Ne tournons pas autour du pot : le problème de Jean-Luc Mélenchon, c'est son mépris. Mépris envers la droite. Mépris envers Macron, qu'il diabolise et dépeint en quasi dictateur. Mépris envers ses anciens camarades socialistes, qu'il cherche à éliminer du paysage politique. Mépris envers les journalistes, qui tentent de faire correctement leur métier en posant des questions dérangeantes et qu'il traite comme des 'moins que rien' . Mépris envers ceux qui épinglent ses revirements, lui qui fut jadis un chantre de la laïcité et, par électoralisme, tourne aujourd'hui le dos aux musulmans progressistes, au profit d'officines religieuses parmi les plus conservatrices.

Un homme qui méprise autant de monde est un homme potentiellement dangereux. Ce n'est pas tant le programme de Mélenchon qui pose problème. Sur les questions sociales et la lutte contre les inégalités, il prône même un volontarisme qui ne manque pas d'intérêt. Le problème est ailleurs. Jean-Luc Mélenchon fait peur. Non pas parce qu'il serait un communiste le couteau entre les dents - il reste un social-démocrate de gauche. Ce qui suscite le trouble chez Mélenchon, c'est son profil caractériel, son incapacité à maîtriser ses nerfs dans les moments difficiles. Un leader qui méprise ses interlocuteurs, les couvre de sarcasmes, crache sur les journalistes 'aux ordres', boycotte certains médias, ne rassure pas quant à sa capacité à diriger un pays.

Ce qui trouble chez Mélenchon, c'est sa stratégie du ricanement. Quand il est en difficulté, le leader de la France Insoumise ricane, trépigne ou hurle. Ce fut le cas lors de la célèbre perquisition judiciaire à son domicile : " Ne me touchez pas, vous n'avez pas le droit de me toucher, ma personne est sacrée !", criait Mélenchon. Ce fut aussi le cas, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 2017. Mélenchon était persuadé qu'il allait se qualifier pour le second tour. Malgré un excellent résultat - près de 20% - ce ne fut pas le cas. Fou de rage, et probablement aussi passablement déprimé, Mélenchon n'a pas formellement appelé ses électeurs à voter Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen. Une faute politique lourde qui colle hélas bien avec l'ambiguïté et les faiblesses du personnage : dans les moments de stress intenses, il peut partir en vrille et adopter des comportements politiques paradoxaux. Et choquants.

Hedebouw : humour et bonhomie

Le contraste est saisissant avec Raoul Hedebouw. Le porte-parole du PTB n'est pas moins démago que Mélenchon, mais il s'est construit un personnage infiniment plus sympathique. Le leader de la France Insoumise ricane et rabaisse ses interlocuteurs. Raoul Hedebouw, lui, privilégie l'humour et la bonhomie. Il cultive par ailleurs un accent liégeois qu'il accentue dans les moments politiquement les plus 'chauds', ce qui plaît à un large public ('Raoul est comme nous, il parle comme le peuple'). C'est bien joué ! Toujours souriant avec les journalistes et même avec ses adversaires de droite, le boss du PTB ferait un malheur s'il était à la place de Mélenchon. Après ses nombreux dérapages, celui-ci est devenu un boulet pour son camp, l'homme qui fait du mal à la gauche.

Raoul Hedebouw a inventé l'extrême gauche à visage souriant. Sur le fond, cela ne change pas grand-chose, le PTB est toujours anti-américain, pro-chinois. Il idolâtre le régime cubain (six pages à la gloire de Cuba dans le dernier numéro de 'Solidaire', le magazine du Parti). Sur la scène belge, le PTB reste plus que jamais fermé au compromis. Comme Mélenchon, le sourire en prime. Puisque les deux hommes s'apprécient, le boss de la France Insoumise pourrait utilement engager Raoul Hedebouw comme 'chauffeur de salle' lors de ses prochains meetings. Le duo des deux tribuns, chacun dans son style, devrait faire un malheur auprès des militants et sympathisants. Quant çà faire gagner la gauche française, c'est une toute autre histoire...

