Il n'a jamais été aussi près d'admettre sa défaite: Donald Trump a finalement donné son feu vert au processus de transfert du pouvoir à Joe Biden, qui avait commencé, sans l'attendre, à dessiner son gouvernement. Après plus de deux semaines d'un refus sans précédent dans l'histoire politique américaine, Donald Trump s'est toutefois encore gardé de reconnaître directement la victoire du démocrate. Il a promis sur Twitter de poursuivre un "juste combat" alors qu'il multiplie les recours en justice, sans succès, pour tenter de démontrer des fraudes lors du scrutin présidentiel du 3 novembre. Et "je crois que nous triompherons", a-t-il affirmé.
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Il n'a jamais été aussi près d'admettre sa défaite: Donald Trump a finalement donné son feu vert au processus de transfert du pouvoir à Joe Biden, qui avait commencé, sans l'attendre, à dessiner son gouvernement. Après plus de deux semaines d'un refus sans précédent dans l'histoire politique américaine, Donald Trump s'est toutefois encore gardé de reconnaître directement la victoire du démocrate. Il a promis sur Twitter de poursuivre un "juste combat" alors qu'il multiplie les recours en justice, sans succès, pour tenter de démontrer des fraudes lors du scrutin présidentiel du 3 novembre. Et "je crois que nous triompherons", a-t-il affirmé."Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis." Le 20 janvier prochain sera une nouvelle journée historique outre-Atlantique, avec la prestation de serment du président élu, main gauche sur la Bible, main droite levée. Onze semaines séparent l'Election Day de l'Inauguration Day. A mi-parcours, le 8 décembre, tout le contentieux électoral doit être clôturé. Puis, le 14 décembre, les grands électeurs se réuniront pour élire officiellement le président et sa vice-présidente, qui devront encore attendre plus d'un mois leur entrée en fonction. "Cette période laisse le temps à l'équipe du président sortant de transmettre tous les dossiers à celle du vainqueur des élections", explique Serge Jaumain, professeur d'histoire contemporaine à l'ULB. "Ces semaines-là permettent de constituer le cabinet du futur président, de nommer ses principaux collaborateurs, de pourvoir aux fonctions supérieures de l'administration et des agences fédérales, précise Michel Liégeois, professeur de relations internationales à l'UCLouvain. Le nouvel appareil administratif doit être opérationnel dès l'entrée à la Maison-Blanche du président élu. Quand la victoire change de camp, des milliers de fonctionnaires sont à remplacer à Washington, tout comme les ambassadeurs américains, qui ne sont pas des diplomates de carrière, mais des politiciens et hommes d'affaires proches du président." En 2016, avant sa victoire, Donald Trump, qui ne pensait pas gagner les élections, a tardé à mettre en place une cellule chargée de préparer la transition. Il estimait que cela coûtait trop cher. La cellule a été réduite au minimum, a révélé le reporter Bob Woodward, en 2018, dans son livre-enquête Peur. Trump à la Maison-Blanche (Seuil, 2018) "Voilà pourquoi, une fois à la Maison-Blanche, Trump a manqué d'experts sur les dossiers en cours et la nomination de hauts fonctionnaires et d'ambassadeurs a été tardive et laborieuse, reprend Michel Liégeois. D'autant qu'il a choisi des nouveaux venus peu rompus à la mécanique institutionnelle fédérale." Pendant la période de transition, de quels pouvoirs dispose encore le président sortant battu dans les urnes? "Il reste pleinement président, répond Serge Jaumain. En janvier 2017, à quelques jours de la passation de pouvoir, Barack Obama a gracié l'ex-soldat et lanceuse d'alerte transgenre Chelsea Manning, qui avait écopé de trente-cinq ans de prison dans l'affaire WikiLeaks. Le président sortant qui a perdu les élections n'a plus de légitimité populaire, mais avec Trump, il faut s'attendre à tout. Ses décisions doivent toutefois être confirmées par le Congrès." Michel Liégeois confirme: "Le président sortant est politiquement affaibli s'il a perdu les élections. Il peut difficilement imposer ses vues au pouvoir législatif, que ce soit pour des nominations, des décisions ou l'octroi de subsides. Sa marge de manoeuvre pour négocier des arrangements avec un élu est étroite puisqu'il est sur le départ. Son pouvoir législatif est très diminué, mais son pouvoir exécutif reste entier et il est pleinement président en cas de crise."