C'est au milieu de la mer Baltique, à 160km des côtes de Stockholm, que des archéologues marins ont découvert l'épave d'un bateau de la Renaissance située à 120 mètres de profondeur. "On dirait qu'elle a coulé hier - les mâts sont en place et la coque est intacte", s'émerveille Rodrigo Pacheco-Ruiz de la société suédoise de recherche sous-marine (MMT) dans le Svenska Dagbladet. Les scientifiques pensent que l'excellent état du bateau s'explique par l'absence de lumière, le faible taux d'oxygène ainsi que la basse température de l'eau qui dissuadent les animaux marins de s'aventurer dans cette zone.

En 2009, l'Administration maritime suédoise a localisé l'épave grâce à un sonar, mais ce n'est qu'au début de l'année que les chercheurs ont découvert le trésor gisant au fond de l'eau. Grâce à un robot sous-marin du MMT, les chercheurs ont acquis plus de détails sur le bateau. En janvier dernier, le robot a filmé la carcasse et les archéologues ont déjà pu constater son exceptionnelle conservation. Il est considéré par les chercheurs "comme le navire le mieux conservé de l'époque de Christophe Colomb, de Jean Cabot et de Vasco de Gama", relate le quotidien suédois.

Le navire, mesurant 16m de long, a été construit entre 1490 et 1550. Les canons sont quant à deux datés des années 1520. Un canon mobile, une barque et une partie du gréement (ensemble du matériel nécessaire à la manoeuvre d'un navire à voile) se trouvent toujours à bord. La présence de tout cet équipement renforce le caractère exceptionnel de la découverte.

Il est encore impossible de déterminer à quel pays appartient ce bateau. Les archéologues marins penchent cependant pour un pays du nord de l'Europe, comme la Suède ou le Danemark. Il est également encore trop tôt pour déterminer la fonction du navire. Il aurait très bien pu transporter soit des marchandises, soit des personnes, ou servir à la guerre malgré sa petite taille.

La raison du naufrage sera sans doute le mystère le plus difficile à éclaircir pour les chercheurs. Les dommages aperçus à l'arrière de la coque ne semblent pas avoir été causés par une attaque mais par la corrosion des métaux dans l'eau de mer. Les archéologues marins lancent différentes hypothèses : abandon du navire, équipage malade, ...

Les recherches se poursuivront en septembre prochain. Un prélèvement de bois sera analysé à Stockholm pour déterminé avec plus de précision l'âge du bateau. Les archéologues ont bon espoir de retrouver à l'intérieur du tissu, des cartes et documents, voire les squelettes des marins noyés.

Loreline Dubuisson