"D'ici à la fin d'octobre, nous n'aurons pas de progrès suffisants (...) sauf miracle", a dit M. Juncker, en arrivant à un sommet des dirigants européens à Tallinn.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a également exprimé ses réserves. "Il y a clairement une meilleure ambiance venant des négociations", mais "je pense qu'il est évident que plus de travail doit être fait. Nous ne sommes pas à un moment où nous pouvons dire qu'il y a eu suffisamment de progrès, ce qui nous autoriserait à parler de la relation future, du commerce", a-t-il insisté.

Quelques instants, plus tard, la Première ministre britannique Theresa May s'est voulue plus optimiste. "De très bons progrès ont été faits, cela a été clairement établi dans les déclarations faites hier par David Davis et Michel Barnier", respectivement négociateurs en chef du Royaume-Uni et de l'UE.

Elle faisait référence en particulier au dossier des droits après le Brexit des citoyens européens vivant au Royaume-Uni et des Britanniques qui continueront à vivre dans un pays de l'UE. Ces commentaires ont été faits au lendemain de la clôture d'un quatrième cycle de négociations entre Londres et Bruxelles sur les modalités du divorce, prévu fin mars 2019.

Engagement britannique "inconditionnel" à défendre l'Europe

La Première ministre britannique Theresa May a voulu rassurer sur l'engagement "inconditionnel" de son pays à défendre l'Europe après le Brexit, lors d'une visite avec le président français Emmanuel Macron sur une base de l'Otan à Tapa (Estonie), à une centaine de kilomètres de la frontière russe. Pour Mme May, cette visite a été l'occasion de rappeler que "même si nous quittons l'Union européenne" après le Brexit en 2019, "le Royaume-Uni s'engage inconditionnellement pour maintenir la sécurité européenne et continuera d'offrir aide et assistance aux Etats membres de l'UE qui sont victimes d'une agression armée, de terrorisme ou de désastres humains ou naturels".

Elle a rappelé que le déploiement depuis le printemps de soldats britanniques et français sur cette base estonienne, à une centaine de kilomètres de la frontière russe, répondait à une Russie qui "viole délibérément l'ordre international".

L'Otan a décidé en juillet 2016 de déployer quatre bataillons multinationaux dans les trois pays baltes et en Pologne pour renforcer son flanc oriental face à la posture jugée plus agressive de la Russie depuis l'annexion de la Crimée en 2014. En Estonie, cela s'est traduit par l'envoi, à Tapa, d'un bataillon de 300 soldats français, équipés de chars Leclerc, et d'un autre de 800 soldats britanniques.

"Je veux dire clairement que le Royaume-Uni sera toujours aux côtés de ses alliés (...) De la lutte contre Daech en Irak et Syrie à notre engagement à atteindre l'objectif de dépenser 2% de notre PIB dans la défense, nous avons été à l'avant-garde de l'Alliance et c'est là que nous resterons", a martelé Mme May.

Devant les soldats français, M. Macron a rappelé que leur présence illustrait l'engagement de la France à "protéger" ses alliés dans l'Otan. C'est la preuve, a-t-il dit, que la France "se fait respecter dans le cadre d'une alliance structurante pour nous qui est l'Otan, se fait respecter aux frontières de l'Europe lorsque la menace monte et se fait respecter parce que nous protégeons l'un de nos partenaires, l'un de nos alliés, un membre de l'Union européenne".