L'image d'AstraZeneca est déjà écornée par les suspensions de son vaccin décidées cette semaine par le Danemark, l'Islande, la Norvège et la Bulgarie après des cas graves de caillots sanguins, tandis que la Thaïlande a retardé sa campagne de vaccination. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois déclaré vendredi qu'il n'y avait "pas de raison de ne pas utiliser" ce vaccin.

"AstraZeneca est au regret d'annoncer une baisse des livraisons de vaccins contre le Covid-19 à l'Union européenne", a déclaré le groupe suédo-britannique dont le vaccin a été autorisé fin janvier dans l'UE.

Invoquant des "restrictions d'exportation" pour les vaccins fabriqués hors UE, il annonce ne pouvoir livrer que 100 millions de doses durant les six mois achevés en juin, dont 70 millions seulement sur les 180 millions initialement prévus au deuxième trimestre.

Deux millions de vaccins en moins pour la Belgique pour le deuxième trimestre

Au deuxième trimestre, moins de la moitié des vaccins attendus d'AstraZeneca pourraient être livrés. C'est ce qu'a annoncé Dirk Ramaekers, président du groupe de travail sur la vaccination, lors d'un point de presse hebdomadaire. "Si la livraison du vaccin de Johnson & Johnson à partir d'avril s'avère meilleure que prévu, cela ne devrait pas affecter le calendrier de vaccination", a-t-il déclaré. Selon les plans, AstraZeneca devrait livrer 4,6 millions de doses à notre pays à partir du 1er avril, mais selon M. Ramaekers, nous devrions en recevoir moins de la moitié. "Il est possible que ce soit un peu moins, mais nous ne connaîtrons les chiffres exacts qu'au cours de la semaine". Il se veut pourtant rassurant: "nous avions déjà pris en compte dans notre planification qu'il y aurait des problèmes de livraison. Le retard ou non du calendrier global dépendra des fournitures de Johnson & Johnson à partir de la seconde moitié d'avril. Si ces chiffres correspondent à ce que nous attendons, cela pourra compenser les livraisons moins importantes d'AstraZeneca. Nous espérons obtenir bientôt plus de détails sur la livraison de J&J", conclut-il.

En janvier, le groupe avait déjà réduit ses objectifs du premier trimestre incriminant un problème de "rendement" dans son usine belge.

La Commission européenne s'est refusée samedi à indiquer le nombre de doses du vaccin AztraZeneca attendues dans l'UE, se bornant à indiquer poursuivre, avec les pays membres, les discussions avec la compagnie.

La task force vaccination justifie la poursuite de l'utilisation du vaccin AstraZeneca

La task force vaccination a justifié samedi sa décision de continuer à utiliser le vaccin du groupe britannico-suédois AstraZeneca contre le coronavirus en Belgique, en dépit de la "suspension" des opérations de vaccination dans une série de pays européens à la suite d'éventuels liens entre des cas de thrombose enregistrés en Europe et l'administration de ce vaccin. Cette mesure de précaution a été prise à la suite de la livraison d'un lot d'environ un million de vaccins à dix-sept pays européens - mais pas à la Belgique.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a ouvert une enquête "accélérée", tout en assurant mercredi qu'il n'existait aucun lien, selon une enquête préliminaire, entre le vaccin d'AstraZeneca et trois cas de thrombose - deux en Autriche et un au Danemark - survenus après une vaccination. L'EMA a souligné que les avantages continuent de l'emporter largement sur les risques. Un raisonnement qui est partagé par la task force vaccination au niveau belge. "Les avantages l'emportent sur les risques. La balance est positive", a affirmé samedi l'un de ses membres, le professeur Jean-Michel Dogné lors d'un point de presse en ligne. Il a cité les trente cas rapportés d'incidents thromboemboliques par rapport aux quelque cinq millions de personnes vaccinées au sein de l'Espace économique européen (EEE). C'est une incidence inférieure à celle que l'on trouve dans la population générale, a souligné le professeur Dogné, qui dirige le département de pharmacie de l'Université de Namur et est expert auprès de l'Agence fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS) ainsi qu'auprès du comité mondial de sécurité vaccinale de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Conséquence de cette baisse des livraisons : en Allemagne, le Land de Thuringe --qui a le taux d'incidence le plus élevé du pays, à 152,1 samedi-- doit suspendre temporairement un projet-pilote de vaccination avec ce produit par des médecins généralistes qui devait débuter avant fin mars, notamment pour les personnes âgées vivant à domicile.

La ministre de la Santé du Land, Heike Werner (gauche radicale), a jugé "absolument inacceptable" cette réduction des livraisons.

