Ce retraité de Kissimmee, près d'Orlando dans le centre de la Floride, se définit comme un chrétien pieux qui croit au "capitalisme compatissant". Il ne s'est pas éloigné du parti conservateur. Mais du président, oui.

"Il ne semble pas se soucier de la vérité, et la vérité est très importante pour moi", explique M. Farr, qui se dit frustré par la politique internationale du milliardaire new-yorkais, et par sa "vanité", qui l'empêcherait d'écouter ses conseillers.

Lorsque le locataire de la Maison Blanche s'est donné une note de "10 sur 10" pour sa gestion de la pandémie de coronavirus, Jim Farr a pensé que "cela aurait fait une bonne blague, si la situation était drôle. Mais ce n'est pas le cas".

Tout cela poussera cet électeur de Floride, un Etat-clé du pays dont le vote lors de l'élection présidentielle est capital pour l'issue du scrutin, à voter pour le démocrate Joe Biden en novembre.

Après tout, l'ancien vice-président de Barack Obama "semble être une personne convenable". Et, signe que M. Farr ne peut plus voir le président Trump en peinture, il craint moins de voter - malgré ses convictions religieuses - pour un candidat qui soutient le droit à l'avortement, que de voir "Trump tout faire tout seul, en faisant passer ses propres intérêts avant les besoins du pays".

Avec la pandémie de coronavirus, Jim Farr n'est pas le seul Floridien à changer son fusil d'épaule. Certains signes suggèrent que de plus en plus de retraités du "Sunshine State" qui ont voté Trump en 2016 envisagent de changer (temporairement) de camp.

Selon un sondage Quinnipiac du 23 juillet, Joe Biden aurait trois points d'avance sur Donald Trump dans cette tranche d'âge.

Un problème sérieux pour le président en exercice, car c'est cette catégorie démographique qui lui a donné la victoire en 2016 dans cet Etat, où 57% des personnes de plus de 65 ans ont voté pour lui.

A quelques voix près

Un autre problème pour le milliardaire réside dans le fait que ses partisans les plus fidèles sont précisément les plus touchés par le virus.

null, Belga
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Randy Pestana, expert en politique électorale à la Florida International University, estime que le revirement pour un vote Biden est bien "une tendance". Les personnes les plus vulnérables face au virus "commencent à voir que la réponse du gouvernement Trump n'a pas été bonne". En conséquence, "l'économie n'est pas bonne et leur retraite n'est pas bonne non plus. Et, accessoirement, leur santé est en danger", explique-t-il à l'AFP.

"Beaucoup de républicains qui ont voté pour Trump en ont marre. Chaque jour il se passe quelque chose de nouveau, un autre tweet, etc", ajoute Randy Pestana.

L'élu démocrate Ted Deutch, qui représente au Congrès à Washington l'un des districts de Floride avec la plus forte concentration de retraités, explique à l'AFP que "la politique de Donald Trump a été désastreuse sur toutes les questions qui préoccupent les personnes âgées". En outre, "son incapacité à répondre à la pandémie a été fatale aux Américains les plus âgés".

Les élections en Floride, où il est impossible de prédire dans quelle direction le vent va tourner, sont généralement décidées par des marges minimes, qui tiennent la nation entière en haleine. Par conséquent, chaque vote compte et les défections d'électeurs peuvent être importantes.

Personne n'oublie qu'en 2000, une différence de 537 voix a envoyé le républicain George W. Bush à la Maison Blanche.

"Je ne m'attendrais pas à un exode électoral massif de retraités républicains blancs, mais même un petit changement pourrait influencer le résultat", explique à l'AFP Michael Binder, professeur de sciences politiques à l'Université de Floride du Nord.

Et en raison du système électoral complexe aux Etats-Unis, Donald Trump a besoin des 29 votes des grands électeurs de Floride pour rester au pouvoir.

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Ce retraité de Kissimmee, près d'Orlando dans le centre de la Floride, se définit comme un chrétien pieux qui croit au "capitalisme compatissant". Il ne s'est pas éloigné du parti conservateur. Mais du président, oui."Il ne semble pas se soucier de la vérité, et la vérité est très importante pour moi", explique M. Farr, qui se dit frustré par la politique internationale du milliardaire new-yorkais, et par sa "vanité", qui l'empêcherait d'écouter ses conseillers.Lorsque le locataire de la Maison Blanche s'est donné une note de "10 sur 10" pour sa gestion de la pandémie de coronavirus, Jim Farr a pensé que "cela aurait fait une bonne blague, si la situation était drôle. Mais ce n'est pas le cas".Tout cela poussera cet électeur de Floride, un Etat-clé du pays dont le vote lors de l'élection présidentielle est capital pour l'issue du scrutin, à voter pour le démocrate Joe Biden en novembre.Après tout, l'ancien vice-président de Barack Obama "semble être une personne convenable". Et, signe que M. Farr ne peut plus voir le président Trump en peinture, il craint moins de voter - malgré ses convictions religieuses - pour un candidat qui soutient le droit à l'avortement, que de voir "Trump tout faire tout seul, en faisant passer ses propres intérêts avant les besoins du pays". Avec la pandémie de coronavirus, Jim Farr n'est pas le seul Floridien à changer son fusil d'épaule. Certains signes suggèrent que de plus en plus de retraités du "Sunshine State" qui ont voté Trump en 2016 envisagent de changer (temporairement) de camp.Selon un sondage Quinnipiac du 23 juillet, Joe Biden aurait trois points d'avance sur Donald Trump dans cette tranche d'âge. Un problème sérieux pour le président en exercice, car c'est cette catégorie démographique qui lui a donné la victoire en 2016 dans cet Etat, où 57% des personnes de plus de 65 ans ont voté pour lui.Un autre problème pour le milliardaire réside dans le fait que ses partisans les plus fidèles sont précisément les plus touchés par le virus. Randy Pestana, expert en politique électorale à la Florida International University, estime que le revirement pour un vote Biden est bien "une tendance". Les personnes les plus vulnérables face au virus "commencent à voir que la réponse du gouvernement Trump n'a pas été bonne". En conséquence, "l'économie n'est pas bonne et leur retraite n'est pas bonne non plus. Et, accessoirement, leur santé est en danger", explique-t-il à l'AFP."Beaucoup de républicains qui ont voté pour Trump en ont marre. Chaque jour il se passe quelque chose de nouveau, un autre tweet, etc", ajoute Randy Pestana.L'élu démocrate Ted Deutch, qui représente au Congrès à Washington l'un des districts de Floride avec la plus forte concentration de retraités, explique à l'AFP que "la politique de Donald Trump a été désastreuse sur toutes les questions qui préoccupent les personnes âgées". En outre, "son incapacité à répondre à la pandémie a été fatale aux Américains les plus âgés".Les élections en Floride, où il est impossible de prédire dans quelle direction le vent va tourner, sont généralement décidées par des marges minimes, qui tiennent la nation entière en haleine. Par conséquent, chaque vote compte et les défections d'électeurs peuvent être importantes.Personne n'oublie qu'en 2000, une différence de 537 voix a envoyé le républicain George W. Bush à la Maison Blanche."Je ne m'attendrais pas à un exode électoral massif de retraités républicains blancs, mais même un petit changement pourrait influencer le résultat", explique à l'AFP Michael Binder, professeur de sciences politiques à l'Université de Floride du Nord.Et en raison du système électoral complexe aux Etats-Unis, Donald Trump a besoin des 29 votes des grands électeurs de Floride pour rester au pouvoir.