Pour commémorer l'assaut contre le Congrès, une minute de silence avait été convoquée dans l'hémicycle de la Chambre des représentants. A gauche, des démocrates par dizaines condamnent l'attaque menée par les partisans de Donald Trump. A droite, au milieu des rangées de fauteuils désertés, seulement deux républicains. Dick Cheney, l'ancien vice-président de Bush, est là, la main sur le coeur.

Bush, Cheney, Powell

On demande à ce néoconservateur, pas franchement connu pour sa proximité avec le camp adverse, pourquoi tous les autres républicains ont snobé les commémorations du 6 janvier, un assaut pourtant quasi unanimement dénoncé à l'époque. Il soupire: "ce n'est pas le genre de leadership que j'ai connu quand j'étais ici pendant dix ans." La classe politique s'enflamme. Lui, l'une des forces motrices derrière l'invasion américaine en Irak, critique du Parti républicain? L'octogénaire aux lunettes rondes, campé en 2018 dans le film "Vice", devient pour un très bref instant un allié chez les démocrates.

D'un point de vue politique, "ce qu'a fait Dick Cheney est remarquable", affirme à l'AFP Allan Lichtman, professeur à l'American University à Washington. La mainmise de Donald Trump sur les républicains a tellement tiré le parti vers la droite, affirme l'expert, qu'elle a permis à ces républicains, qui avaient précipité les Etats-Unis dans des guerres sans fin, d'être réhabilités. George W. Bush, fortement critiqué pour "sa guerre contre le terrorisme", se réinvente en défenseur de l'immigration; Colin Powell, l'homme qui assurait devant l'ONU détenir la preuve d'armes chimiques en Irak, acclamé comme un brillant officier militaire après sa mort... En critiquant Trump, ces hommes ont redoré leur blason. Mais si de vieux loups de la politique maintenant retraités osent rompre avec le silence du "Grand Old Party", prévient le professeur, c'est qu'au fond ils ne risquent pas grand-chose.

Pour l'histoire

Celle qui a bien plus à perdre? L'autre républicaine présente à la minute de silence ce jeudi 6 janvier 2022: Liz Cheney, élue du Wyoming et par ailleurs fille de Dick. Cette héritière d'une droite traditionaliste, un temps anti-mariage pour tous malgré une soeur lesbienne, s'est elle aussi transformée en porte-voix des rares républicains anti-Trump.

Après avoir voté pour la destitution à laquelle l'ex-président a finalement échappé, Liz Cheney est devenue l'une de deux élus républicains à avoir accepté de participer à la commission d'enquête parlementaire qui cherche à faire la lumière sur les responsabilités dans l'assaut du Capitole. "Elle met sa propre carrière politique en péril", dit Allan Lichtman. "On se souviendra d'elle comme d'une voix forte, de principe, mais presque solitaire au sein du Parti républicain."

De fait, Liz Cheney est devenue la bête noire de Donald Trump, une de ses plus grandes ennemies républicaines au Congrès américain. L'ancien président ne ménage pas les coups. L'homme d'affaires multiplie les communiqués acerbes contre cette femme "déloyale et belliciste" et a annoncé en septembre soutenir sa rivale à une primaire républicaine pour l'empêcher de se faire réélire. Ce scrutin dans le Wyoming promet d'être l'un des plus surveillés des élections de mi-mandat.

Pour commémorer l'assaut contre le Congrès, une minute de silence avait été convoquée dans l'hémicycle de la Chambre des représentants. A gauche, des démocrates par dizaines condamnent l'attaque menée par les partisans de Donald Trump. A droite, au milieu des rangées de fauteuils désertés, seulement deux républicains. Dick Cheney, l'ancien vice-président de Bush, est là, la main sur le coeur.On demande à ce néoconservateur, pas franchement connu pour sa proximité avec le camp adverse, pourquoi tous les autres républicains ont snobé les commémorations du 6 janvier, un assaut pourtant quasi unanimement dénoncé à l'époque. Il soupire: "ce n'est pas le genre de leadership que j'ai connu quand j'étais ici pendant dix ans." La classe politique s'enflamme. Lui, l'une des forces motrices derrière l'invasion américaine en Irak, critique du Parti républicain? L'octogénaire aux lunettes rondes, campé en 2018 dans le film "Vice", devient pour un très bref instant un allié chez les démocrates.D'un point de vue politique, "ce qu'a fait Dick Cheney est remarquable", affirme à l'AFP Allan Lichtman, professeur à l'American University à Washington. La mainmise de Donald Trump sur les républicains a tellement tiré le parti vers la droite, affirme l'expert, qu'elle a permis à ces républicains, qui avaient précipité les Etats-Unis dans des guerres sans fin, d'être réhabilités. George W. Bush, fortement critiqué pour "sa guerre contre le terrorisme", se réinvente en défenseur de l'immigration; Colin Powell, l'homme qui assurait devant l'ONU détenir la preuve d'armes chimiques en Irak, acclamé comme un brillant officier militaire après sa mort... En critiquant Trump, ces hommes ont redoré leur blason. Mais si de vieux loups de la politique maintenant retraités osent rompre avec le silence du "Grand Old Party", prévient le professeur, c'est qu'au fond ils ne risquent pas grand-chose.Celle qui a bien plus à perdre? L'autre républicaine présente à la minute de silence ce jeudi 6 janvier 2022: Liz Cheney, élue du Wyoming et par ailleurs fille de Dick. Cette héritière d'une droite traditionaliste, un temps anti-mariage pour tous malgré une soeur lesbienne, s'est elle aussi transformée en porte-voix des rares républicains anti-Trump.Après avoir voté pour la destitution à laquelle l'ex-président a finalement échappé, Liz Cheney est devenue l'une de deux élus républicains à avoir accepté de participer à la commission d'enquête parlementaire qui cherche à faire la lumière sur les responsabilités dans l'assaut du Capitole. "Elle met sa propre carrière politique en péril", dit Allan Lichtman. "On se souviendra d'elle comme d'une voix forte, de principe, mais presque solitaire au sein du Parti républicain."De fait, Liz Cheney est devenue la bête noire de Donald Trump, une de ses plus grandes ennemies républicaines au Congrès américain. L'ancien président ne ménage pas les coups. L'homme d'affaires multiplie les communiqués acerbes contre cette femme "déloyale et belliciste" et a annoncé en septembre soutenir sa rivale à une primaire républicaine pour l'empêcher de se faire réélire. Ce scrutin dans le Wyoming promet d'être l'un des plus surveillés des élections de mi-mandat.