- "Les labos nous font quelques misères" -

La France, qui a passé vendredi la barre des 90.000 morts du Covid-19, espère dépasser l'objectif des 10 millions de vaccinés mi-avril "mais il faut être prudent car les labos nous font quelques misères dans le respect de délais de livraisons", a dit samedi le Premier ministre Jean Castex.

Parallèlement, cinq pays --Autriche, République tchèque, Slovénie, Bulgarie, Lettonie-- ont appelé samedi à des discussions sur d'"énormes disparités" de distribution des vaccins "le plus tôt possible" entre les dirigeants de l'UE, dont un sommet est prévu les 25-26 mars.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz avait accusé la veille certains Etats membres, sans les nommer, d'avoir négocié en coulisses "des contrats" avec des laboratoires.

L'UE reste à la traîne des Etats-Unis, d'Israël et du Royaume-Uni pour les vaccinations. La Commission, qui a négocié les contrats de vaccins au nom de ses 27 Etats membres et est très critiquée pour la lenteur des livraisons, table sur une montée en puissance au deuxième trimestre et vise 70% d'Européens vaccinés d'ici la fin de l'été.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie de coronavirus avec 532.590 décès, quasiment 20% de la population a reçu au moins une dose de vaccin et plus de 100 millions de doses ont déjà été administrées soit environ 30% du nombre total de piqûres effectuées dans le monde. Un seuil symbolique dépassé vendredi, en moitié moins de temps que prévu, avec un rythme actuel d'environ 2,2 millions de doses par jour.

Vendredi, l'OMS a homologué le vaccin à dose unique de Johnson & Johnson qui pourra désormais être distribué via le système onusien Covax aux pays défavorisés. Outre le fait d'être injecté en dose unique, il présente aussi l'avantage de pouvoir être conservé dans un réfrigérateur classique. L'agence onusienne avait déjà autorisé le vaccin de Pfizer-BioNTech, ainsi que deux versions de celui d'Astrazeneca-Oxford.

- Troisième vague -

Dans plusieurs pays, les autorités sanitaires s'inquiètent de l'arrivée d'une troisième vague, comme en Allemagne, en Grèce et surtout en Italie, pays qui va reconfiner une grande partie de sa population à partir de lundi.

"Plus d'un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagion", a déploré le Premier ministre Mario Draghi dont le gouvernement a adopté vendredi plusieurs mesures de restriction qui courront du 15 mars au 6 avril.

Les régions classées en zone rouge (plus de 250 nouveaux cas par semaine), devront fermer écoles, bars et restaurants et les déplacements y seront limités. Et toute la péninsule sera classée en "rouge" pour le week-end de Pâques, les 3, 4 et 5 avril.

L'Italie, qui a passé cette semaine la barre des 100.000 morts du Covid-19, enregistre une forte hausse des contaminations et des décès, liés en grande partie au variant britannique.

Si le pays a lancé son plan de vaccination énergiquement fin décembre, les livraisons se sont depuis considérablement ralenties et seules 1,8 million de personnes - sur une population de 60 millions - avaient reçu vendredi deux doses de vaccin.

Samedi, la Tunisie a lancé avec un mois de retard, sa campagne de vaccination en commençant par les professionnels de santé après avoir reçu la veille 30.000 doses du vaccin russe Spoutnik V.

La pandémie a fait au moins 2,64 millions de morts dans le monde depuis l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP.

