Les partisans de M. Navalny doivent notamment se rassembler devant le siège des services de sécurités russes (FSB), place Loubianka dans le centre de Moscou, où les autorités, qui considèrent ces rassemblements comme illégaux, prévoient de limiter l'accès à plusieurs rues et de fermer sept stations de métro.

La municipalité a également annoncé que des restaurants et magasins du centre de la capitale allaient rester fermés dimanche et que le circuit des bus serait modifié.

Ces rassemblements font suite à une première journée de manifestations samedi dernier, qui a réuni des dizaines de milliers de Russes dans tout le pays et qui s'était soldée par plus de 4.000 interpellations et l'ouverture d'une vingtaine d'affaires pénales.

Ils se dérouleront avec pour toile de fond la comparution d'Alexeï Navalny devant des juges, prévue la semaine prochaine. L'opposant est visé par une multitude de procédures judiciaires depuis son retour en Russie le 17 janvier, qu'il considère comme politiquement motivées.

Selon son avocate, l'opposant risque notamment "environ deux ans et demi" de prison ferme pour la violation des conditions d'une condamnation à trois ans et demi de prison avec sursis, qu'il s'était vu infliger en 2014.

La plupart de ses proches alliés, dont son frère Oleg et la figure montante de l'opposition, Lioubov Sobol, ont été assignés à résidence vendredi par la justice russe, deux jours après une série de perquisitions ayant notamment visé le domicile de sa femme Ioulia et les locaux de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption.

- "N'ayez pas peur" -

Les jours précédents, les autorités ont multiplié les mises en garde aux partisans de M. Navalny, le parquet et la police affirmant notamment que les manifestants pourraient être poursuivis pour "émeutes de masse" si les rassemblements se soldaient par la violence.

Le gendarme russe des télécoms Roskomnadzor a annoncé pour sa part qu'il allait sanctionner les réseaux sociaux pour avoir laissé en ligne des messages encourageant, selon lui, les mineurs à aller manifester.

Malgré les pressions, Alexeï Navalny a appelé jeudi une nouvelle fois les Russes à descendre dans la rue. "N'ayez pas peur", a-t-il écrit dans une lettre publiée sur son blog. "La majorité est de notre côté. Allons la réveiller".

Les protestations sont aussi alimentées par la diffusion d'une enquête de l'opposant accusant le président Vladimir Poutine de bénéficier d'un immense et opulent "palais" à plus d'un milliard d'euros sur les rives de la mer Noire, vue plus de 100 millions de fois sur YouTube.

Vladimir Poutine a démenti des accusations destinées à "laver le cerveau" des Russes, tandis que la télévision publique russe a diffusé des images montrant la résidence encore en travaux, loin du luxe décrit par l'opposant.

Samedi, le milliardaire Arkadi Rotenberg, un proche de M. Poutine qui était son ancien partenaire de judo et qui se trouve sous sanctions occidentales, a affirmé être le véritable propriétaire de la résidence et assuré qu'il était en train d'y construire un hôtel.

Arkadi Rotenberg et Poutine, Reuters
Arkadi Rotenberg et Poutine © Reuters

Militant anticorruption et ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny, 44 ans, est revenu en Russie le 17 janvier après des mois de convalescence en Allemagne pour un empoisonnement présumé, dont il accuse Vladimir Poutine et les services de sécurité russes d'être responsable.

Une session informelle et à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU est envisagée mercredi pour aborder le cas d'Alexeï Navalny, selon des sources diplomatiques.

Des brosses WC aux boules de neige, les emblêmes de manifestants pro-Navalny

Des sous-vêtements bleus aux brosses à WC, en passant par les bonhommes de neige: les manifestants russes qui demandent la libération d'Alexeï Navalny font preuve de créativité. En voici quelques exemples.

- Slip bleu -

C'est un détail de la saga entourant l'empoisonnement d'Alexeï Navalny: l'agent des services de sécurité (FSB) que l'opposant affirme avoir piégé, diffusant fin décembre leur conversation, racontait que le poison avait été badigeonné sur le devant de son slip bleu.

Les Russes critiques du Kremlin se sont immédiatement emparés de l'histoire en accrochant des sous-vêtements bleus aux murs des bâtiments gouvernementaux ou en les brandissant en public, comme lors de certaines des manifestations du 23 janvier.

Quand Vladimir Poutine a plongé dans l'eau glacée en maillot bleu mi-janvier pour l'Epiphanie orthodoxe, l'image a fait le tour des réseaux sociaux et fait rire les alliés d'Alexeï Navalny, s'amusant du choix de tenue de bain du président russe.

