"Il est important de voir ce que l'on peut faire maintenant pour éviter une crise humanitaire" en Afghanistan, car "c'est le meilleur moyen d'éviter une crise migratoire", a expliqué la commissaire aux Affaires intérieures et à la Migration Ylva Johansson à l'issue de la réunion. "Nous devons soutenir les Afghans et l'Afghanistan", entre autres via un soutien au personnel de l'ONU (et de ses agences) présent sur place, a-t-elle insisté.

Dans une déclaration commune, les 27 mettent l'accent sur l'action nécessaire sur place, prioritairement en Afghanistan et dans les pays voisins, pour venir en aide aux "populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants". C'est dans les environs immédiats du pays en crise que les conditions doivent être réunies pour accueillir en sécurité de futurs migrants afghans, insistent les Etats membres de l'UE, qui veulent à tout prix éviter un scénario similaire à celui de 2015.

Des initiatives internationales plus larges de réinstallation des populations vulnérables seront toutefois inévitables, y compris dans l'UE. Certains ministres ont d'ailleurs appelé à s'engager avec détermination dans cette voie. Mais ni la commissaire européenne suédoise ni le ministre slovène de l'Intérieur, qui présidait la réunion, n'ont voulu avancer des chiffres. Cela se fera sur "base volontaire", vu que le nouveau "pacte asile et migration" reste en chantier. Dès le mois prochain, un "forum de haut niveau" sur la réinstallation sera convoqué, a annoncé la commissaire Johansson.

Les 27 se disent, dans leur déclaration, "déterminés à agir conjointement pour prévenir la récurrence de mouvements migratoires illégaux incontrôlés à grande échelle rencontrés dans le passé, via la préparation d'une réponse coordonnée et ordonnée". L'UE compte augmenter son soutien direct aux pays limitrophes de l'Afghanistan pour l'accueil de migrants et la lutte contre le trafic d'êtres humains, une intention qui rappelle le controversé accord avec Ankara passé à la suite de la "crise migratoire" de 2015.

"Nous n'avons pas encore vu de grands mouvements d'Afghans vers les pays voisins", a tempéré la commissaire Johansson. Dans certaines régions du pays désormais contrôlé par les talibans, on voit d'ailleurs des personnes déplacées revenir vers leur maison, indique-t-elle. "Mais nous devons nous préparer à différents scénarios".

Une reconnaissance du régime des talibans n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, a-t-elle par ailleurs répondu aux journalistes. "Il n'y a déjà pas encore de gouvernement en place", rappelle-t-elle, et "il nous faudra vérifier que certaines conditions sont respectées". La commissaire évoque le respect des droits humains (entre autres des femmes) et la lutte contre le terrorisme. En attendant, l'aide au développement prévue au budget européen pour l'Afghanistan pour 7 ans, soit 1 milliard d'euros, reste "gelée". C'est, si l'on veut, "une sorte de sanction", commente Ylva Johansson.

Pour la Belgique, c'est le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi qui a participé à la réunion. "Il faut bien lire le texte", a-t-il indiqué, sur place, à l'issue de ce Conseil. "L'accent est mis sur l'aide à la région car c'est là, précisément, que se posent les problèmes actuellement. Nous voulons éviter que des Afghans tombent entre les mains de passeurs et doivent parcourir des milliers de kilomètres pour arriver ici".

"Tout le monde veut éviter les solutions ad hoc comme en 2015", ajoute le cabinet Mahdi en soirée, via communiqué. Il faudra "investir suffisamment dans l'accueil dans les pays environnants qui reçoivent principalement des Afghans. Cela doit se faire de préférence par l'intermédiaire du HCR et des organisations d'aide", ajoute-t-il encore.

Ces dernières années, le débat s'est régulièrement enflammé en Europe à la suite d'appels à l'aide répétés des pays situés en première ligne sur la trajectoire d'arrivée de migrants (Grèce, Italie). Il est devenu clair que les "solutions ad hoc" (relocalisations au cas par cas, selon le bon vouloir des autres pays UE) et le règlement de Dublin font peser une charge disproportionnée sur ces pays d'entrée qui bordent la Méditerranée. Le nouveau "pacte sur la migration et l'asile" est censé justement replacer la solidarité et la responsabilité partagée au centre, en matière de gestion de la migration dans l'UE. La commissaire Johansson a présenté sa proposition en septembre 2020, mais cela coince encore. Mardi, le ministre slovène de l'Intérieur Ales Hojs a estimé que l'actuelle crise afghane va sans doute contribuer au blocage, à court terme. Il n'y a selon lui pas d'avancée notable à attendre dans les prochains mois.

