Plusieurs ouvrages peu flatteurs sont déjà sortis sur le 45e président des Etats-Unis. Pour celui-ci qui sortira le 11 septembre, les répercussions sur la réputation de Donald Trump seront d'autant plus importantes. En effet, Bob Woodward emblématique journaliste d'investigation au Washington Post est célèbre à travers le monde pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate qui a contraint Richard Nixon à la démission. À 75 ans, Bob Woodward est toujours considéré comme la bête noire des présidents américains. Il a déjà tancé dans ses ouvrages récents Barack Obama et Georges W. Bush. Le Washington Post a obtenu une copie de son livre intitulé "Fear: Trump in the White House" dont la sortie est prévue le 11 septembre. A quelques semaines des élections législatives de mi-mandat, le quotidien américain en a publié mardi de nombreux extraits.

Des documents subtilisés pour éviter les incidents diplomatiques

On y apprend que les proches conseillers du Président usent et abusent de subterfuges pour éviter les incidents diplomatiques. Certains en viennent même à devoir subtiliser du bureau ovale, et cela sans que Donald Trump ne le remarque, des rapports et documents qu'il doit signer. Leur objectif : éviter les faux pas diplomatiques aux répercussions incommensurables.

Ainsi, Bob Woodward donne l'exemple de Gary Cohn, qui fut un des principaux conseillers économiques du président. Ce dernier aurait subtilisé une lettre sur le bureau de Trump que ce dernier était censé signer pour mettre officiellement fin à un accord commercial avec la Corée du Sud. En dépit des menaces répétées de Trump de s'en retirer, l'accord tient toujours. On en connaît maintenant la raison...Cohn a ensuite expliqué à un proche qu'il l'avait fait au nom de la sécurité nationale et que le magnat de l'immobilier n'avait jamais remarqué qu'elle était manquante. Il aurait récidivé pour sauver l'ALENA, l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique.

"Tuons-le bordel! Allons-y! Comment Trump a ordonné l'assassinat de Bachar el-Assad

Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l'attaque chimique d'avril 2017, attribuée au régime du président syrien Bachar al-Assad (bilan : 87 morts dont 30 enfants), Donald Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu'il souhaitait l'assassiner. "Tuons-le bordel! Allons-y! On leur rentre dedans et on les bute", aurait-il déclaré. Après avoir raccroché, Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit: "Nous n'allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés". Finalement, le 6 avril, Donald Trump a ordonné des frappes militaires contre une base de l'armée syrienne près de Homs. Quelque 59 missiles Tomahawk ont été tirés depuis un porte-avions stationné en mer Méditerranée. Une approche beaucoup plus conventionnelle.

"C'est un idiot, on est chez les fous"

Woodward explique aussi dans son ouvrage comment le personnel de la Maison Blanche voit le président. A l'issue d'une rencontre entre Trump et son équipe de sécurité nationale sur la présence militaire sur la péninsule coréenne, le ministre de la Défense, Jim Mattis, particulièrement exaspéré, aurait dit à des proches que le président se comportait comme un "élève de CM2 ou de 6e" (10 à 11 ans, NDLR).

Le livre décrit aussi longuement la frustration récurrente de John Kelly, ancien général de la guerre d'Irak bombardé au poste de chef de cabinet de la Maison Blanche, traditionnellement l'homme le plus proche du président au sein de la "West Wing". Lors d'une réunion en petit comité, il aurait ainsi affirmé, à propos de Donald Trump: "C'est un idiot. C'est inutile d'essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a complètement déraillé. On est chez les fous. Je ne sais même pas ce que nous faisons là. C'est le pire boulot que j'aie jamais eu".

Un président irascible

Des extraits publiés par le Washington Post se dégage aussi l'image d'un président irascible qui s'en prend à ses collaborateurs avec une violence peu commune. "Je ne vous fais pas confiance. Je ne veux plus que vous meniez des négociations (...) Vous avez fait votre temps", aurait-il ainsi affirmé au secrétaire au Commerce Wilbur Ross, de huit ans son ainé.

Objet récurrent du mépris présidentiel, le ministre de la Justice Jeff Sessions est aussi traité sans ménagement. "Ce type est mentalement retardé. C'est un abruti du Sud", aurait affirmé Trump à l'un de ses conseillers, Rob Porter.