Claude Demelenne, essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche

Ne tournons pas autour du pot : le problème de Jean-Luc Mélenchon, c'est son mépris. Mépris envers la droite. Mépris envers Macron, qu'il diabolise et dépeint en quasi dictateur. Mépris envers ses anciens camarades socialistes, qu'il cherche à éliminer du paysage politique. Mépris envers les journalistes, qui tentent de faire correctement leur métier en posant des questions dérangeantes et qu'il traite comme des 'moins que rien' . Mépris envers ceux qui épinglent ses revirements, lui qui fut jadis un chantre de la laïcité et, par électoralisme, tourne aujourd'hui le dos aux musulmans progressistes, au profit d'officines religieuses parmi les plus conservatrices.Un homme qui méprise autant de monde est un homme potentiellement dangereux. Ce n'est pas tant le programme de Mélenchon qui pose problème. Sur les questions sociales et la lutte contre les inégalités, il prône même un volontarisme qui ne manque pas d'intérêt. Le problème est ailleurs. Jean-Luc Mélenchon fait peur. Non pas parce qu'il serait un communiste le couteau entre les dents - il reste un social-démocrate de gauche. Ce qui suscite le trouble chez Mélenchon, c'est son profil caractériel, son incapacité à maîtriser ses nerfs dans les moments difficiles. Un leader qui méprise ses interlocuteurs, les couvre de sarcasmes, crache sur les journalistes 'aux ordres', boycotte certains médias, ne rassure pas quant à sa capacité à diriger un pays.Ce qui trouble chez Mélenchon, c'est sa stratégie du ricanement. Quand il est en difficulté, le leader de la France Insoumise ricane, trépigne ou hurle. Ce fut le cas lors de la célèbre perquisition judiciaire à son domicile : " Ne me touchez pas, vous n'avez pas le droit de me toucher, ma personne est sacrée !", criait Mélenchon. Ce fut aussi le cas, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 2017. Mélenchon était persuadé qu'il allait se qualifier pour le second tour. Malgré un excellent résultat - près de 20% - ce ne fut pas le cas. Fou de rage, et probablement aussi passablement déprimé, Mélenchon n'a pas formellement appelé ses électeurs à voter Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen. Une faute politique lourde qui colle hélas bien avec l'ambiguïté et les faiblesses du personnage : dans les moments de stress intenses, il peut partir en vrille et adopter des comportements politiques paradoxaux. Et choquants.Le contraste est saisissant avec Raoul Hedebouw. Le porte-parole du PTB n'est pas moins démago que Mélenchon, mais il s'est construit un personnage infiniment plus sympathique. Le leader de la France Insoumise ricane et rabaisse ses interlocuteurs. Raoul Hedebouw, lui, privilégie l'humour et la bonhomie. Il cultive par ailleurs un accent liégeois qu'il accentue dans les moments politiquement les plus 'chauds', ce qui plaît à un large public ('Raoul est comme nous, il parle comme le peuple'). C'est bien joué ! Toujours souriant avec les journalistes et même avec ses adversaires de droite, le boss du PTB ferait un malheur s'il était à la place de Mélenchon. Après ses nombreux dérapages, celui-ci est devenu un boulet pour son camp, l'homme qui fait du mal à la gauche.Raoul Hedebouw a inventé l'extrême gauche à visage souriant. Sur le fond, cela ne change pas grand-chose, le PTB est toujours anti-américain, pro-chinois. Il idolâtre le régime cubain (six pages à la gloire de Cuba dans le dernier numéro de 'Solidaire', le magazine du Parti). Sur la scène belge, le PTB reste plus que jamais fermé au compromis. Comme Mélenchon, le sourire en prime. Puisque les deux hommes s'apprécient, le boss de la France Insoumise pourrait utilement engager Raoul Hedebouw comme 'chauffeur de salle' lors de ses prochains meetings. Le duo des deux tribuns, chacun dans son style, devrait faire un malheur auprès des militants et sympathisants. Quant çà faire gagner la gauche française, c'est une toute autre histoire...Claude Demelenne, essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche