Depuis le 8 août 2017, on est sans nouvelle de Zelimkhan Bakaev, un chanteur russe de 26 ans. Date à laquelle la star pop se rend à Grozny, sa ville natale, pour le mariage de sa soeur. Trois heures après son arrivée en ville, il est interpellé par la police. Des témoins affirment, selon la chaîne de télévision russe indépendante Dozhd, l'avoir encore vu entouré de personne en uniforme dans le centre-ville.
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Depuis le 8 août 2017, on est sans nouvelle de Zelimkhan Bakaev, un chanteur russe de 26 ans. Date à laquelle la star pop se rend à Grozny, sa ville natale, pour le mariage de sa soeur. Trois heures après son arrivée en ville, il est interpellé par la police. Des témoins affirment, selon la chaîne de télévision russe indépendante Dozhd, l'avoir encore vu entouré de personne en uniforme dans le centre-ville. Une très étrange vidéo Deux jours plus tard, ses proches reçoivent un message sur WhatsApp leur expliquant qu'il va bien, mais qu'il est retourné à Moscou et compte se rendre au Canada. Le 18 août, sa mère, inquiète et toujours sans nouvelles, signale pourtant sa disparition. Une plainte qui restera sans suite, sur l'ordre du ministère tchétchène de l'Intérieur, on refuse d'ouvrir une enquête. Dans le même temps, une étrange vidéo est publiée sur YouTube le 24 août. Elle montre un homme, censé être Bakaev, chantonner dans un appartement prétendument berlinois. L'authenticité de cette vidéo est d'emblée remise en question par de nombreux observateurs. Meubles, boissons, prises électriques, tout ce que l'on voit apparaître dans cet extrait d'une trentaine de secondes vient de Russie et même plus spécifiquement de Tchétchénie. Par ailleurs, l'identité même de l'homme que l'on voit pose question. Pour des militants LGBT il s'agit simplement d'un montage et de tentative de manipulation. Une thèse renforcée par le fait que le jeune homme n'avait pas de visas pour l'espace Schengen, voire pas de passeport du tout. Une photo postée sur Instagram le 15 août serait également une tentative pour masquer sa disparition.Selon le site américain NewNowNext, proche de la communauté LGBT, Bakaev aurait été torturé dans un camp en Tchétchénie et serait mort 10 heures après son arrestation. Les autorités tchétchènes réfutent quant à elle toute implication dans la disparition du jeune homme. Elles affirment que le chanteur a simplement quitté le pays. Le fondateur d'Urgence Tchétchénie, qui recueille de jeunes homosexuels tchétchènes, tempère quelque peu dans les colonnes du Parisien : "Sa disparition est confirmée, mais on ne peut pas se prononcer sur son décès. Rien ne confirme non plus qu'il a été arrêté à cause de son homosexualité qui n'a jamais été révélée."L'enfer des violences policières en Tchétchénie République du Caucase russe très conservatrice et tenue d'une main de fer par Ramzan Kadyrov, un protégé de Poutine, la Tchétchénie est depuis plusieurs mois le cadre d'une chasse aux homosexuels. Tabassage, humiliations et menaces de mort, les violences policières sont légion envers les homosexuels. On estime qu'une centaine de personnes, soupçonnée d'homosexualité, ont été enlevées avant d'être torturées. Des interrogatoires sanglants auxquels le président du parlement tchétchène aurait lui-même participé. Des révélations sur les persécutions subies par les homosexuels dans cette région à majorité musulmane sont apparues pour la première fois dans la presse russe, et en particulier dans le journal indépendant Novaïa Gazeta, dans le courant du mois de mars. Une enquête avait alors été ouverte par le parquet général russe, mais les enquêteurs disaient à l'époque n'avoir reçu "aucune plainte officielle" de victimes. Cependant, les choses changent. Une première plainte officielleIl y a deux semaines, Maxime Lapounov, 30 ans et originaire d'Omsk en Sibérie, sera le premier à porter plainte. Il témoigne également à visage découvert. Une autre première. "L'accusation principale contre moi était d'être homosexuel", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse. Il dit travaillé en Tchétchénie depuis 2015, vendant notamment des ballons près d'un centre commercial à Grozny, la capitale tchétchène. Il affirme avoir été arrêté le 16 mars par des personnes en civil et emmené vers un poste de police où il a passé 12 jours dans une cellule. "Toutes les 10 ou 15 minutes, des policiers venaient dans ma cellule en me disant que j'étais gay et qu'il fallait tuer des gens comme moi", affirme M. Lapounov, qui dit avoir ensuite été "battu très longtemps avec des bâtons (...) sur les jambes, les cuisses, les fesses et le dos". "Ils se comportaient de manière très agressive, cruelle, en m'humiliant et m'insultant", assure-t-il, en affirmant avoir entendu quotidiennement "les cris et les demandes de grâce" des autres homosexuels arrêtés et torturés selon lui par la police.Maxime Lapounov affirme avoir été contraint de laisser ses empreintes sur une arme et admettre dans une vidéo qu'il était homosexuel, avant d'être libéré le 28 mars et de quitter la Tchétchénie.