"C'est juste un mauvais livre de plus"

L'enquête du procureur spécial Robert Mueller, centrée sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie, occupe une place de choix dans le livre.

Woodward raconte comment John Dowd, ancien avocat de Trump qui a depuis jeté l'éponge, a tenté de convaincre le président de ne pas témoigner, ce qu'il avait envisagé de faire. "Je ne vais pas rester les bras croisés et le laisser passer pour un idiot", aurait déclaré sans détour l'avocat à M. Mueller pour expliquer sa réticence.

L'auteur affirme avoir cherché, sans succès, à interroger M. Trump pour ce livre. Il précise que le locataire de la Maison Blanche l'a appelé mi-août, alors que le manuscrit était terminé.

Le Washington Post publie l'enregistrement de la conversation entre les deux hommes au cours de laquelle M. Trump affirme que personne ne lui a fait passer le message du journaliste et assure qu'il aurait "adoré lui parler". "Vous savez que je fais un travail extraordinaire pour le pays (...) Vous comprenez tout ça ? Enfin j'espère", lance-t-il au milieu de cet étonnant échange.

Habitué à discréditer les médias et à parler de "fake news", le président a réagi dans un entretien au Daily Caller en ces termes : "C'est juste un mauvais livre de plus". Il y dénonce des histoires colportées par d'anciens membres de son équipe mécontents ou "tout simplement inventées par l'auteur", il a accusé ce dernier, sans éléments concrets pour étayer ses dires, d'avoir eu "beaucoup de problèmes de crédibilité".

Sur le compte Twitter @potus, Sarah Sanders, la Porte-parole de la Maison-Blanche a publié des déclarations réfutant les dires de Woodward.

Sur le compte Twitter du président, @realdonaldtrump, ce dernier met à mal les propos du journaliste, tout comme James Mattis.

John Kelly y donne notamment sa version des faits, déclarant n'avoir jamais traité le président d'"idiot" et d'entretenir une relation "candide et forte" avec lui.

Ce lundi 3 septembre, les éditions du Seuil ont annoncé avoir acquis les droits du livre et comptent le sortir en France "le plus tôt possible", a indiqué la maison d'édition à l'AFP. Il sera intitulé "Crainte".

