Après des décennies de secret, le Congrès a ordonné, l'an dernier, à l'exécutif d'informer le grand public sur les activités de l'unité du Pentagone chargée d'étudier ces phénomènes non expliqués. Le résultat, soit l'étude de 120 cas d'apparitions de mystérieux aéronefs, sera rendu public le 25 juin devant le congrès américain. Va-t-on enfin révéler une présence extraterrestre ? Rien n'est moins sûr.
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Après des décennies de secret, le Congrès a ordonné, l'an dernier, à l'exécutif d'informer le grand public sur les activités de l'unité du Pentagone chargée d'étudier ces phénomènes non expliqués. Le résultat, soit l'étude de 120 cas d'apparitions de mystérieux aéronefs, sera rendu public le 25 juin devant le congrès américain. Va-t-on enfin révéler une présence extraterrestre ? Rien n'est moins sûr. Citant des responsables du gouvernement américain informés des conclusions de ce rapport, le New York Times précise que la plupart des phénomènes observés ces dernières années par les pilotes militaires américains restent difficiles à expliquer. Les renseignements américains sont incapables d'expliquer certains mouvements de ces objets. Les accélérations des objets filmés par les pilotes et leur capacité à changer de trajectoire restent, par exemple, un mystère. La seule certitude c'est que la vaste majorité des plus de 120 incidents de ce type ne sont pas liés à des technologies secrètes testées par l'armée américaine, selon un des responsables cités par le New York Times. Le rapport précise également qu'il n'y a aucune preuve qu'ils ont une origine extraterrestre, sans toutefois expliquer les phénomènes mystérieux. Le rapport n'exclut donc pas catégoriquement la possibilité qu'il puisse effectivement s'agir d'aéronefs d'origine extraterrestre, selon des responsables cités par CNN qui s'expriment eux aussi sous le couvert de l'anonymat. Toujours selon le New York Times, le renseignement américain craint qu'il puisse s'agir, au moins dans certains cas, de technologie expérimentale de nations rivales, comme la Russie ou la Chine, qui testeraient par exemple ainsi du matériel hypersonique se déplaçant à 10, voire 20 fois la vitesse du son, et très manoeuvrables, selon un des responsables cités par le journal. C'est pourquoi, le ministre de la Défense, Lloyd Austin, a été informé de l'élaboration du rapport, a indiqué vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. "Nous prenons au sérieux toute incursion dans notre espace d'opération", a-t-il ajouté. En 2019, trois spectaculaires vidéos ont fait beaucoup parler d'elles aux États-Unis. On y voyait des objets volants non identifiés. Les images étaient issues de systèmes radars d'avion de combat américains. Elles montrent des objets sphériques mystérieux qui se déplacent à une vitesse presque inimaginable. Ces derniers réalisaient des manoeuvres incompatibles avec les performances de tous les engins volants connus. Les images ont été prises en novembre 2014 et en janvier 2015, au large des côtes de San Diego et de Jacksonville. Chose étrange, pour une fois, Joseph Gradisher, porte-parole de l'U.S. Navy, a confirmé que les vidéos étaient réelles et qu'elles montraient des "phénomènes aériens non identifiés". Donc, que les autorités américaines n'avaient pas la moindre idée de ce que cela pouvait bien être. Depuis, pour encourager les aviateurs à rapporter ces apparitions sans crainte d'être moqués, les militaires ne les désignent plus comme des "objets volants non identifiés" (ovni) mais comme des "phénomènes aériens non identifiés". L'objectif est que les experts militaires et ceux des services de renseignement aient à leur disposition le plus de vidéos possible afin de les analyser et d'identifier un maximum d'aéronefs, que le Pentagone considère davantage comme de l'espionnage que la visite de petits hommes verts. "Plus nous recueillons de données, plus nous pouvons réduire l'écart entre identifié et non identifié, et plus nous pouvons éviter des surprises stratégiques en termes de technologies de l'adversaire", indique une porte-parole du ministère américain de la Défense, Susan Gough.Si la publication du rapport est louable, le fait qu'une partie du rapport restera secret-défense risque malheureusement d'alimenter les spéculations sur des informations secrètes du gouvernement américain sur l'existence d'extraterrestres. D'autant