- Brosse à WC -

L'opposant a fait diffuser sur YouTube deux jours après son retour une enquête de deux heures affirmant que Vladimir Poutine s'est fait construire pour plus d'un milliard d'euros un somptueux palace sur la mer Noire, incluant vignobles, patinoire de hockey et casino. La vidéo a battu des records de visionnages: plus de 100 millions dimanche.

Détail marquant du film, le coût supposé des brosses à WC: 700 euros, selon M. Navalny. Et lors des dernières manifestations le 23 janvier, nombreux étaient donc les manifestants brandissant l'objet, dans sa version en plastique la plus basique.

- La neige -

Quatre policiers anti-émeutes battant placidement en retraite sous une pluie de boules de neiges, ou encore une voiture officielle assaillie de ces projectiles: deux images marquantes de la manifestation moscovite du 23 janvier.

La neige est aussi devenue un outil pour les graffitis. Des manifestants écrivaient sur les murs couverts de fine poudreuse leurs slogans, notamment "Libérez Navalny", forçant les forces de l'ordre et les employés municipaux à les effacer.

Si la bataille de boules de neige peut paraître bon enfant, la fenêtre de la voiture attaquée a été brisée et, selon l'agence officielle TASS, son chauffeur souffre d'une blessure à l'oeil.

Les autorités ont depuis ouvert une vingtaine de procédures pénales, passibles de lourdes peines d'emprisonnement, notamment pour des "violences" contre les forces de l'ordre.

Quatre autres personnes ont aussi été arrêtées pour avoir érigé des bonhommes de neige porteurs des slogans politiques : "Liberté, vérité, Russie" ou "A bas le Tsar".

- Hymnes et "mèmes"-

Beaucoup de protestataires se préparent à des poursuites judiciaires alors que les manifestations de samedi dernier ont débouché sur plus de 4.000 interpellations.

Sont devenues virale sur le web, les références à l'un des sites de divertissement supposés du "palais de Poutine" : un bassin entouré de gradins et surnommé "l'aqua-discothèque".

Une chanson sur le sujet avait été reprise lors des protestations du 23 janvier. Et des appels à manifester dimanche invitent à revenir "faire la fête en aqua-discothèque". Plusieurs autres chants ont depuis repris la thématique, certains mélancoliques, d'autres moqueurs.

Sur la plateforme chinoise TikTok, très populaire chez les adolescents, des utilisateurs ont publié des vidéos reprenant une chanson aux paroles explicites : "Je vais aller en prison".