Plusieurs ouvrages peu flatteurs sont déjà sortis sur le 45e président des Etats-Unis. Pour celui-ci qui sortira le 11 septembre, les répercussions sur la réputation de Donald Trump seront d'autant plus importantes. En effet, Bob Woodward emblématique journaliste d'investigation au Washington Post est célèbre à travers le monde pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate qui a contraint Richard Nixon à la démission. À 75 ans, Bob Woodward est toujours considéré comme la bête noire des présidents américains. Il a déjà tancé dans ses ouvrages récents Barack Obama et Georges W. Bush. Le Washington Post a obtenu une copie de son livre intitulé "Fear: Trump in the White House" dont la sortie est prévue le 11 septembre. A quelques semaines des élections législatives de mi-mandat, le quotidien américain en a publié mardi de nombreux extraits. On y apprend que les proches conseillers du Président usent et abusent de subterfuges pour éviter les incidents diplomatiques. Certains en viennent même à devoir subtiliser du bureau ovale, et cela sans que Donald Trump ne le remarque, des rapports et documents qu'il doit signer. Leur objectif : éviter les faux pas diplomatiques aux répercussions incommensurables. Ainsi, Bob Woodward donne l'exemple de Gary Cohn, qui fut un des principaux conseillers économiques du président. Ce dernier aurait subtilisé une lettre sur le bureau de Trump que ce dernier était censé signer pour mettre officiellement fin à un accord commercial avec la Corée du Sud. En dépit des menaces répétées de Trump de s'en retirer, l'accord tient toujours. On en connaît maintenant la raison...Cohn a ensuite expliqué à un proche qu'il l'avait fait au nom de la sécurité nationale et que le magnat de l'immobilier n'avait jamais remarqué qu'elle était manquante. Il aurait récidivé pour sauver l'ALENA, l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique. Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l'attaque chimique d'avril 2017, attribuée au régime du président syrien Bachar al-Assad (bilan : 87 morts dont 30 enfants), Donald Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu'il souhaitait l'assassiner. "Tuons-le bordel! Allons-y! On leur rentre dedans et on les bute", aurait-il déclaré. Après avoir raccroché, Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit: "Nous n'allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés". Finalement, le 6 avril, Donald Trump a ordonné des frappes militaires contre une base de l'armée syrienne près de Homs. Quelque 59 missiles Tomahawk ont été tirés depuis un porte-avions stationné en mer Méditerranée. Une approche beaucoup plus conventionnelle.Woodward explique aussi dans son ouvrage comment le personnel de la Maison Blanche voit le président. A l'issue d'une rencontre entre Trump et son équipe de sécurité nationale sur la présence militaire sur la péninsule coréenne, le ministre de la Défense, Jim Mattis, particulièrement exaspéré, aurait dit à des proches que le président se comportait comme un "élève de CM2 ou de 6e" (10 à 11 ans, NDLR).Le livre décrit aussi longuement la frustration récurrente de John Kelly, ancien général de la guerre d'Irak bombardé au poste de chef de cabinet de la Maison Blanche, traditionnellement l'homme le plus proche du président au sein de la "West Wing". Lors d'une réunion en petit comité, il aurait ainsi affirmé, à propos de Donald Trump: "C'est un idiot. C'est inutile d'essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a complètement déraillé. On est chez les fous. Je ne sais même pas ce que nous faisons là. C'est le pire boulot que j'aie jamais eu".Des extraits publiés par le Washington Post se dégage aussi l'image d'un président irascible qui s'en prend à ses collaborateurs avec une violence peu commune. "Je ne vous fais pas confiance. Je ne veux plus que vous meniez des négociations (...) Vous avez fait votre temps", aurait-il ainsi affirmé au secrétaire au Commerce Wilbur Ross, de huit ans son ainé.Objet récurrent du mépris présidentiel, le ministre de la Justice Jeff Sessions est aussi traité sans ménagement. "Ce type est mentalement retardé. C'est un abruti du Sud", aurait affirmé Trump à l'un de ses conseillers, Rob Porter.L'enquête du procureur spécial Robert Mueller, centrée sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie, occupe une place de choix dans le livre.Woodward raconte comment John Dowd, ancien avocat de Trump qui a depuis jeté l'éponge, a tenté de convaincre le président de ne pas témoigner, ce qu'il avait envisagé de faire. "Je ne vais pas rester les bras croisés et le laisser passer pour un idiot", aurait déclaré sans détour l'avocat à M. Mueller pour expliquer sa réticence.L'auteur affirme avoir cherché, sans succès, à interroger M. Trump pour ce livre. Il précise que le locataire de la Maison Blanche l'a appelé mi-août, alors que le manuscrit était terminé.Le Washington Post publie l'enregistrement de la conversation entre les deux hommes au cours de laquelle M. Trump affirme que personne ne lui a fait passer le message du journaliste et assure qu'il aurait "adoré lui parler". "Vous savez que je fais un travail extraordinaire pour le pays (...) Vous comprenez tout ça ? Enfin j'espère", lance-t-il au milieu de cet étonnant échange.Habitué à discréditer les médias et à parler de "fake news", le président a réagi dans un entretien au Daily Caller en ces termes : "C'est juste un mauvais livre de plus". Il y dénonce des histoires colportées par d'anciens membres de son équipe mécontents ou "tout simplement inventées par l'auteur", il a accusé ce dernier, sans éléments concrets pour étayer ses dires, d'avoir eu "beaucoup de problèmes de crédibilité". Sur le compte Twitter @potus, Sarah Sanders, la Porte-parole de la Maison-Blanche a publié des déclarations réfutant les dires de Woodward. Sur le compte Twitter du président, @realdonaldtrump, ce dernier met à mal les propos du journaliste, tout comme James Mattis. John Kelly y donne notamment sa version des faits, déclarant n'avoir jamais traité le président d'"idiot" et d'entretenir une relation "candide et forte" avec lui.Ce lundi 3 septembre, les éditions du Seuil ont annoncé avoir acquis les droits du livre et comptent le sortir en France "le plus tôt possible", a indiqué la maison d'édition à l'AFP. Il sera intitulé "Crainte".