"Il est important de voir ce que l'on peut faire maintenant pour éviter une crise humanitaire" en Afghanistan, car "c'est le meilleur moyen d'éviter une crise migratoire", a expliqué la commissaire aux Affaires intérieures et à la Migration Ylva Johansson à l'issue de la réunion. "Nous devons soutenir les Afghans et l'Afghanistan", entre autres via un soutien au personnel de l'ONU (et de ses agences) présent sur place, a-t-elle insisté. Dans une déclaration commune, les 27 mettent l'accent sur l'action nécessaire sur place, prioritairement en Afghanistan et dans les pays voisins, pour venir en aide aux "populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants". C'est dans les environs immédiats du pays en crise que les conditions doivent être réunies pour accueillir en sécurité de futurs migrants afghans, insistent les Etats membres de l'UE, qui veulent à tout prix éviter un scénario similaire à celui de 2015. Des initiatives internationales plus larges de réinstallation des populations vulnérables seront toutefois inévitables, y compris dans l'UE. Certains ministres ont d'ailleurs appelé à s'engager avec détermination dans cette voie. Mais ni la commissaire européenne suédoise ni le ministre slovène de l'Intérieur, qui présidait la réunion, n'ont voulu avancer des chiffres. Cela se fera sur "base volontaire", vu que le nouveau "pacte asile et migration" reste en chantier. Dès le mois prochain, un "forum de haut niveau" sur la réinstallation sera convoqué, a annoncé la commissaire Johansson. Les 27 se disent, dans leur déclaration, "déterminés à agir conjointement pour prévenir la récurrence de mouvements migratoires illégaux incontrôlés à grande échelle rencontrés dans le passé, via la préparation d'une réponse coordonnée et ordonnée". L'UE compte augmenter son soutien direct aux pays limitrophes de l'Afghanistan pour l'accueil de migrants et la lutte contre le trafic d'êtres humains, une intention qui rappelle le controversé accord avec Ankara passé à la suite de la "crise migratoire" de 2015. "Nous n'avons pas encore vu de grands mouvements d'Afghans vers les pays voisins", a tempéré la commissaire Johansson. Dans certaines régions du pays désormais contrôlé par les talibans, on voit d'ailleurs des personnes déplacées revenir vers leur maison, indique-t-elle. "Mais nous devons nous préparer à différents scénarios". Une reconnaissance du régime des talibans n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, a-t-elle par ailleurs répondu aux journalistes. "Il n'y a déjà pas encore de gouvernement en place", rappelle-t-elle, et "il nous faudra vérifier que certaines conditions sont respectées". La commissaire évoque le respect des droits humains (entre autres des femmes) et la lutte contre le terrorisme. En attendant, l'aide au développement prévue au budget européen pour l'Afghanistan pour 7 ans, soit 1 milliard d'euros, reste "gelée". C'est, si l'on veut, "une sorte de sanction", commente Ylva Johansson. Pour la Belgique, c'est le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi qui a participé à la réunion. "Il faut bien lire le texte", a-t-il indiqué, sur place, à l'issue de ce Conseil. "L'accent est mis sur l'aide à la région car c'est là, précisément, que se posent les problèmes actuellement. Nous voulons éviter que des Afghans tombent entre les mains de passeurs et doivent parcourir des milliers de kilomètres pour arriver ici". "Tout le monde veut éviter les solutions ad hoc comme en 2015", ajoute le cabinet Mahdi en soirée, via communiqué. Il faudra "investir suffisamment dans l'accueil dans les pays environnants qui reçoivent principalement des Afghans. Cela doit se faire de préférence par l'intermédiaire du HCR et des organisations d'aide", ajoute-t-il encore. Ces dernières années, le débat s'est régulièrement enflammé en Europe à la suite d'appels à l'aide répétés des pays situés en première ligne sur la trajectoire d'arrivée de migrants (Grèce, Italie). Il est devenu clair que les "solutions ad hoc" (relocalisations au cas par cas, selon le bon vouloir des autres pays UE) et le règlement de Dublin font peser une charge disproportionnée sur ces pays d'entrée qui bordent la Méditerranée. Le nouveau "pacte sur la migration et l'asile" est censé justement replacer la solidarité et la responsabilité partagée au centre, en matière de gestion de la migration dans l'UE. La commissaire Johansson a présenté sa proposition en septembre 2020, mais cela coince encore. Mardi, le ministre slovène de l'Intérieur Ales Hojs a estimé que l'actuelle crise afghane va sans doute contribuer au blocage, à court terme. Il n'y a selon lui pas d'avancée notable à attendre dans les prochains mois.