la Commission nationale de la Santé.

De leur côté, les ministres de la Santé des pays du G7 ont convenu lundi de se coordonner "autant que possible dans les conseils de voyage et les mesures de prévention" face au coronavirus.

Pour sa part, la Banque mondiale a appelé le même jour tous les pays à "renforcer leur surveillance sanitaire et les réponses données" à l'épidémie, et elle a dit examiner les ressources financières et techniques mobilisables rapidement.

Dix jours après le début de la crise, marqué par le confinement de la métropole de Wuhan (centre) et de sa province, le Hubei, les places boursières chinoises de Shanghai et de Shenzhen ont plongé d'environ 8% après une interruption de dix jours des cotations. Soit la plus forte baisse des indices chinois depuis le krach boursier de 2015.

Dans le contexte de la paralysie de la Chine par la peur du virus, Pékin a reconnu lundi des "insuffisances" dans sa réaction et a aussi admis compter sur le reste du monde pour répondre à la crise.

Le Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste a demandé une amélioration du dispositif de réaction aux situations d'urgence à la suite d'"insuffisances et de difficultés apparues dans la réponse apportée à l'épidémie", a écrit l'agence officielle de presse Chine nouvelle.

De nouvelles villes confinées

Deux grandes villes de l'est de la Chine, éloignées de plusieurs centaines de kilomètres de l'épicentre de l'épidémie en cours, ont annoncé des mesures de restriction aux mouvements à leurs habitants pour limiter la propagation du nouveau coronavirus. La municipalité de Taizhou et trois districts de Hangzhou (à environ 150 kilomètres au sud-est de Shanghai), n'autorisent plus qu'une personne par foyer à sortir une fois tous les deux jours pour faire leurs courses.

Quelque 9 millions de personnes au total sont concernées. Taizhou a également annoncé suspendre 95 connexions ferroviaires à destination de la ville à partir de mardi. Les propriétaires d'appartement ne pourront dorénavant plus louer leur bien à des personnes venant "de zones gravement affectées par l'épidémie comme la province du Hubei", épicentre de l'épidémie, sauf si elles ne s'y sont pas rendues récemment, a indiqué la municipalité dans un communiqué.

Par ailleurs, tous les complexes d'habitation ne pourront maintenir ouverte qu'une seule voie d'accès piétonne, et chaque personne devra y présenter une pièce d'identité à chaque entrée ou sortie, selon la même source.

Dans les districts concernés à Hangzhou, siège du géant chinois du e-commerce Alibaba et capitale de la riche province du Zhejiang, des mesures complémentaires comprennent le port du masque obligatoire, ainsi que des contrôles d'identité et de température. Ces restrictions font suite à des mesures similaires annoncées dimanche à Wenzhou, 9 millions d'habitants, également située dans le Zhejiang. Les habitants y ont désormais l'obligation de rester chez eux, et ne peuvent là encore sortir qu'une fois tous les deux jours pour effectuer des courses. Les transports publics sont suspendus. Et les grands axes routiers sont presque entièrement fermés à la circulation automobile.

Le Zhejiang compte jusqu'à présent 829 cas confirmés de personnes infectées. Il s'agit du nombre le plus élevé en dehors de la province du Hubei, épicentre de l'épidémie qui a déjà tué 425 morts en Chine continentale.

- "Besoin de masques, combinaisons, lunettes" -

"Ce dont la Chine a besoin d'urgence, ce sont des masques, des combinaisons et des lunettes de protection", avait précédemment déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Elle a précisé que plusieurs pays, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, avaient déjà envoyé des fournitures médicales.

La Chine s'efforce d'en importer d'Europe, du Japon et des Etats-Unis, selon le ministère de l'Industrie.

A Genève, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a mis en garde contre l'utilisation de masques de mauvaise qualité, qui peuvent donner "un faux sentiment de protection".

Le virus a également fait un mort pour la première fois en dehors de Chine, un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, a annoncé dimanche l'OMS.

Belga
© Belga

La plupart des décès et des cas de contamination sont à déplorer à Wuhan et dans sa province où quelque 56 millions d'habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.