Les partisans de M. Navalny doivent notamment se rassembler devant le siège des services de sécurités russes (FSB), place Loubianka dans le centre de Moscou, où les autorités, qui considèrent ces rassemblements comme illégaux, prévoient de limiter l'accès à plusieurs rues et de fermer sept stations de métro.La municipalité a également annoncé que des restaurants et magasins du centre de la capitale allaient rester fermés dimanche et que le circuit des bus serait modifié.Ces rassemblements font suite à une première journée de manifestations samedi dernier, qui a réuni des dizaines de milliers de Russes dans tout le pays et qui s'était soldée par plus de 4.000 interpellations et l'ouverture d'une vingtaine d'affaires pénales.Ils se dérouleront avec pour toile de fond la comparution d'Alexeï Navalny devant des juges, prévue la semaine prochaine. L'opposant est visé par une multitude de procédures judiciaires depuis son retour en Russie le 17 janvier, qu'il considère comme politiquement motivées.Selon son avocate, l'opposant risque notamment "environ deux ans et demi" de prison ferme pour la violation des conditions d'une condamnation à trois ans et demi de prison avec sursis, qu'il s'était vu infliger en 2014.La plupart de ses proches alliés, dont son frère Oleg et la figure montante de l'opposition, Lioubov Sobol, ont été assignés à résidence vendredi par la justice russe, deux jours après une série de perquisitions ayant notamment visé le domicile de sa femme Ioulia et les locaux de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption.Les jours précédents, les autorités ont multiplié les mises en garde aux partisans de M. Navalny, le parquet et la police affirmant notamment que les manifestants pourraient être poursuivis pour "émeutes de masse" si les rassemblements se soldaient par la violence.Le gendarme russe des télécoms Roskomnadzor a annoncé pour sa part qu'il allait sanctionner les réseaux sociaux pour avoir laissé en ligne des messages encourageant, selon lui, les mineurs à aller manifester.Malgré les pressions, Alexeï Navalny a appelé jeudi une nouvelle fois les Russes à descendre dans la rue. "N'ayez pas peur", a-t-il écrit dans une lettre publiée sur son blog. "La majorité est de notre côté. Allons la réveiller".Les protestations sont aussi alimentées par la diffusion d'une enquête de l'opposant accusant le président Vladimir Poutine de bénéficier d'un immense et opulent "palais" à plus d'un milliard d'euros sur les rives de la mer Noire, vue plus de 100 millions de fois sur YouTube.Vladimir Poutine a démenti des accusations destinées à "laver le cerveau" des Russes, tandis que la télévision publique russe a diffusé des images montrant la résidence encore en travaux, loin du luxe décrit par l'opposant.Samedi, le milliardaire Arkadi Rotenberg, un proche de M. Poutine qui était son ancien partenaire de judo et qui se trouve sous sanctions occidentales, a affirmé être le véritable propriétaire de la résidence et assuré qu'il était en train d'y construire un hôtel.Militant anticorruption et ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny, 44 ans, est revenu en Russie le 17 janvier après des mois de convalescence en Allemagne pour un empoisonnement présumé, dont il accuse Vladimir Poutine et les services de sécurité russes d'être responsable.Une session informelle et à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU est envisagée mercredi pour aborder le cas d'Alexeï Navalny, selon des sources diplomatiques.Des sous-vêtements bleus aux brosses à WC, en passant par les bonhommes de neige: les manifestants russes qui demandent la libération d'Alexeï Navalny font preuve de créativité. En voici quelques exemples.C'est un détail de la saga entourant l'empoisonnement d'Alexeï Navalny: l'agent des services de sécurité (FSB) que l'opposant affirme avoir piégé, diffusant fin décembre leur conversation, racontait que le poison avait été badigeonné sur le devant de son slip bleu.Les Russes critiques du Kremlin se sont immédiatement emparés de l'histoire en accrochant des sous-vêtements bleus aux murs des bâtiments gouvernementaux ou en les brandissant en public, comme lors de certaines des manifestations du 23 janvier.Quand Vladimir Poutine a plongé dans l'eau glacée en maillot bleu mi-janvier pour l'Epiphanie orthodoxe, l'image a fait le tour des réseaux sociaux et fait rire les alliés d'Alexeï Navalny, s'amusant du choix de tenue de bain du président russe.L'opposant a fait diffuser sur YouTube deux jours après son retour une enquête de deux heures affirmant que Vladimir Poutine s'est fait construire pour plus d'un milliard d'euros un somptueux palace sur la mer Noire, incluant vignobles, patinoire de hockey et casino. La vidéo a battu des records de visionnages: plus de 100 millions dimanche.Détail marquant du film, le coût supposé des brosses à WC: 700 euros, selon M. Navalny. Et lors des dernières manifestations le 23 janvier, nombreux étaient donc les manifestants brandissant l'objet, dans sa version en plastique la plus basique. Quatre policiers anti-émeutes battant placidement en retraite sous une pluie de boules de neiges, ou encore une voiture officielle assaillie de ces projectiles: deux images marquantes de la manifestation moscovite du 23 janvier.La neige est aussi devenue un outil pour les graffitis. Des manifestants écrivaient sur les murs couverts de fine poudreuse leurs slogans, notamment "Libérez Navalny", forçant les forces de l'ordre et les employés municipaux à les effacer.Si la bataille de boules de neige peut paraître bon enfant, la fenêtre de la voiture attaquée a été brisée et, selon l'agence officielle TASS, son chauffeur souffre d'une blessure à l'oeil. Les autorités ont depuis ouvert une vingtaine de procédures pénales, passibles de lourdes peines d'emprisonnement, notamment pour des "violences" contre les forces de l'ordre.Quatre autres personnes ont aussi été arrêtées pour avoir érigé des bonhommes de neige porteurs des slogans politiques : "Liberté, vérité, Russie" ou "A bas le Tsar".Beaucoup de protestataires se préparent à des poursuites judiciaires alors que les manifestations de samedi dernier ont débouché sur plus de 4.000 interpellations.Sont devenues virale sur le web, les références à l'un des sites de divertissement supposés du "palais de Poutine" : un bassin entouré de gradins et surnommé "l'aqua-discothèque". Une chanson sur le sujet avait été reprise lors des protestations du 23 janvier. Et des appels à manifester dimanche invitent à revenir "faire la fête en aqua-discothèque". Plusieurs autres chants ont depuis repris la thématique, certains mélancoliques, d'autres moqueurs.Sur la plateforme chinoise TikTok, très populaire chez les adolescents, des utilisateurs ont publié des vidéos reprenant une chanson aux paroles explicites : "Je vais aller en prison".