Tour d'horizon des questions clés dans la course pour le contrôle du Congrès américain.

- Trump, Trump, Trump -

Il le dit lui-même: si son nom ne figure pas sur les bulletins de vote, Donald Trump n'en est pas moins au coeur des élections.

Ces scrutins qui tombent aux Etats-Unis au milieu du mandat présidentiel se transforment traditionnellement en référendum sur celui qui occupe la Maison Blanche. Mais la personnalité explosive et iconoclaste de l'homme d'affaires a porté cette tendance à un autre niveau.

"Voter pour Marsha, c'est en fait voter pour moi", a-t-il déclaré dans le Tennessee aux côtés de la candidate républicaine au Sénat, Marsha Blackburn. L'homme d'affaires multiplie les meetings de campagne, bien conscient que si les républicains perdent le contrôle du Congrès, sa fin de mandat sera paralysée.

En face, de nombreux démocrates espèrent à l'inverse que la profonde aversion suscitée chez leurs électeurs par le milliardaire les poussera à voter plus nombreux le 6 novembre, alors que les élections de mi-mandat n'attirent généralement pas les foules.

- Violences -

La fin de campagne a été endeuillée par la pire attaque antisémite de l'histoire des Etats-Unis, qui a fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh. Elle avait été précédée par plusieurs jours d'une chasse à l'homme tendue pour retrouver celui qui avait envoyé des colis piégés à plusieurs hautes personnalités démocrates, comme l'ancien président Barack Obama, l'ex-secrétaire d'Etat et candidate à la présidentielle Hillary Clinton et l'investisseur George Soros.

Cette explosion de violence à moins de deux semaines des scrutins a ouvert le débat sur le discours agressif du président américain et son possible effet d'incitation dans un pays profondément divisé.

Donald Trump a sombrement condamné l'attaque antisémite mais a été plus équivoque sur l'envoi de bombes artisanales. Il a de toutes façons rapidement repris la route de la campagne électorale et les tacles à ses opposants.

- Les femmes -

Après l'éclosion du mouvement #MeToo pour dénoncer les agressions sexuelles et les manifestations monstres de femmes contre Donald Trump, les électrices et les candidates sont au coeur du premier scrutin national depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Les Américaines apparaissent particulièrement motivées pour voter cette fois et un groupe d'électrices, les femmes diplômées des quartiers aisés, plus modérées, attirent toute l'attention car, écoeurées par le discours agressif de Donald Trump, elles pourraient faire basculer des scrutins serrés en faveur des démocrates.

Elles n'auront en tout cas jamais eu à choisir entre autant de candidates. Un nombre record de femmes --200 démocrates et 60 républicaines-- se présentent au Congrès, où elles n'occupent pour l'instant que 20% des sièges.

- Economie -

Entre "guerre commerciale", renégociations de traités internationaux, robuste croissance américaine et plein emploi, l'économie est au coeur de ce scrutin.

Dans les bassins miniers et les régions industrielles, on apprécie les politiques protectionnistes de Donald Trump. Mais les agriculteurs, eux, ont souffert assez rapidement des mesures de représailles imposées par les partenaires commerciaux des Etats-Unis. Juste avant les élections, certains dans les régions rurales n'en ont pas retiré pour autant leur soutien au président américain car ils croient l'homme d'affaires quand il dit que les difficultés ne seront que passagères, avant l'embellie.

- Immigration -

Envoi de troupes à la frontière avec le Mexique pour contrer l'"invasion" de migrants venant à pied d'Amérique centrale, remise en cause du droit du sol, histoires scabreuses de meurtriers sans papiers: pas de doute, Donald Trump et les républicains ont décidé de placer l'immigration au coeur de leur fin de campagne.

Logique: l'immigration arrive au sommet des préoccupations des électeurs républicains. Les pousser à voter sera décisif pour l'issue d'un scrutin où la participation s'annonce clé.

- Santé -

Les démocrates martèlent depuis des mois un message central en direction des électeurs: si les républicains renforcent leur contrôle du Congrès, ils détruiront votre couverture santé.

Un message puissant dans un pays qui ne bénéficie pas d'un système de santé universel. La réforme du démocrate Barack Obama avait permis à des millions d'Américains de s'assurer. Malgré leur grande promesse de campagne en 2016, les républicains et Donald Trump ont pour l'instant échoué à l'abroger. Mais ils la détricotent peu à peu.

Conscients que cette question arrive parmi les principaux sujets d'inquiétude chez les électeurs de tous bords, les républicains s'en sont saisis tardivement, en promettant notamment qu'ils garantiront aux personnes souffrant de pathologies chroniques l'accès à une assurance santé abordable. "C'est un mensonge", a lancé Barack Obama vendredi.