Face à un système hospitalier débordé, cette métropole a accueilli lundi les premiers malades dans un nouvel hôpital construit en dix jours, a indiqué le Quotidien du Peuple.

Un autre hôpital encore plus grand (1.600 lits) est en construction et devrait ouvrir dans quelques jours.

- Soutien à l'économie -

Le gouvernement a octroyé trois jours de congés supplémentaires dans l'espoir de retarder le retour vers les villes des centaines de millions de travailleurs migrants rentrés dans leur province pendant le Nouvel An lunaire.

Les personnes originaires du Hubei sont parfois en butte à l'ostracisme et à la suspicion.

Les Bourses chinoises ont été rattrapées à leur réouverture par l'inquiétude qui fait dévisser les autres places mondiales depuis dix jours.

Inquiets, de nombreux pays ont multiplié les mesures de protection. Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Irak, Israël et Philippines notamment ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant récemment rendus en Chine.

La Russie a annoncé lundi qu'elle pourrait procéder à l'expulsion des étrangers porteurs du virus, après avoir décidé la semaine dernière de fermer sa frontière de plus de 4.000 km avec la Chine et réduit les liaisons avec ce pays.

Mais c'est aux Etats-Unis que s'en est est prise la porte-parole de la diplomatie chinoise, les accusant de "semer la panique" par leurs mesures restrictives et de donner "un très mauvais exemple".

Les croisiéristes n'en ont pas moins décidé d'interdire la présence à leur bord de passagers ou membres d'équipage ayant voyagé en Chine au cours des 14 derniers jours, a annoncé lundi leur fédération internationale.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a proclamé la semaine dernière l'urgence internationale, a dit le même jour travailler avec des géants du net à combattre la désinformation en ligne autour du virus.

Enfin, à six mois des jeux Olympiques de Tokyo, l'agence antidopage chinoise Chinada a décidé de suspendre "momentanément" ses activités de contrôle "dans un souci de protection de la santé" en raison de l'épidémie.

Les pays et territoires touchés par le nouveau coronavirus

Voici la liste des pays et territoires qui ont annoncé des cas confirmés de maladie due au nouveau coronavirus depuis sa propagation à partir de la ville chinoise de Wuhan, où il a fait son apparition en décembre.

En dehors de la Chine, de Macao et de Hong Kong, plus de 150 cas de contamination ont été confirmés dans une vingtaine de pays.

- CHINE -

Avec 425 morts, le bilan dépasse dores et déjà celui de l'épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes en 2002-2003.

La quasi-totalité des décès sont intervenus dans la région du Hubei, le berceau de la contagion dont Wuhan est la capitale.

- Quinze cas ont été enregistrés dans la région autonome de Hong Kong. Plusieurs de ces personnes avaient séjourné à Wuhan.

- Sept cas ont été signalés dans la région autonome de Macao.

- Un cas a été signalé au Tibet.

- ASIE-PACIFIQUE -

Asie de l'Est

Corée du Sud : quinze cas.

Japon : 20 cas.

Taïwan : dix cas.

Asie du Sud-Est

Cambodge : un cas, un homme arrivé de Wuhan.

Malaisie : huit cas.

Philippines : Deux cas, dont un mort à Manille, un Chinois originaire de Wuhan. Il s'agit du premier décès hors de Chine.

Singapour : 18 cas.

Thaïlande : 19 cas.

Vietnam : huit cas.

Asie du Sud

Inde : Trois cas.

Népal : un cas, un homme arrivé de Wuhan.

Sri Lanka : un cas.

Australie

Douze cas. la plupart de ces personnes venaient de Wuhan ou de la province du Hubei.

- AMERIQUES -

Canada

Quatre cas.

Etats-Unis

Onze cas.

- EUROPE -

Union européenne

Allemagne : douze cas.

Espagne : un cas.

Finlande : un cas.

France : six cas.

Italie : deux cas.

Suède : un cas.

Royaume-Uni

Deux cas.

Russie

Deux cas.

- MOYEN-ORIENT -

Emirats arabes unis

Cinq cas.

