Certes, on ne sait pas grand-chose du contenu des échanges, à part les propos du maître du Kremlin disant souhaiter comme Washington une "dénucléarisation complète" et demandant des garanties de sécurité pour Pyongyang. Toutefois, M. Kim repart avec ce qu'il était venu chercher: une poignée de main avec M. Poutine devant les caméras du monde entier.

"Ce sommet a été affaire de symbolique diplomatique plus que de coopération réelle, mais la réunion est en soi une victoire pour M. Kim", estime Shin Beom-chul, de l'Institut Asan des études politiques.

L'entrevue constituait pour le dirigeant nord-coréen la première rencontre avec un chef d'Etat étranger depuis son retour de Hanoï, où son second sommet avec le président américain Donald Trump avait débouché en février sur un retentissant fiasco.

Au point de jeter un doute sur l'avenir de la spectaculaire détente apparue en 2018 sur la péninsule coréenne, après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaires de Pyongyang.

- "Diplomatie des selfies" -

Pour des experts du dossier nord-coréen, ce sommet constitue le dernier exemple de la stratégie diplomatique d'un régime qui cherche à se dédiaboliser et à s'affranchir de son image négative.

Kim Jong Un a hérité du pouvoir fin 2011 à la mort de son père Kim Jong Il.

Pendant les six premières années de son "règne", la Corée du Nord était resté un Etat paria et son leader ne sortait pas des frontières de son pays.

Mais depuis mars 2018, M. Kim a rencontré quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in, deux fois M. Trump, une fois le président vietnamien, Nguyen Phu Trong, et une fois le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong.

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"M. Kim sait qu'il y a clairement un intérêt dans le seul fait de participer à un sommet", expliquait avant la rencontre Harry Kazianis, du groupe de réflexion néo-conservateur américain Center for the National Interest.

"Tout ce dont M. Kim a besoin, ce sont des images où on le voit serrer la main de M. Poutine, une sorte de diplomatie des selfies avec des photos de sommets placardés dans tous les médias pour prouver au monde qu'il est un chef d'Etat à la stature mondiale", selon l'analyste.

Lors de la réunion élargie après le tête-à-tête avec M. Poutine jeudi, le numéro un nord-coréen n'était accompagné que de Ri Yong Ho et Choe Son Hui, son ministre des Affaires étrangères et son vice ministre des Affaires étrangères.

- Une meilleure offre américaine ? -

Face à eux, se trouvaient une dizaine de Russes, parmi lesquels des responsables chargés de la coopération économique avec le Nord, et des projets comme celui de l'oléoduc ou celui du réseau électrique.

Leurs homologues nord-coréens n'étaient pas du voyage, ce qui prouve que la relance de ces projets concrets n'était pas la priorité de Pyongyang, observe Koo Kab-woo, professeur à l'Université des études nord-coréennes.

Pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord), le but premier de ce sommet était de diversifier les relations pour rompre avec la dépendance quasi exclusive vis-à-vis de Pékin et d'obtenir le soutien de Moscou dans le contexte de l'impasse diplomatique avec Washington.

Lors de son second sommet avec M. Trump, en février, Kim Jong Un avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales. Mais les discussions avaient été écourtées, vraisemblablement en raison du peu de concessions que Pyongyang semblait disposé à faire.

Depuis, Pyongyang s'est fendu d'une charge d'une rare violence contre le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo peu après avoir revendiqué l'essai d'une nouvelle "arme tactique guidée" avec une "puissante ogive". Mike Pompeo a prévenu mercredi qu'il s'attendait à des discussions "mouvementées".

Selon M. Koo, la Corée du Nord va s'attendre à ce que Washington revienne à la table des négociations avec une meilleure offre, après avoir été témoin du rapprochement entre MM. Poutine et Kim.

Certes, on ne sait pas grand-chose du contenu des échanges, à part les propos du maître du Kremlin disant souhaiter comme Washington une "dénucléarisation complète" et demandant des garanties de sécurité pour Pyongyang. Toutefois, M. Kim repart avec ce qu'il était venu chercher: une poignée de main avec M. Poutine devant les caméras du monde entier."Ce sommet a été affaire de symbolique diplomatique plus que de coopération réelle, mais la réunion est en soi une victoire pour M. Kim", estime Shin Beom-chul, de l'Institut Asan des études politiques.L'entrevue constituait pour le dirigeant nord-coréen la première rencontre avec un chef d'Etat étranger depuis son retour de Hanoï, où son second sommet avec le président américain Donald Trump avait débouché en février sur un retentissant fiasco.Au point de jeter un doute sur l'avenir de la spectaculaire détente apparue en 2018 sur la péninsule coréenne, après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaires de Pyongyang.Pour des experts du dossier nord-coréen, ce sommet constitue le dernier exemple de la stratégie diplomatique d'un régime qui cherche à se dédiaboliser et à s'affranchir de son image négative.Kim Jong Un a hérité du pouvoir fin 2011 à la mort de son père Kim Jong Il. Pendant les six premières années de son "règne", la Corée du Nord était resté un Etat paria et son leader ne sortait pas des frontières de son pays.Mais depuis mars 2018, M. Kim a rencontré quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in, deux fois M. Trump, une fois le président vietnamien, Nguyen Phu Trong, et une fois le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong."M. Kim sait qu'il y a clairement un intérêt dans le seul fait de participer à un sommet", expliquait avant la rencontre Harry Kazianis, du groupe de réflexion néo-conservateur américain Center for the National Interest."Tout ce dont M. Kim a besoin, ce sont des images où on le voit serrer la main de M. Poutine, une sorte de diplomatie des selfies avec des photos de sommets placardés dans tous les médias pour prouver au monde qu'il est un chef d'Etat à la stature mondiale", selon l'analyste.Lors de la réunion élargie après le tête-à-tête avec M. Poutine jeudi, le numéro un nord-coréen n'était accompagné que de Ri Yong Ho et Choe Son Hui, son ministre des Affaires étrangères et son vice ministre des Affaires étrangères.Face à eux, se trouvaient une dizaine de Russes, parmi lesquels des responsables chargés de la coopération économique avec le Nord, et des projets comme celui de l'oléoduc ou celui du réseau électrique.Leurs homologues nord-coréens n'étaient pas du voyage, ce qui prouve que la relance de ces projets concrets n'était pas la priorité de Pyongyang, observe Koo Kab-woo, professeur à l'Université des études nord-coréennes.Pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord), le but premier de ce sommet était de diversifier les relations pour rompre avec la dépendance quasi exclusive vis-à-vis de Pékin et d'obtenir le soutien de Moscou dans le contexte de l'impasse diplomatique avec Washington. Lors de son second sommet avec M. Trump, en février, Kim Jong Un avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales. Mais les discussions avaient été écourtées, vraisemblablement en raison du peu de concessions que Pyongyang semblait disposé à faire.Depuis, Pyongyang s'est fendu d'une charge d'une rare violence contre le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo peu après avoir revendiqué l'essai d'une nouvelle "arme tactique guidée" avec une "puissante ogive". Mike Pompeo a prévenu mercredi qu'il s'attendait à des discussions "mouvementées".Selon M. Koo, la Corée du Nord va s'attendre à ce que Washington revienne à la table des négociations avec une meilleure offre, après avoir été témoin du rapprochement entre MM. Poutine et Kim.