Des vidéos datant de 2004 ont fait la Une de nombreux médias américains cette semaine. On y voit des objets volants non identifiés, plus communément appelés OVNI. Chose étrange, pour une fois, un porte-parole de l'U.S. Navy confirme que les vidéos sont réelles et qu'elles montrent des "phénomènes aériens non identifiés". On notera la nuance qui pour le gouvernement a toute son importance puisque le terme OVNI ouvre une porte béante vers toutes sortes de théories du complot.

Les images sont issues de systèmes radars d'avion de combat américains et montrent des objets sphériques mystérieux qui se déplacent à une vitesse presque inimaginable. Ces derniers réalisaient des manoeuvres incompatibles avec les performances de tous les engins volants connus. L'un d'entre eux "apparaît soudainement à une altitude de 24 000 mètres, se précipite à grande vitesse vers la surface de la mer avant de s'arrêter brusquement à 6 000 mètres et de se laisser ensuite flotter ", écrit The New York Times.

Sur l'enregistrement on perçoit également les voix des pilotes qui semblent hallucinés par ce qu'ils voient. "C'était quoi ce bordel ?", crie l'un d'eux. "Wôw, ils sont avec toute une flotte. Ils volent dans le sens contraire du vent. Regarde, mec, regarde, il tourne", dit un autre.

Les images ont été prises en novembre 2014 et en janvier 2015, au large des côtes de San Diego et de Jacksonville.

Pas une totale nouveauté

Malgré le tollé qu'elles provoquent, ces vidéos ne sont pas une nouveauté puisqu'elles ont été diffusées en 2017 et 2018 par la Stars Academy of Arts and Science. Un club fondé par Tom DeLonge, ancien chanteur du groupe Blink 182, et qui veut " informer le public mondial sur les frontières extérieures de la science et d'autres façons de penser non conventionnelles ". L'info avait été reprise par le New York Times et avait, déjà à l'époque, fait grand bruit. Les autorités avaient alors évoqué un peu mollement de possibles drones commerciaux ou autres ballons.

C'est donc la réaction des autorités et leur aveu d'ignorance qui ont remis sur le devant de la scène ces vidéos. Contrainte par la loi américaine sur la liberté d'information, l'U.S. Navy a dû apporter des explications convaincantes et sérieuses à ce phénomène. C'est pourquoi, le 10 septembre, son porte-parole, Joseph Gradisher, a admis dans un communiqué adressé au site d'informations spécialisé The Black Vault que le "phénomène montré dans ces vidéos n'est pas identifié" et reconnait qu'il s'agit "d'objets inconnus violant l'espace aérien américain". En gros, qu'ils n'ont pas la moindre idée de ce que c'est. Il assure également que ces vidéos sont le fruit de fuites et n'ont jamais eu pour vocation à être montrées au public.

Cette annonce en des termes aussi précis est une première. Joseph Gradisher a néanmoins tenu à préciser que ce n'est pas parce qu'ils ignorent ce que c'est que c'est pour autant des machines extraterrestres. Personnellement, il optait toujours pour des drones.

Des experts indépendants soulignent eux aussi que l'on n'est pas dans The X-Files. "Les pilotes de l'armée de l'air rapportent souvent des phénomènes étranges et il arrive que l'armée américaine ouvre une enquête. Après tout, en tant qu'Américain lambda, on ne peut pas admettre qu'il pourrait s'agir de drones chinois ultras sophistiqués", déclare Marcel Hulspas, journaliste scientifique néerlandais et ancien chercheur d'ovnis dans De Morgen. Selon lui, les trois vidéos du système radar ne prouvent pas grand-chose. "Cela ne devient intéressant que si vous avez aussi des observations indépendantes à partir du sol". C'est également l'avis de l'astronome Seth Shostak, affilié à l'Institut SETI, qui recherche les signaux radio des civilisations extraterrestres. Pour lui les vidéos peuvent être le fruit d'une erreur dans le système radar. Une théorie plus réaliste et tout de suite nettement moins passionnante.