Les autorités chinoises ont fait état d'un besoin urgent de masques de protection et de matériel médical pour faire face à l'épidémie dont le nombre de morts se situe désormais largement au delà de celui du Sras qui avait tué 349 personnes en 2002-2003.Le nombre de personnes contaminées a dépassé 20.400 dans le pays, après l'apparition de 3.235 nouveaux cas confirmés, a précisé mardi la Commission nationale de la Santé.De leur côté, les ministres de la Santé des pays du G7 ont convenu lundi de se coordonner "autant que possible dans les conseils de voyage et les mesures de prévention" face au coronavirus.Pour sa part, la Banque mondiale a appelé le même jour tous les pays à "renforcer leur surveillance sanitaire et les réponses données" à l'épidémie, et elle a dit examiner les ressources financières et techniques mobilisables rapidement.Dix jours après le début de la crise, marqué par le confinement de la métropole de Wuhan (centre) et de sa province, le Hubei, les places boursières chinoises de Shanghai et de Shenzhen ont plongé d'environ 8% après une interruption de dix jours des cotations. Soit la plus forte baisse des indices chinois depuis le krach boursier de 2015.Dans le contexte de la paralysie de la Chine par la peur du virus, Pékin a reconnu lundi des "insuffisances" dans sa réaction et a aussi admis compter sur le reste du monde pour répondre à la crise.Le Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste a demandé une amélioration du dispositif de réaction aux situations d'urgence à la suite d'"insuffisances et de difficultés apparues dans la réponse apportée à l'épidémie", a écrit l'agence officielle de presse Chine nouvelle."Ce dont la Chine a besoin d'urgence, ce sont des masques, des combinaisons et des lunettes de protection", avait précédemment déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying.Elle a précisé que plusieurs pays, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, avaient déjà envoyé des fournitures médicales.La Chine s'efforce d'en importer d'Europe, du Japon et des Etats-Unis, selon le ministère de l'Industrie.A Genève, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a mis en garde contre l'utilisation de masques de mauvaise qualité, qui peuvent donner "un faux sentiment de protection". Le virus a également fait un mort pour la première fois en dehors de Chine, un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, a annoncé dimanche l'OMS.La plupart des décès et des cas de contamination sont à déplorer à Wuhan et dans sa province où quelque 56 millions d'habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.Face à un système hospitalier débordé, cette métropole a accueilli lundi les premiers malades dans un nouvel hôpital construit en dix jours, a indiqué le Quotidien du Peuple. Un autre hôpital encore plus grand (1.600 lits) est en construction et devrait ouvrir dans quelques jours.Le gouvernement a octroyé trois jours de congés supplémentaires dans l'espoir de retarder le retour vers les villes des centaines de millions de travailleurs migrants rentrés dans leur province pendant le Nouvel An lunaire.Les personnes originaires du Hubei sont parfois en butte à l'ostracisme et à la suspicion. Les Bourses chinoises ont été rattrapées à leur réouverture par l'inquiétude qui fait dévisser les autres places mondiales depuis dix jours.Inquiets, de nombreux pays ont multiplié les mesures de protection. Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Irak, Israël et Philippines notamment ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant récemment rendus en Chine.La Russie a annoncé lundi qu'elle pourrait procéder à l'expulsion des étrangers porteurs du virus, après avoir décidé la semaine dernière de fermer sa frontière de plus de 4.000 km avec la Chine et réduit les liaisons avec ce pays.Mais c'est aux Etats-Unis que s'en est est prise la porte-parole de la diplomatie chinoise, les accusant de "semer la panique" par leurs mesures restrictives et de donner "un très mauvais exemple".Les croisiéristes n'en ont pas moins décidé d'interdire la présence à leur bord de passagers ou membres d'équipage ayant voyagé en Chine au cours des 14 derniers jours, a annoncé lundi leur fédération internationale.L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a proclamé la semaine dernière l'urgence internationale, a dit le même jour travailler avec des géants du net à combattre la désinformation en ligne autour du virus.Enfin, à six mois des jeux Olympiques de Tokyo, l'agence antidopage chinoise Chinada a décidé de suspendre "momentanément" ses activités de contrôle "dans un souci de protection de la santé" en raison de l'épidémie.