L'image d'AstraZeneca est déjà écornée par les suspensions de son vaccin décidées cette semaine par le Danemark, l'Islande, la Norvège et la Bulgarie après des cas graves de caillots sanguins, tandis que la Thaïlande a retardé sa campagne de vaccination. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois déclaré vendredi qu'il n'y avait "pas de raison de ne pas utiliser" ce vaccin."AstraZeneca est au regret d'annoncer une baisse des livraisons de vaccins contre le Covid-19 à l'Union européenne", a déclaré le groupe suédo-britannique dont le vaccin a été autorisé fin janvier dans l'UE. Invoquant des "restrictions d'exportation" pour les vaccins fabriqués hors UE, il annonce ne pouvoir livrer que 100 millions de doses durant les six mois achevés en juin, dont 70 millions seulement sur les 180 millions initialement prévus au deuxième trimestre.Deux millions de vaccins en moins pour la Belgique pour le deuxième trimestreAu deuxième trimestre, moins de la moitié des vaccins attendus d'AstraZeneca pourraient être livrés. C'est ce qu'a annoncé Dirk Ramaekers, président du groupe de travail sur la vaccination, lors d'un point de presse hebdomadaire. "Si la livraison du vaccin de Johnson & Johnson à partir d'avril s'avère meilleure que prévu, cela ne devrait pas affecter le calendrier de vaccination", a-t-il déclaré. Selon les plans, AstraZeneca devrait livrer 4,6 millions de doses à notre pays à partir du 1er avril, mais selon M. Ramaekers, nous devrions en recevoir moins de la moitié. "Il est possible que ce soit un peu moins, mais nous ne connaîtrons les chiffres exacts qu'au cours de la semaine". Il se veut pourtant rassurant: "nous avions déjà pris en compte dans notre planification qu'il y aurait des problèmes de livraison. Le retard ou non du calendrier global dépendra des fournitures de Johnson & Johnson à partir de la seconde moitié d'avril. Si ces chiffres correspondent à ce que nous attendons, cela pourra compenser les livraisons moins importantes d'AstraZeneca. Nous espérons obtenir bientôt plus de détails sur la livraison de J&J", conclut-il.En janvier, le groupe avait déjà réduit ses objectifs du premier trimestre incriminant un problème de "rendement" dans son usine belge.La Commission européenne s'est refusée samedi à indiquer le nombre de doses du vaccin AztraZeneca attendues dans l'UE, se bornant à indiquer poursuivre, avec les pays membres, les discussions avec la compagnie.Conséquence de cette baisse des livraisons : en Allemagne, le Land de Thuringe --qui a le taux d'incidence le plus élevé du pays, à 152,1 samedi-- doit suspendre temporairement un projet-pilote de vaccination avec ce produit par des médecins généralistes qui devait débuter avant fin mars, notamment pour les personnes âgées vivant à domicile.La ministre de la Santé du Land, Heike Werner (gauche radicale), a jugé "absolument inacceptable" cette réduction des livraisons.La France, qui a passé vendredi la barre des 90.000 morts du Covid-19, espère dépasser l'objectif des 10 millions de vaccinés mi-avril "mais il faut être prudent car les labos nous font quelques misères dans le respect de délais de livraisons", a dit samedi le Premier ministre Jean Castex.Parallèlement, cinq pays --Autriche, République tchèque, Slovénie, Bulgarie, Lettonie-- ont appelé samedi à des discussions sur d'"énormes disparités" de distribution des vaccins "le plus tôt possible" entre les dirigeants de l'UE, dont un sommet est prévu les 25-26 mars.Le chancelier autrichien Sebastian Kurz avait accusé la veille certains Etats membres, sans les nommer, d'avoir négocié en coulisses "des contrats" avec des laboratoires.L'UE reste à la traîne des Etats-Unis, d'Israël et du Royaume-Uni pour les vaccinations. La Commission, qui a négocié les contrats de vaccins au nom de ses 27 Etats membres et est très critiquée pour la lenteur des livraisons, table sur une montée en puissance au deuxième trimestre et vise 70% d'Européens vaccinés d'ici la fin de l'été.Aux Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie de coronavirus avec 532.590 décès, quasiment 20% de la population a reçu au moins une dose de vaccin et plus de 100 millions de doses ont déjà été administrées soit environ 30% du nombre total de piqûres effectuées dans le monde. Un seuil symbolique dépassé vendredi, en moitié moins de temps que prévu, avec un rythme actuel d'environ 2,2 millions de doses par jour.Vendredi, l'OMS a homologué le vaccin à dose unique de Johnson & Johnson qui pourra désormais être distribué via le système onusien Covax aux pays défavorisés. Outre le fait d'être injecté en dose unique, il présente aussi l'avantage de pouvoir être conservé dans un réfrigérateur classique. L'agence onusienne avait déjà autorisé le vaccin de Pfizer-BioNTech, ainsi que deux versions de celui d'Astrazeneca-Oxford.- Troisième vague -Dans plusieurs pays, les autorités sanitaires s'inquiètent de l'arrivée d'une troisième vague, comme en Allemagne, en Grèce et surtout en Italie, pays qui va reconfiner une grande partie de sa population à partir de lundi."Plus d'un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagion", a déploré le Premier ministre Mario Draghi dont le gouvernement a adopté vendredi plusieurs mesures de restriction qui courront du 15 mars au 6 avril.Les régions classées en zone rouge (plus de 250 nouveaux cas par semaine), devront fermer écoles, bars et restaurants et les déplacements y seront limités. Et toute la péninsule sera classée en "rouge" pour le week-end de Pâques, les 3, 4 et 5 avril.L'Italie, qui a passé cette semaine la barre des 100.000 morts du Covid-19, enregistre une forte hausse des contaminations et des décès, liés en grande partie au variant britannique.Si le pays a lancé son plan de vaccination énergiquement fin décembre, les livraisons se sont depuis considérablement ralenties et seules 1,8 million de personnes - sur une population de 60 millions - avaient reçu vendredi deux doses de vaccin.Samedi, la Tunisie a lancé avec un mois de retard, sa campagne de vaccination en commençant par les professionnels de santé après avoir reçu la veille 30.000 doses du vaccin russe Spoutnik V.La pandémie a fait au moins 2,64 millions de morts dans le monde depuis l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP.