Ni Benjamin Netanyahu, à la tête du parti de droite Likoud, ni Benny Gantz, à la tête du parti centriste Kahol Lavan (Bleu-blanc), n'est en mesure de réunir 61 députés, la majorité absolue au Parlement.

Le président israélien a clôturé lundi les consultations avec les formations élues au Parlement pour connaître leurs recommandations concernant le choix du futur Premier ministre. Il doit désigner un nouveau chef de gouvernement mercredi.

Le parti de Benny Gantz (33 sièges) a reçu le soutien de la gauche et d'une partie de la "Liste unie" des formations arabes israéliennes. Mais cela ne lui octroie que 54 sièges.

Celui de Benjamin Netanyahu (31 sièges) n'est en mesure de rassembler que 55 sièges avec ses alliés religieux et de la droite nationaliste.

Comme l'a fait le président israélien, MM. Gantz et Netanyahu ont tous deux également appelé à un gouvernement d'union. Mais chacun veut prendre la tête de la coalition gouvernementale.

Lundi, M. Netanyahu, a réitéré à l'intention de M. Gantz, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, que: "Le seul gouvernement qui puisse être formé dans ces conditions est un gouvernement large et uni entre nous et le seul moyen d'y parvenir est de s'assoir et parler".

Mission difficile

Si Reuven Rivlin a clairement déclaré qu'il souhaitait que le Likoud et Bleu-blanc s'unissent pour former un gouvernement "stable", la manière de parvenir à un tel accord reste floue.

Suspecté de "corruption", "d'abus de confiance" et de "malversations", M. Netanyahu doit être auditionné par la justice début octobre. Il cherche à obtenir une immunité du Parlement au cas où il serait inculpé, mais cette immunité pourrait être plus difficile à obtenir s'il ne dirige pas le prochain gouvernement.

Pour la première fois depuis plus d'une décennie, le plus pérenne des Premiers ministres d'Israël se trouve en position de perdre son poste et risque sa survie politique.

Dimanche, la "Liste unie", regroupant les partis majoritairement arabes du pays et arrivée troisième aux législatives avec 13 sièges, a recommandé le centriste Benny Gantz pour être le prochain Premier ministre.

Un soutien visant surtout à faire tomber le chef du gouvernement sortant, qu'ils accusent d'avoir mené une politique discriminatoire envers la minorité arabe israélienne qui compte pour 20% des neuf millions d'habitants du pays.

Mais trois représentants d'un des partis de cette liste ont annoncé lundi qu'ils ne soutenaient pas cette recommandation.

De son coté, Avigdor Lieberman, chef de la formation nationaliste laïque Israël Beitenou considéré comme un "faiseur de roi" potentiel après avoir remporté 8 sièges, a confirmé dimanche qu'il ne recommanderait ni Benjamin Netanyahu ni son rival Benny Gantz pour le poste de Premier ministre.

"Nous ne ferons pas parti du bloc avec les haredim (juifs ultra-orthodoxes) et les messianistes. Nous ne recommanderons pas Netanyahu au président pour cette raison", a déclaré M. Lieberman.

Top chrono

Et "nous ne pouvons pas recommander Benny Gantz qui envisage un gouvernement soutenu par la liste arabe (...)", a ajouté l'ancien ministre de la Défense. "Les haredim sont nos adversaires politiques, mais les Arabes sont nos ennemis", a-t-il dit.

Le président Rivlin, dont la fonction est quasi symbolique, jouera un rôle politique clé en désignant celui qui sera chargé de former le gouvernement.

Le président israélien devrait désigner un candidat pour tenter de former un gouvernement mercredi, lorsque les résultats définitifs des élections lui seront communiqués.

Celui qu'il choisira aura alors 28 jours pour le faire, avec une possible prolongation de deux semaines.

Si toutes les tentatives échouent, Reuven Rivlin pourra alors décider d'attribuer la tâche à quelqu'un d'autre.

Il a promis de tout faire pour éviter un troisième scrutin. En avril, des législatives s'étaient déjà terminées sans vainqueur et M. Netanyahu n'avait pas été en mesure de former une coalition, conduisant à l'organisation du scrutin de 17 septembre dernier.