plus que fa fascination du public américain pour les extraterrestres connaît un nouveau souffle. Un engouement qui vient encore d'être relancée par un récent reportage du très sérieux magazine télévisé américain "60 Minutes" sur la publication prochaine de ce rapport et l'ex-président Barack Obama en a encore, malicieusement, remis une couche. Il a avoué lors d'une émission humoristique avoir demandé à son arrivée à la Maison Blanche s'il existait un laboratoire secret où "on garde les spécimens extraterrestres et les vaisseaux spatiaux". "Ils ont fait quelques recherches et la réponse a été non", a-il ajouté en souriant. "Ce qui est vrai -- et là je suis sérieux --, c'est qu'il y a des vidéos et des images d'objets dans le ciel dont nous ne savons pas exactement ce qu'ils sont", a ajouté M. Obama. Selon Frederick Delaer, président d'UFO-Meldpunt, l'association flamande qui étudie les phénomènes spatiaux, seuls 5 à 10 cas par an restent mystérieux après enquête en Belgique. En 2020, ils avaient récolté pas moins de 450 témoignages, une année record. "Mais depuis la parution d'une charte expliquant certains phénomènes standard, leurs nombres a fortement baissé pour ne plus atteindre que 80 en 2021", explique encore Delaer. "Et, parmi ces 80, seuls 2-3 n'ont pas encore pu être expliqués cette année". Pour ceux qui se demandent à quoi peut bien ressembler l'apparition d'un objet volant non identifié, sachez que le site propose une quarantaine de vidéos à découvrir. En ce qui concerne le rapport, il se dit très curieux, mais ne s'attend pas à de grandes révélations. Tour ce barnum, c'est aussi, voire surtout, une façon de justifier le budget consacré à ses investigations qui pourraient surtout révéler des secrets non pas extraterrestres, mais russes ou chinois. Car, pour Frederick Delaer, ce n'est pas parce qu'il n'y pas d'explication que c'est forcément extraterrestre. Comme il le précise, ce n'est pas qu'ils croient mordicus aux extraterrestres, c'est juste qu'ils n'ont pas d'apriori sur la nature et l'origine du phénomène. Selon le site du Cobeps, le Comité Belge d'Étude des Phénomènes Spatiaux, le pendant francophone du UFO-Meldpunt, qui recueille et analyse lui aussi des informations concernant l'observation de Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés (PAN) à Bruxelles et Région Wallonne, sur tous les cas envoyé il y aurait environ 5 % de phénomènes non identifiés après enquête. Toujours selon le Cobeps, les derniers gros pics d'observations remontent à mars 2020 avec 19 cas et à août 2012 avec 24 signalements. Tout comme pour le UFO-Meldpunt, l'année 2020 s'est aussi révélée relativement faste avec 117 signalements. "Une augmentation qui serait due à une combinaison d'un ciel en moyenne plus dégagé, d'une disponibilité plus grande des observateurs suite au confinement et de lancement de satellites Starlink", précise le dernier rapport du Cobeps. On reste cependant encore bien loin de la fameuse vague belge de 1989. Un cas unique au monde ou des milliers de cas avaient été signalés. La vague débute dans la région d'Eupen. Dans la soirée du 29 novembre 1989, des gendarmes observent en différents points d'étranges et grands objets triangulaires dans le ciel. Les jours suivants, 200 civils vont confirmer avoir vu eux aussi ces bizarres objets volants. Pendant 18 mois, des milliers de Belges vont observer des OVNIS aux caractéristiques qu'on ne pouvait pas expliquer avec les moyens techniques d'alors. L'ovni belge le plus courant est de forme triangulaire avec grands feux éclairants à chaque extrémité et avec une sorte de gyrophare rouge-orange en son milieu. Ils seront très nombreux à avoir pu l'observer longtemps (l'objet faisait du sur place) et de relativement près (les objets flottaient à une dizaine de mètres de haut). Malgré le nombre de témoins, il n'y aura cependant aucune vidéo ou photos suffisamment qualitatives pour être une preuve irréfutable ou probante. La seule photo claire d'un ovni belge s'est révélée, il y a quelques années seulement, être un canular. Plus de trente ans plus tard, personne n'a encore pu trouver une explication à ces apparitions. La théorie la plus probable est qu'il s'agissait d'un prototype, sauf que cela ne se rapporte à rien de connu dans l'aéronautique et que l'armée enverra plusieurs fois les F-16 à leur poursuite. La vague belge reste donc, à ce jour, un mystère.