Signe de la préoccupation croissante de la communauté internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence jeudi pour évoquer la situation entre ces deux pays d'Europe orientale.

Sur le terrain, l'inquiétude se cristallise sur le sort de plus de 2.000 personnes bloquées dans un camp de fortune côté bélarusse de la démarcation, où elles se réchauffent en brûlant du bois pour supporter des températures proches de 0°C.

Bruxelles, où cette situation a réveillé la crainte d'une vague migratoire similaire à celle de 2015, accuse le régime bélarusse d'Alexandre Loukachenko d'avoir orchestré cet afflux pour se venger de sanctions occidentales, et a annoncé la prise de nouvelles mesures punitives la semaine prochaine.

Mais M. Loukachenko a adressé jeudi une mise en garde à l'Union européenne, menaçant de "répondre" à toute nouvelle sanction.

Selon un communiqué de la présidence bélarusse, il a notamment évoqué la possibilité de suspendre le fonctionnement du gazoduc Yamal-Europe qui traverse le Bélarus et livre du gaz russe vital aux Européens, en pleine crise énergétique.

Peu avant, son ministre des Affaires étrangères, Vladimir Makeï, avait appelé l'UE au dialogue, affirmant que Minsk était favorable à un règlement de cette crise "dans les plus brefs délais".

"Guerre"

Confrontée à un afflux grandissant de migrants à sa frontière, notamment des Kurdes du Proche-Orient, la Pologne y a déployé 15.000 militaires, érigé une clôture surmontée de fil de fer barbelé et approuvé la construction d'un mur.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, qui avait accusé mercredi le régime de M. Loukachenko de "terrorisme d'Etat", a estimé jeudi que son pays était la cible d'une "guerre d'un genre nouveau".

Cette fois, "les munitions (utilisées) sont des civils", a-t-il déclaré dans un communiqué publié à l'occasion de la fête nationale de l'Indépendance polonaise.

Les gardes-frontières polonais ont fait état jeudi de 468 nouvelles tentatives de traversée pendant la nuit écoulée.

Le vice-ministre polonais de l'Intérieur, Bartosz Grodecki, a précisé qu'un groupe de "150 personnes" avait tenté de "forcer la frontière".

Depuis août, la Pologne a enregistré au total plus de 32.000 tentatives d'entrée illégale sur son territoire, dont 17.300 au mois d'octobre.

Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, 10 personnes sont mortes dans la zone frontalière depuis le début de cette crise.

Bruxelles accuse le gouvernement du Bélarus d'attirer les candidats à l'exil en leur offrant des visas et en affrétant des vols, puis de les acheminer à la frontière polonaise.

Varsovie affirme en outre que les forces de sécurité bélarusses ont recours à l'intimidation pour forcer les migrants à entrer sur le territoire polonais, notamment en tirant des coups de feu en l'air.

Minsk soutient en retour que les gardes-frontières polonais violent les normes internationales en bloquant les migrants et en les repoussant avec violence.

Moscou, la "solution"?

Face à cette impasse, l'UE et l'Allemagne ont appelé mercredi la Russie, principal soutien de Minsk, à intervenir.

La chancelière allemande Angela Merkel a exhorté le président russe Vladimir Poutine à "user de son influence" auprès de M. Loukachenko pour mettre fin à ce qu'elle a qualifié d'instrumentalisation "inhumaine" des migrants.

Paris a estimé jeudi que la Russie était "une partie de la solution, puisque la dépendance de la Biélorussie à Moscou est de plus en plus forte", notamment sur le plan économique et politico-militaire.

Moscou, que Varsovie désigne comme le vrai instigateur de cette crise, s'est pour l'instant borné à apporter son soutien à Minsk, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dénonçant mercredi une "campagne antibélarusse".

En attendant tout progrès sur ce dossier, l'UE affûte ses armes: la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé mercredi "un élargissement des sanctions" contre Minsk au début de la semaine prochaine.

Signe de la préoccupation croissante de la communauté internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence jeudi pour évoquer la situation entre ces deux pays d'Europe orientale.Sur le terrain, l'inquiétude se cristallise sur le sort de plus de 2.000 personnes bloquées dans un camp de fortune côté bélarusse de la démarcation, où elles se réchauffent en brûlant du bois pour supporter des températures proches de 0°C.Bruxelles, où cette situation a réveillé la crainte d'une vague migratoire similaire à celle de 2015, accuse le régime bélarusse d'Alexandre Loukachenko d'avoir orchestré cet afflux pour se venger de sanctions occidentales, et a annoncé la prise de nouvelles mesures punitives la semaine prochaine.Mais M. Loukachenko a adressé jeudi une mise en garde à l'Union européenne, menaçant de "répondre" à toute nouvelle sanction.Selon un communiqué de la présidence bélarusse, il a notamment évoqué la possibilité de suspendre le fonctionnement du gazoduc Yamal-Europe qui traverse le Bélarus et livre du gaz russe vital aux Européens, en pleine crise énergétique.Peu avant, son ministre des Affaires étrangères, Vladimir Makeï, avait appelé l'UE au dialogue, affirmant que Minsk était favorable à un règlement de cette crise "dans les plus brefs délais"."Guerre" Confrontée à un afflux grandissant de migrants à sa frontière, notamment des Kurdes du Proche-Orient, la Pologne y a déployé 15.000 militaires, érigé une clôture surmontée de fil de fer barbelé et approuvé la construction d'un mur.Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, qui avait accusé mercredi le régime de M. Loukachenko de "terrorisme d'Etat", a estimé jeudi que son pays était la cible d'une "guerre d'un genre nouveau".Cette fois, "les munitions (utilisées) sont des civils", a-t-il déclaré dans un communiqué publié à l'occasion de la fête nationale de l'Indépendance polonaise.Les gardes-frontières polonais ont fait état jeudi de 468 nouvelles tentatives de traversée pendant la nuit écoulée. Le vice-ministre polonais de l'Intérieur, Bartosz Grodecki, a précisé qu'un groupe de "150 personnes" avait tenté de "forcer la frontière".Depuis août, la Pologne a enregistré au total plus de 32.000 tentatives d'entrée illégale sur son territoire, dont 17.300 au mois d'octobre.Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, 10 personnes sont mortes dans la zone frontalière depuis le début de cette crise.Bruxelles accuse le gouvernement du Bélarus d'attirer les candidats à l'exil en leur offrant des visas et en affrétant des vols, puis de les acheminer à la frontière polonaise.Varsovie affirme en outre que les forces de sécurité bélarusses ont recours à l'intimidation pour forcer les migrants à entrer sur le territoire polonais, notamment en tirant des coups de feu en l'air.Minsk soutient en retour que les gardes-frontières polonais violent les normes internationales en bloquant les migrants et en les repoussant avec violence.Face à cette impasse, l'UE et l'Allemagne ont appelé mercredi la Russie, principal soutien de Minsk, à intervenir.La chancelière allemande Angela Merkel a exhorté le président russe Vladimir Poutine à "user de son influence" auprès de M. Loukachenko pour mettre fin à ce qu'elle a qualifié d'instrumentalisation "inhumaine" des migrants.Paris a estimé jeudi que la Russie était "une partie de la solution, puisque la dépendance de la Biélorussie à Moscou est de plus en plus forte", notamment sur le plan économique et politico-militaire.Moscou, que Varsovie désigne comme le vrai instigateur de cette crise, s'est pour l'instant borné à apporter son soutien à Minsk, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dénonçant mercredi une "campagne antibélarusse".En attendant tout progrès sur ce dossier, l'UE affûte ses armes: la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé mercredi "un élargissement des sanctions" contre Minsk au début de la semaine prochaine.