D'après le site web Our World in Data, Israël mène le classement du nombre de personnes vaccinées par 100 habitants, suivi par les Émirats arabes unis, et le Royaume-Uni. Cependant, malgré la campagne d'immunisation ultrarapide contre le covid-19 et les confinements durs, Israël, tout comme le Royaume-Uni, présente toujours un nombre record de contaminations.
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D'après le site web Our World in Data, Israël mène le classement du nombre de personnes vaccinées par 100 habitants, suivi par les Émirats arabes unis, et le Royaume-Uni. Cependant, malgré la campagne d'immunisation ultrarapide contre le covid-19 et les confinements durs, Israël, tout comme le Royaume-Uni, présente toujours un nombre record de contaminations. Jusqu'à présent, un quart de la population israélienne, qui compte plus de 9 millions de personnes, a reçu une injection Pfizer. Plus d'un million de personnes en Israël ont même déjà reçu la deuxième dose du vaccin, déclare le ministère israélien de la Santé publique. Il y a quelques jours, ils ont même commencé à vacciner les jeunes de 16 à 18 ans. Israël est l'un des premiers pays du monde à vacciner des jeunes. Même les femmes enceintes se voient peu à peu conseiller de se faire vacciner, alors qu'elles n'ont pas du tout été reprises dans les tests cliniques de Pfizer. Le but est de vacciner 5,2 millions de personnes en Israël d'ici fin mars, soit 60% de la population. Cependant, malgré la campagne de vaccination rapide, Israël a toujours du mal à contenir le nombre d'infections et affronte la troisième vague de la pandémie. Récemment, le nombre de contaminations quotidiennes a atteint un nouveau record de plus de 10 000 nouveaux cas confirmés en 24 heures. Aujourd'hui, le pays possède l'un des taux d'infections les plus élevés par habitant. À titre de comparaison, dans les territoires palestiniens, qui n'ont pas encore accès aux vaccins, le taux d'infections est nettement plus bas qu'en Israël. Le système de soins du pays atteint ses limites. De nombreux patients sont gravement malades et doivent être soignés à l'hôpital. Il y a près de 1200 patients en soins intensifs alors que la limite israélienne est de 800 lits. Un week-end à DubaiDe tels chiffres font craindre que les vaccins ne soient pas aussi efficaces qu'espérés. Heureusement, il s'avère que le vaccin Pfizer est environ aussi efficace que ce que révèlent les études cliniques. Seulement, la qualité protectrice de la première dose serait un peu moindre que ce qu'on avait d'abord pensé, et plus faible que ce qu'avait signalé Pfizer. La première étude réalisée auprès de 460 000 Israéliens vaccinés révèle que la première dose offre 50 à 60% de protection, mais seulement après deux semaines. Pour les personnes totalement immunisées, l'efficacité semble élevée, à savoir autour des 95%, tel que documenté par Pfizer. Une étude réalisée auprès de 1000 travailleurs de santé, fréquemment exposés au virus, indique que la protection est même de 98% après la seconde dose. Que se passe-t-il? Il y a différentes explications au taux de contamination élevé en Israël. Le fait que la première injection offre encore insuffisamment de protection pourrait être une possibilité. Beaucoup d'Israéliens sont en effet contaminés entre la première et la deuxième dose. Une autre explication, c'est que ces derniers mois, beaucoup d'Israéliens ont pu voyager de manière incontrôlée vers notamment le Royaume-Uni, où a surgi un nouveau variant, beaucoup plus contagieux. Les Israéliens qui ont fait le voyage de Tel-Aviv à Dubaï pour un week-end ont introduit la variété sud-africaine.Juifs ultra-orthodoxes On enregistre beaucoup de nouvelles contaminations parmi les juifs ultra-orthodoxes. Bien que ces derniers ne représentent que 10% de la population, ils constituent 30% des nouveaux cas de covid. Dans les quartiers juifs orthodoxes, les grandes familles vivent souvent les uns sur les autres, ce qui complique forcément le respect des règles sanitaires. Ces derniers jours, il y a eu plusieurs confrontations violentes avec la police. Les cas plus graves s'enregistrent auprès des habitants arabes d'Israël qui représentent 20% de la population. Suite à la proportion élevée de malades chroniques dans cette tranche de la population, ils sont plus vulnérables à une forme grave de covid. Le taux de vaccination y est aussi faible suite à une méfiance plus importante contre les vaccins. Le fait que les personnes suivent moins les règles une fois qu'elles sont vaccinées joue également un rôle dans le nombre de contaminations. Pourtant il est important que les mesures soient maintenues parce qu'il n'y a pas encore d'immunité de groupe. L'effet du vaccin se sentira qu'une fois qu'il y aura une immunité collective. Leçons pour d'autres pays ? La situation en Israël fait voler en éclats l'espoir de sortir rapidement de la crise. Les vaccins sont importants, mais pour l'instant, une solution exclusivement immunologique semble insuffisante pour atteindre "l'empire de la liberté". Ce n'est que l'immunité de groupe qui limitera drastiquement la circulation du virus. C'est pourquoi il demeure nécessaire d'appliquer les "mesures non pharmaceutiques", telles que les masques et la distanciation sociale dans la lutte contre le coronavirus.