La mort de l'Afro-Américain George Floyd, asphyxié en mai par un policier blanc, "a marqué un tournant dans l'attitude du pays envers la justice raciale", a déclaré le président démocrate lors d'une allocution à la Maison Blanche. "Il est temps d'agir parce que la foi et la morale l'imposent", parce que le racisme est "corrosif, destructeur et coûteux" pour les États-Unis, a-t-il ajouté avant de parapher, entre autres, un décret pour mettre un terme aux prisons fédérales privées.

Pendant sa campagne, le démocrate a conquis les électeurs Afro-Américains en promettant notamment de réformer le système carcéral des États-Unis, où les minorités sont surreprésentées. Le nouveau décret ordonne au ministre de la Justice de ne pas renouveler les contrats des opérateurs privés quand ils arriveront à échéance. "C'est un premier pas pour empêcher les grandes entreprises de tirer profit du système carcéral", a poursuivi Joe Biden, en critiquant des prisons privées "moins humaines et moins sûres".

Cette réforme avait été décidée à la fin de la présidence de Barack Obama mais son successeur républicain, Donald Trump, avait fait marche arrière dès son arrivée à la Maison Blanche. Elle a une portée limitée: seuls 116.000 des plus de deux millions de prisonniers étaient détenus dans des établissements privés en 2019, soit 7% de la population carcérale dans les prisons des Etats et 16% de celle des prisons fédérales, selon le ministère de la Justice. Et le nouveau décret présidentiel ne porte pas sur les centres de rétention pour migrants qui sont souvent gérés par des opérateurs privés.

Les défenseurs des droits humains l'ont donc accueilli avec tiédeur. "Le décret signé est un premier pas important (...) mais le président Biden a pour obligation d'en faire plus", a ainsi déclaré David Fathi, de la puissante organisation ACLU en lui demandant de limiter l'usage de la force par la police et la mise à l'isolement des détenus, ainsi que d'abolir la peine de mort au niveau fédéral. "Cette insistance sur le privé est plus du spectacle avec des bons sentiments qu'une politique solide", a ajouté le professeur de Droit pénal John Pfaff sur Twitter.

Le président a signé trois autres décrets, assez flous, pour renforcer la lutte contre les discriminations dans le domaine du logement, contre le racisme envers les Américains d'origine asiatique et pour renforcer le dialogue entre son administration et les nations amérindiennes. Il a pris soin de souligner que la lutte contre le racisme "prendrait du temps" et que d'autres mesures suivraient dans les jours et les semaines à venir.

Plus de 150 personnes inculpées après les violences au Capitole

Plus de 150 personnes ont été inculpées par la justice fédérale pour leur rôle dans les violences au Capitole le 6 janvier, ont annoncé mardi les autorités américaines.

Une cinquantaine d'autres font l'objet de poursuites devant les tribunaux de la capitale fédérale, a précisé le procureur fédéral Michael Sherwin lors d'un point-presse. Ce bilan devrait encore augmenter, les enquêteurs ayant recueilli des informations sur environ 400 participants à ce coup de force. "Au moment où nous parlons, la liste s'allonge", a-t-il déclaré. Dans un premier temps, la justice a retenu des chefs d'inculpation assez simples, comme "intrusion" ou "port illégal d'armes", afin d'avancer vite. Mais des accusations plus lourdes, notamment pour violences contre des policiers, ont été ajoutées à certains dossiers et certains prévenus encourent des peines pouvant aller jusqu'à 20 ans de prison, a précisé M. Sherwin. Des partisans de Donald Trump s'étaient jetés à l'assaut du siège du Congrès au moment où les élus étaient en train de certifier la victoire de son rival démocrate Joe Biden à la présidentielle. Cinq personnes sont mortes au cours de cette attaque, dont un policier tué par les manifestants et une protestataire abattue par un agent. Des bombes artisanales avaient par ailleurs été découvertes à proximité du Capitole, près des bureaux des partis démocrate et républicain. Les enquêtes sur ces faits les plus graves se poursuivent, selon M. Sherwin. L'ancien président a pour sa part été renvoyé en procès devant le Sénat, qui le jugera en février pour "incitation à l'insurrection". Pendant des semaines, il a nié sa défaite à la présidentielle, se présentant contre toute évidence comme victimes de "fraudes" massives. Juste avant l'assaut, il s'était adressé à ses partisans en leur demandant de monter leur "force".

La mort de l'Afro-Américain George Floyd, asphyxié en mai par un policier blanc, "a marqué un tournant dans l'attitude du pays envers la justice raciale", a déclaré le président démocrate lors d'une allocution à la Maison Blanche. "Il est temps d'agir parce que la foi et la morale l'imposent", parce que le racisme est "corrosif, destructeur et coûteux" pour les États-Unis, a-t-il ajouté avant de parapher, entre autres, un décret pour mettre un terme aux prisons fédérales privées. Pendant sa campagne, le démocrate a conquis les électeurs Afro-Américains en promettant notamment de réformer le système carcéral des États-Unis, où les minorités sont surreprésentées. Le nouveau décret ordonne au ministre de la Justice de ne pas renouveler les contrats des opérateurs privés quand ils arriveront à échéance. "C'est un premier pas pour empêcher les grandes entreprises de tirer profit du système carcéral", a poursuivi Joe Biden, en critiquant des prisons privées "moins humaines et moins sûres". Cette réforme avait été décidée à la fin de la présidence de Barack Obama mais son successeur républicain, Donald Trump, avait fait marche arrière dès son arrivée à la Maison Blanche. Elle a une portée limitée: seuls 116.000 des plus de deux millions de prisonniers étaient détenus dans des établissements privés en 2019, soit 7% de la population carcérale dans les prisons des Etats et 16% de celle des prisons fédérales, selon le ministère de la Justice. Et le nouveau décret présidentiel ne porte pas sur les centres de rétention pour migrants qui sont souvent gérés par des opérateurs privés. Les défenseurs des droits humains l'ont donc accueilli avec tiédeur. "Le décret signé est un premier pas important (...) mais le président Biden a pour obligation d'en faire plus", a ainsi déclaré David Fathi, de la puissante organisation ACLU en lui demandant de limiter l'usage de la force par la police et la mise à l'isolement des détenus, ainsi que d'abolir la peine de mort au niveau fédéral. "Cette insistance sur le privé est plus du spectacle avec des bons sentiments qu'une politique solide", a ajouté le professeur de Droit pénal John Pfaff sur Twitter. Le président a signé trois autres décrets, assez flous, pour renforcer la lutte contre les discriminations dans le domaine du logement, contre le racisme envers les Américains d'origine asiatique et pour renforcer le dialogue entre son administration et les nations amérindiennes. Il a pris soin de souligner que la lutte contre le racisme "prendrait du temps" et que d'autres mesures suivraient dans les jours et les semaines à venir.